DIMARS 8 D’ÓUTOBRE 2019
Santo Pelagìo
Ditado :
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Entre paga e mouri avèn toujour lou tèms
Entre payer et mourir on a toujours le temps.
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Paraulo longo fan lei jour court
Les paroles longues font les jours courts
Tèmo :
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L’âne aime mieux la paille que l’or.
L’ai ame miés la paio que l’or.


MOUSSU D’AUPS
Qui n'a pas connu a Cuers, monsieur Daups, le père Daups comme on l'appelait dans mon enfance. Ni gros, ni maigre, il était avec sa barbichette ni grand ni petit. II tenait un café et dieu seul sait tous les tours de sacripant qu'il a joué dans sa vie. Il n'était pas que cafetier, il était un peu maquignon aussi. II avait une étable que la paille et le foin n’encombraient pas et des chevaux qui avaient avalé des cerceaux.
Gastinet des Colombes racontait celle-ci: un jour deux rats se battaient sur la lucarne du fenil du père Daups. Le plus malin dit à l'autre :
- Arrêtons-nous de nous blesser et de nous mordre sinon nous allons tomber !
- Oh! répliqua l'autre, nous tomberons dans un fenil, va !
- Mais, collègue, fit le premier, c'est le fenil de monsieur Daups !
Il prit à monsieur Daups l’idée, un jour de carnaval, de déguiser mon pauvre père, qui avait à l’époque sept ans. II le mit nu comme un ver, l’enduit de miel et le roula dans un tas de plumes. Le petit fit son effet, mais vous parlezd’une colère que lui chanta la mère Trotobas. C'est qu'elle ne manquait pas de nerfs ma grand-mère !
Une autre fois il fit le pari de faire manger des oignons crus à son chien. Le pari fut fait. Il attacha le chien dans sa fameuse étable et pendant une semaine lui fit coucou par le guichet de la porte, sur le coup de midi, mais sans rien lui donner à manger. Le septième jour, il lui envoya un oignon. L’oignon n’eut pas le temps d’arriver pat terre. Et Daups gagna le pari.
Un beau jour il se présenta à son café un petit monsieur bien habillé, portant la cane à pommeau d'or, les lunettes, tout l’air d'un riche bourgeois.
- Qu’est-ce que je vous sers, beau monsieur?
II voulait des choses recherchées, de tout ce que le père Daups n'avait pas. Finalement celui-ci lui dit :
- Je vais vous donner la spécialité de la maison. Je vois que vous êtes un gourmet, j'ai ce qu'il vous faut. Et il revint avec une fiole a moitie pleine de quelque chose qui n'était ni bleu, ni blanc, ni rouge, ni vert, tout en étant un peu Blanc, un peu bleu, un peu rouge, un peu vert.
- Qu’est-ce que c'est ! dit le monsieur.
- Du Moscatel, monsieur.
Et le monsieur se délecta à le boire.
Quand il fut parti, quelques clients habituels qui avaient entendu la conversation entre le père Daups et son chaland demandèrent ce qu’était ce fameux Moscatel.
- Le Moscatel, dit Toni Daups, est fait avec tous les fonds de bouteilles. Je les passe au tamis fin pour en retirer les mouches, je mélange: voila la recette.
Daups avait l’âme d'un Salomon. Ecoutez celle-la.
Il était le roi et le juge des gitans. Ils avaient pour lui une sorte de vénération mêlée de crainte. On sait que ce sont des gens superstitieux. Ils le croyaient doté d’un pouvoir souverain. Même quand, prêts à se crever la paillasse, ils avaient le couteau a la main, Daups n'avait qu’à paraitre pour que la paix se fasse. Donc, au moment de se battre, deux chefs l’envoyèrent chercher.
- Qu’est-ce que tu as, toi ?
- Moi je veux ce couteau qui m'a coûté trois sous à la foire d'Aups.
Et l'autre:
- Non, il est a moi: je l’ai payé deux sous sur le quai de Toulon.
Alors Daups:
- Tiens, toi voilà deux sous, toi en voila trois, le couteau est à moi.
C'est ainsi qu'il rendit la paix aux bohémiens.
Je l'ai connu bien vieux, le père Daups, qui fumait son éternelle pipe. Il tenait alors le Café du Théâtre, avec la comtesse, sa femme. J'y suivais mon père qui y prenait chaque soir sa chopine.
Le dimanche après-midi, il organisait des concours de boules pour les enfants, dans le jardin derrière le café. Je manquais plutôt les vêpres que de manquer le concours de boules du père Daups.