DIMARS 9 de FEBRIÉ 2021
Santo Poulounìo
LA SOUPO
La soupo de baneto, pèr iéu, avié d’espino ! Mei gènt brignavon, perqué à mai de dès an, poudiéu pas l’empassa, l’engouli. E lei baneto, coumo lei poumo d’amour en fricot vo en salado, m’agradavon !
– Es pecat de li faire uno tant bouano soupo à la sartan !
Quant de còup, l’estiéu, duguèri estira lou gavai. La soupo de baneto, ai-las ! revenié souvènt sus lou taulié e manjavian defouaro e faulié pas crida en causo dei vesin.
Despuei n’ai jamai plus entendu parla, mai rèn que la sentido...
– La soupo fa lou sourdat e lou sourdat fa la soupo !
Quàsi coumo l’uou e la galino.
Es ce qu’entendiéu de la part dei vièi que mi plagnien d’agué tant à força pèr quàuquei cuié de soupo.
Reprenguèri lei soupo estènt fouaço plus vièi, toujour lou souar, pèr caufa l’ivèr e lava l’estiéu, mai pas jamai de soupo de baneto !
Lou siècle vòu plus la bouano minèstro de liéume, de còup un pau aigrinello, mai la soupo de pasto lèu alestido qu’ajudo e agrado en tóutei, lei letro... vo lei ploumb... lei chevu d’ange...
Un souar d’autounado, si trouberian encò de parènt dins un relarg de Franço assas frèi à parti de nouvèmbre, e uno soupo aurié bèn fa lou biais, après s’èstre caufa, urousamen davans uno chuminèio. Viguerian, ’mé plesi, la dono de l’oustau, destrauca de liéume e lei pela à la lèsto : de tartiflo, de verduro, bessai de cebo ; mai voulian pas s’avança, pèr faire lei curious – si fa pas quouro sias pas au vouastre – e avian frèi, gela coumo d’amendoun ! Vivo la soupo !
Un moumenet après, embaussumavo sus lou gase. La cabucello cantavo. Lou fougau caud e reviéudaire !
Un bouan bouioun de liéume que serié lou bèn-vengu ! Rèn que de li pensa la fresquiero s’en anè e n’óubliderian l’ensalado de lachugo vo la car-salado que si destouscavon cade souar. D’en proumié, auren la soupo que tapara un cantoun.
Puei, la bouano fremo faguè la soupo, la passè quàsi davans nous-àutrei e li trouberian, de luen, uno bello coulour.
– Bessai li metrai uno lesco de pan coumo acò dedins !
– E iéu uno rajado d’òli, mume s’es que de grano !
S’avancerian dóu taulié uno ouro à l’avanço. La soupo !
Perpensàvi à la soupo de baneto de moun jouine tèms :
– Se manges pas la soupo, ti faras jamai grand !
La cousino s’avisè de nouàstei cadiero adeja procho dóu taulié :
– Ah ! Voulès la televisien !
E, subran, nous metè lei « regiounalo » de soun encountrado que s’en batian coumo de nouàstei proumiérei baveto ! Gela coumo d’amendoun, pensavian qu’à la soupo, sentian que la soupo reviéudarello.
Tout si debanè à la lèsto : la bouano soupo qu’embaumavo, d’un còup, passè dins uno vièio pignato qu’èro souvènt sus la terrasso e lou chin de l’oustau, lapè subran la minèstro avans de s’en ana cassa lei rato, la coua en bataio.
– N’i’en fau un bouan cassetoun ! Fa que n’aura encaro pèr quàuquei còup, mume rescaufado, si regalo ! Es tant brave !
Lou frèi nous gagnavo...
Andriéu DEGIOANNI

LA SOUPE
La soupe de haricots verts, pour moi, avait des arêtes ! Mes parents râlaient, parce qu’à plus de dix ans, je ne pouvais pas l’avaler, l’engloutir. Et les haricots verts, comme les tomates cuisinés ou en salade me plaisaient !
– C’est dommage d’en faire une si bonne soupe à la poêle !
