DIMARS 9 DE JUN 2015
SANTO DIANO
Leis insèite
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Lei tavan = les insectes; la tavaniho = les insectes en général
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La sautarello = la sauterelle
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Lou langoust vo la langousto ; lou lingou(st) (à Touloun) = la sauterelle verte ou grosse sauterelle.
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La bóudrago = le criquet (nom savant: éphippigère)
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Lou pregadiéu vo prègo-diéu = la mante religieuse
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Lou grihet = le grillon
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Lou capelan = le crache-sang (nom savant timarcha tenebrisca)
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Lou taio-cebo = le perce-oreille ou pince-oreille (nom savant forfucule)
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Lou tavan = le taon
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Lou tavan-merdassié = la grosse mouche bleue ou le bousier
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Lou tavardoun = à Fréjus c'est le petit taon, à Roquebrune ou au Muy c'est le frelon.
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La taleno = le frelon à Fréjus; la teleno = ; le cabrian = le frelon à Vidauban; lou tarróubou = le frelon à Hyères ; lou terróubou = le frelon à la Crau.
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Lou chèrpi = la courtillière ou la taupe-grillon à Fréjus
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Lou chàmbri = la courtillière à Trans ou au Mayons
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L’escarava ou l’escaravai = le scarabée
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La luerno (varés), la luserno (roudanen) = la luciole ou le vers luisant
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La catarineto = la coccinelle
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Lou manjo-pero = le capricorne
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Lou manjo-froumage = sorte d'arignée à longue pattes à Fréjus (veiux mot)
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L’aragno = l'araignée
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Lou courdounié vo lou tiro-lignòu = l'araignée d'eau.
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L’abeio (maritime), l’abiho (roudanen) = l'abeille
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La guèspo = la guêpe.
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La fournigo = la fourmie.
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La fournigo foualo = grosse fourmi qui court sans arrêt (aux Adrets)
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L’archicoui vo lou reguigno-cuou = la fourmi rouge (qui vit sous l'écorce des arbres)
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L’aludo = la fourmi ailée
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Lou pourquet (de sant Antòni) = le cloporte
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La galèro = le scolopendre
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Lou parpaioun = la papillon
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L’arno = la mite
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La bouano nouvello = sorte de papillon roux
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La touaro (varés), la toro (roudanen) = la chenille
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La cigalo = la cigale
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Lou péu (varés), lou pesou (roudanen) = le pou
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La niero = la puce
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La penaiso vo la sùmi = la punaise
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La mousco = la mouche
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La mouissolo = le moustique
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L’arabi = l’aoutat
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Lou mouret (à Freju), lou babarot = le charançon
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La babaroto = le cafard (sens propre et figuré)
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L’escourpien (maritime), l’escourpioun (roudanen) = le scorpion
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La langasto vo lou cascaioun = le scorpion
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Lou pepidoun = le pou de la poule. Espepidouna c’est chercher la petite bête
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Lou chiroun = la vrillette, le ver qui se met dans les meubles
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Lou quequet vo lou quiquet = le ver du fromage
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Lou nieroun = le puceron.
MA PICHOTO TAULO
Es grando coumo un moucadou ; à drecho l’encriero, uno moulo d’un sòu ; à gaucho, lou caièr dubert, vaqui la tauleto pleno, e me rèsto just lou large necite pèr maneja la plumo.
Aquéu pichot moble m’agrado bèn, es uno di proumiéris aquesicioun de moun jouine meinage. Acò se desplaço eisadamen e vai mounte l’on vòu : davans la fenèstro, se lou tèms èi nivo ; dins un cantoun à l’oumbrino, se lou soulèu es incoumoudant ; e, demai, permet, l’ivèr, lou bon vesinage dóu fougau ounte quàuqui vièi pège soun en trin de se coumbouri.
Pauro plancheto de nouguié, vaqui mié-siècle, emai mai, que te siéu fidèu. Tacado d’encro e grafignado dóu ganife, suportes aro ma proso coume antan supourtaves mi chifro. Aquéu chanjamen de service te laisso bèn indiferènto, ta post paciento fai la memo bèn-vengudo, i fourmulo d’algèbro qu’i fourmulo de la pensado. Mai iéu n’ai pas toun inchaiènço; trove que moun repaus n’a rèn gagna au chanjamen ; la casso is idèio me treboulo la cervello encaro mai que la casso i racino d’uno equacioun.
Bravo amigo, me recouneissiriés plus se poudiés traire un cop d’iue à ma cabeladuro griso. Mounte es aro la bono caro d’autro-fes, flourido d’espèr e d’entousiasme ! Me siéu fa vieianchoun. De toun coustat, queto rouino ! despièi lou jour que m’arribères de-vers lou marchand, lusènto, douço au touca e sentènt bon la ciro ! Aro, siés frounsido coume toun mèstre e, lou recounèisse, n’en siéu souvènt l’encauso, car dins ma despaciènci, m’arribo proun de cop de te grafigna de ma plumo, quand sa pouncho de ferre sort fangouso de l’encriero e incapablo d’uno escrituro proupreto.
