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DIMARS 12 DE NOUVÈMBRE 2019

 

Sant Crestian

 

 

Ditado :

 

  • Bouànei paraulo vougnon e lei marrido pougnon

Les bonnes paroles flattent et les mauvaises piquent.

 

  • Femo ounèsto n’a ges d’auriho.

Une femme honnête n’a pas d’oreille.

 

  • Nouvèmbre : Toussant l’intro e Sant-Andriéu lou souart.

Novembre : Il commence à la Toussaint et se termine à la Saint-André.

 

Tèmo :

 

  • Les roues graissées ne grincent pas.

Lei rodo vounchudo renon pas.

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LES DEUX COMPÈRES

 

Bonaud le Rouge et Garel Mauvais-Chapeau, ayant gagné de l’argent, jugèrent à propos d'aller en ville faire la bringue, mais une bringue de riches. Un beau dimanche, ils se présentèrent a Toulon, à l’Auberge des Deux Frères.

Devant la porte, l’aubergiste accueillait les clients : cravate blanche, queue de morue neuve, souliers vernis, il ressemblait au père d’une mariée. En le voyant le Rouge dit à Garel:

– II y a une noce, ça tombe bien. On profitera des restes.

– Passe devant, toi qui connais les usages.

Ils entrèrent et s'assirent, non pas à la table d'hôtes, croyant que c'est celle de la noce, mais dans un recoin de la salle, tous deux seuls. On leur

apporta le menu. Ils se le passèrent et comme ils ne savaient lire ni l’un ni l’autre, Garel dit au Rouge :

– Tu vois ces gens à côté de nous. Ils ont un petit pot plein d’une crème dont ils se servent peu et rarement. Ce doit être bon et couteux. On va en commander un petit plat.

– C'est ça, répondit le Rouge.

Alors Garel appela le garçon.

– Garçon, nous voulons un gros plat de ce qu'il y a dans ce petit pot.

Et sortant son porte-monnaie bien garni :

– Ne soyez pas chiche, nous avons de quoi payer !

Le garçon avait beau leur dire que c’était de la moutarde.

– Moutarde ! quelle moutarde ! allez, nous paierons, disaient-ils tous deux; n’avons nous pas des têtes de gourmets ?

Quand ils eurent gouté la moutarde à pleines cuillères :

– Moi je trouve ça un peu fort, dit Garel.

– Moi aussi, c'est plus fort que le broussin, fit Bonaud.

– Si on demandait du boudin avec des saucisses, ça on sait ce que c'est.

– Garçon! du boudin avec des saucisses !

Et on leur servit dans un gros plat festonné deux petits boudins et deux saucisses maigrelettes. Ils s'en léchèrent les doigts. Puis, le garçon vint leur demander ce qu'ils voulaient comme second plat.

– Voyez, dit Bounaud, les boudins n’étaient pas mauvais, moi je reprendrai du boudin.

– Et moi des saucisses, ajouta Mauvais-Chapeau.

Pour le plat d'après, le garçon revint leur dire :

– Qu’est-ce que je vous sers, maintenant?

– Pendant qu'on y est, on y est, amenez-nous encore du boudin et des saucisses.

Au dessert, le serveur leur fit d'un air moqueur:

– Et pour le dessert, quelques boudins et quelques saucisses vous plairaient ?

– Apportez toujours, dirent les deux Cuersois.

Et le soir, de retour au village, ils disaient à leurs collègues :

- Quelle ribote! Vous parlez, si nous avons ripaille !

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