Combien de fois, l’été, je dus me forcer. La soupe de haricots verts, hélas ! revenait souvent sur la table et nous mangions dehors et il ne fallait pas crier à cause des voisins.
Depuis je n’en ai plus entendu parler, mais rien que l’odeur…
– La soupe fait le soldat et le soldat fait la soupe !
Presque comme l’œuf et la poule.
C’est ce que j’entendais de la part des vieux qui me plaignaient d’avoir tant à me forcer pour quelques cuillerées de soupe.
Je remangeai des soupes étant beaucoup plus âgé, toujours le soir, pour réchauffer l’hiver et désaltérer l’été, mais jamais de soupe de haricots verts !
Le siècle ne veut plus le bon potage de légumes, parfois un peu aigre, mais la soupe de pâtes vite préparée, pratique et qui plait à tous, les lettres… ou les plombs… les cheveux d’ange…
Un soir d’automne, nous nous trouvions chez des parents dans un coin de France assez frais à partir de novembre, et une soupe aurait bien fait notre affaire, après s’être réchauffés, heureusement devant une cheminée. Nous vîmes, avec plaisir, l’hôtesse de maison, dénicher les légumes et les peler rapidement : des pommes de terre, des légumes verts, peut-être des oignons ; mais on ne voulait pas s’avancer pour faire les curieux – cela ne se fait pas quand vous n’êtes pas chez vous – et nous avions froid, gelés jusqu’aux os ! Vive la soupe !
Un petit moment après, elle embaumait sur le gaz. Le couvercle chantait. Le foyer chaud et revivifiant !
Un bon bouillon de légumes qui serait le bienvenu ! Rien que d’y penser le froid s’en alla et nous en oubliâmes la salade de laitues ou la charcuterie qu’on sortait chaque soir. D’abord, nous aurons la soupe qui bouchera un coin.
Puis, la bonne femme fit la soupe, la passa presque devans nous et nous lui trouvâmes, de loin, une belle couleur.
– Peut-être y mettrai-je une tranche de pain comme cela dedans !
– Et moi une rasade d’huile, même si ce n’est pas de l’huile d’olive !
Nous nous mîmes à table une heure à l’avance. La soupe !
Je pensais à la soupe de haricots de mon enfance :
– Si tu ne manges pas ta soupe tu ne seras jamais grand !
La cousine vit nos chaises déjà proches de la table : – ah ! Vous voulez la télévision !
Et, sur le coup, elle nous mit les « régionales » de son endroit dont on se moquait comme de notre première chemise ! Gelés comme crotte, nous ne pensions qu’à la soupe, nous ne sentions que la soupe réconfortante.
Tout se déroula vite : la bonne soupe qui embaumait, d’un coup, passa dans une vieille marmite qui était souvent sur la terrasse et le chien de la maison, avala de suite la mixture avant de s’en aller chasser les souris, la queue en bataille.
– Je lui en fais une bonne gamelle ! Donc il y en aura encore pour quelques fois, même réchauffée, il se régale ! Il est si gentil !
Le froid nous gagnait...
Tèmo – 8
Extrait du livre de Jean-Luc Domenge : « Grammaire du Provençal Varois » avec son aimable autorisation.
1- Il est toujours chez celui-ci, chez celui-là.
Es toujour encò de l’un, encò de l’autre.
2 - Et ça marche maintenant, ce petit bout d’homme.
E acò marcho aro, éstou oumenet.
3 - Tu ne vas pas manger ça !
Vas pas manja ’cò !
4 - Il ne retrouve pas son chapeau, cela l’ennuie.
Retrobo pas soun capèu, acò l’enueio (l’enfèto).
5 - Je voudrais insister sur ceci.
Vourriéu (voudriéu) ensista sus acò (sus d’acò).
6 - Il prit un livre à celle-ci et le rendit à celle-là.
Prenguè un libre à n-aquelo e lou rendè à n-aquesto.
7 - C’est pour cela que les hérissons ont des piquants.
Es pèr acò que leis eirissoun an de pounchoun.