Un de ti cantoun es embreca e li post coumençon à se desjougne. Dins l’espessour de toun bos entènde de tèms en tèms lou cop de rabot de la vrillette, aquelo tiro-l’aufo di vièi moble. D’un an à l’autre, de nouvèlli galarié ié soun cavado que coumproumeton ta soulidita. Li pu vièio d’aquéli galarié badon en deforo pèr un pichot trau redoun. Un estrangié qu’a vist la porto badanto de la bravo demoro se n’es empara sènso peno. Vese l’audacious me passa lestamen sout lou couide quand escrive, e tant-lèu s’enfourna dins l’ouide abandouna de la vrillette. Es un cassaire tout menut, vesti de negre, rabaiant pèr si vermenoun uno biasso de nierun. Tout un pople viéu de tu, ma pauro vièio tauleto : escrive subre un grouün d’insèite. Rèn poudié miés counveni à mi Souvenirs entomologiques.
Mai que devendras, tu, quand toun mèstre ié sara plus ? Saras-ti vendudo vint sòu à l’encan, quand ma famiho se partejara mi frusco ; saras-ti uno post de l’eiguié que soustendra la dourgo, saras-ti la plancho de cousino ounte triaran li caulet ? Li miéu, au countràri, s’entendran-ti en disènt : « Garden aquéu moble ; es aqui que, tant de tèms, s’es foundu li mesoulo pèr nous adurre la becado. Garden la santo plancho. »
N’ause pas crèire à tal aveni. Passaras, ma pauro vièio amigo, entre li man d’estrangié insoucitous de toun passat ; vendras belèu uno taulo de niue, cargado de bolo de tisano, enjusco que, lis esquino roumpudo, toumbant en douliho, siegues messo en esclapo pèr faire fiò souto l’oulo de tartifle.
Ansin t’enanaras en fum rejougne moun travai, dins aquel autre fum, l’óublit : darrié repaus de nosto vano boulegadisso.
Jan-Enri Fabre
MA PETITE TABLE
Elle est grande comme un mouchoir ; à droite l’encrier, une fiole d’un sou ; à gauche, le cahier ouvert, voilà le petite table pleine, et il me reste juste la place pou manier la plume.
Ce petit meuble me plait bien, il est une des premières acquisitions de mon jeune ménage. Cela se déplace facilement et va où l’on veut : devant la fenêtre, si le temps es nuageux ; dans un coin à l’ombre, si le soleil est incommodant ; e, de plus, il permet, l’hiver, le bon voisinage du foyer où quelques vieilles bûches sont en train de se consumer.
Pauvre planchette de noyer, voilà un demi siècle, et davantage, que je te suis fidèle. Tachée d’encre et égratignée par le canif, tu supportes maintenant ma prose comme autrefois tu supportais mes calculs. Ce changement de service te laisse bien indifférente, ta planche patiente fait la même bienvenue, aux formules d’algèbre qu’aux formules de la pensée. Mais moi je n’ai pas ta nonchalance ; je trouve que mon repos n’a rien gagné au changement ; la chasse aux idées me trouble le cerveau encore plus que la chasse aux racines d’une équation.
Chère amie, tu ne me reconnaîtrais plis si tu pouvais jeter un coup d’œil à lma chevelure grise. Où est maintenant la bonne figure d’autrefois, fleurie d’espoir et d’enthousiasme ! Je me suis fait vieux. De ton côté quelle ruine ! depuis le jour où tu m’arriva de chez le marchand, luisante, douce au toucher e sentant bon la cire ! Maintenant tu es ridée comme ton maitre et, je le reconnais, j’en suis souvent la cause, car dans mon impatience , il m’arrive bien des fois de t’égratigner avec ma plume, quand sa pointe de fer sort de l’encrier boueuse et incapable d’une écriture popre.
Un de tes coins est ébréché et les planches commencent à se disjoindre. Dans l’épaisseur de ton bois j’entends de temps en temps le coup de rabot de la vrillette, cette exploiteuse des vieux meubles. D’un an à l’autre, de nouvelles galeries y sont creusées qui compromettent ta solidité. Les plus vieilles de ces galeries baillent au dehors par un petit trou rond. Un étranger qui a vu la porte béante de la belle demeure s’en est emparé sans peine. Je vois l’audacieux me passer prestement sous le coude quand j’écris, et aussitôt s’enfourner dans le tunnel abandonné de la vrillette. C’est un chasseur tout menu, vêtu de noir, rassemblant pour ses petits vers une bourriche de pucerons. Tout un peuple vit en toi, ma pauvre vieille petite table : j’écris sur un grouillement d’insectes. Rien ne pouvait mieux convenir à mes mi Souvenirs entomologiques.
Mais que deviendras-tu, toi, quand ton maitre n’y sera plus ? Seras-tu vendue vint sous aux enchères, quand ma famille se partagera mes frusques ; seras-tu une planche se l’évier qui soutiendra la cruche, seras-tu la planche de cuisine où on épluchera les choux ? Les miens, au contraire, s’entendront-ils en disant : « Gardons ce meuble ; c’est là que, tant de temps, s’est torturer les méninges pour nous apporter la becquée. Gardons la sainte planche. »
Je n’ose pas croire à un tel avenir. Tu passeras, ma vieille amie, entre les mains d’étrangers insoucieux de ton passé ; tu deviendra peut-être une table de nuit, chargée de bols de tisane, jusqu’à ce que, les reins cassés, tombant en ruines, tu sois mise en en éclats pour alimenter le feu sous la marmite de pommes de terre.
Ainsi tu t’n iras en fumée rejoindre mon travail, dans cette autre fumée, l’oubli : dernier repos de notre vaine agitation.
Jean-Henri Fabre