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LA SAU

 

La moda estènt à li estatistica, emparan que, en França, lu jouve si maridon touplen pu vìtou qu’avans, e, encà pu vìtou, divorçon. Si decidon à la vai-que-t’abùti, piha pica à terra, se va, va ; se va pas si desmaridon. Un’ espousa d’ahura si piha à la prova e ren per la vida…

Es bessai pas pu mau rasounat ; perqué, se fès tant de tròu pensà, pehà, estudià, carculà, riscas de vous laissà perdre l’envuèlha e  l’abriva e fès plus ren. E de touta manièra, pèr tant qu’auguès previst, estudiat, carculat e reglat, es pas acò que v’empedisserà de faire una tòpica. Eh ! «  s’es jamai fach una nouòça sensa que lou diau noun li fique la couha ! ». E cadun saup que lu espous veramen countènt tendrìon, toui ensen, sus d’un soulet cùou de gòtou !


     À n’en crèire lou prouvèrbi, avans de poudé dire que vous counouissès entra espous, cau avé manjat un rup de sau ensèn… E rar aquélu que li arribon.


     En parlant de sau, mi reven en ment cen que mi cuntava un jour la miéu vièlh’ amiga Tanta Vitourina que mi dihia à la siéu maniera – v’en rapelas vautre que l’avès counouissuda, que !

 

– « Oh ! ve, iéu quoura mi siéu maridada, li a cinquant’ an d’acò, quoura si dinavan ensen,  vous parli dai premié temp sabès, lou miéu ome li arribava pi de mi dire :

– Coucouna bèla ! passe-mi un pau la sau, ti fau una baieta, eh !

     E l’an d’après èra :

– Coucouna, siès brava, trouve-mi un pau la sau, vouòs !

     E vint an après :

 – Vitourina ! la sau, doun l’as messa mai, la sau ?

     E trent’ an après :

 – Frema ! fai veni la sau !

     E ahura es :

 – Òu ! la sau !

Francés GAG

LE SEL

 

La mode étant aux statistiques, nous apprenons qu’en France, les jeunes se marient beaucoup plus vite qu’avant et divorcent encore plus vite. Ils se décident à la va que je te pousse, tu prends tu jettes, si ça va c’est bien, si ça ne va pas ils se séparent Une épouse d’aujourd’hui se prend à l’essai et pas pour la vie… Ce n’est peut-être pas plus mal raisonné ; parce que si vous vous mettez à trop penser, peser, étudier, calculer, vous risquez de laisser passer l’envie et l’élan et vous ne faites plus rien. Et de toute façon, pour autant que vous ayez prévu, étudié et réglé, ce n’est pas cela qui vous empêchera de faire une boulette. Eh ! «  on n’a jamais fait une noce sans que le diable n’y mette la queue ! ». Et chacun sait que les époux vraiment contents tiendraient, tous ensemble, sur un seul cul de verre !

A en croire le proverbe, avant de pouvoir dire que vous vous connaissez entre époux, il faut avoir manger vingt kilos de sel ensemble… Et rares sont ceux qui y arrivent.

 

En parlant de sel, il me revient en mémoire ce que me racontait ma vieille amie Tante Victorine qui me disait à sa façon – vous en rappelez-vous, vous qui l’avez connue, hein !

 

– Oh ! vous voyez, moi quand je me suis mariée, il y a cinquante ans de cela, quand nous déjeunions ensemble, je vous parle des premiers temps vous savez,  il arrivait que mon mari me dise :

– Ma belle Bichette ! passe-moi le sel, je t’embrasse eh !

     Et l’an d’après c’était :

– Ma biche, sois gentille, trouve-moi donc le sel,  tu veux !

     Et vingt ans après :

 – Victorine ! le sel, où l’as-tu encore mis, le sel ?

     Et trente ans après :

 – Femme ! envoie le sel !

     Et maintenant c’est :

 – Oh ! le sel !

 

 

Francés GAG

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