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DIMARS 30 D’ABRIÈU 2019

 

Sant Roubert

 

Ditado :

 

  • Ei paure tout li manco, la pouarto emai la tanco.

Il est pauvre tout lui manque, la porte avec la barre..

 

  • Alo de perdris, cueisso de becasso, tout lou tourdre [ lei pus fin moussèu deis auceloun.​

Ailes de perdrix, cuisses de bécasse, la grive entière [les plus fins morceaux des petits oiseaux]

​Tèmo :

 

  • Avec le temps et la paille, les nèfles mûrissent

Emé lou tèms e la paio, lei gnàspou s’amarudon [ Patience et longueur de temps... pourrait aussi s'employer au figuré, pour désigner un retraité qui restant au lit... forcit un peu ! ]

MOUSSU JAQUE LOU GARDO-CASSO

Es pèr un caud après-dina dóu mes d’avoust e dóu tèms que Jaque penequejavo que s’es debana aquéu dramo. Coumo èro vengu acò ? Noueste ome, lou gardo-casso, venié de descurbi un crime. Eici dins lou boues, à quàuquei centenau de mètre dóu castèu que n’en èro lou respounsable coumo gardian. Sa reacien proumiero fuguè de si trata de couioun. Vo ! acò passavo l’osco, quasimen souto seis uei, auja faire acò à-n-éu, lou gardo-casso d’aquelo grando prouprieta ? Nàni ! de-segur si passarié pas ensin, Jaque n’en faguè lou juramen. Tout lou countràri, foulié qu’aquéstou crime li siguèsse proufichable, lou faguèsse espeli de soun oumbro. Lou soulet mejan : anavo mena soun enquèsto tout soulet. Ges de besoun d’ana souena lei gendarmo que li raubarien soun triounfle e qu saup se l’acusarien pas d’agué coumbina aquéstou crime... Nàni ! acò serié pas ! si diguè un còup de mai, alor... li restavo qu’un biais : coumença l’enquèsto subran, sènso perdre de tèms. Si pauvè puei quàuquei questien :

– En qu anavo prouficha aquéu crime ? Qu avié agu lou culot de lou faire ?

Ah ! pouèdi dire que s’en passavo de cavo dins sa pauro tèsto de gàrdi ! Cercavo, carculavo, passavo en revisto tóutei lei marrit gus dóu vilàgi capable d’agué auja ! Pau à pau, eliminavo aquéu-d’aqui, aquéu-d’eila. Avié bèn un doute particulié sus d’aquéu dei gràndei moustacho, que vivié de sàbi pas tròup que, ni coumo. Pèr un moumen, soungè d’ana l’aganta en li metènt la man sus l’espalo, e li dire : – Vène un pau ‘mé iéu ! Vène recounouisse toun crime sus plaço ! Poues pas m’escapa, bregand que siés! Puei, en bèn carculant, si diguè : Nàni ! e se pèr malur es pas éu lou coupable ! Vias un pau lou ridicule que mancarié pas de li toumba sus leis esquino, à-n-éu lou gardo-casso renouma ! Foulié visa just, adounc cerca, encaro cerca. Despuei quant de tèms aquéu cadabre èro eici ? espausa à la ràgi dóu soulèu ? Cavo seguro, quàuqueis ouro soula-men. L’avié deja de gròssei mousco que vounvounejavon e si pauvavon sus leis uei grand dubert. Dounc, foulié faire lèu, senoun la situacien devendrié intenablo. Dins uno proumiero idèio, soungè de s’ana escoundre dins uno tousco de gros roumaniéu pèr espera lou maufatan que poudié veni d’un moumen à l’autre rouda à l'entour de soun crime. Vo ! serié un esplé de l’aganta sus lou fèt. D’un autre caire, Jaque pensavo : « Tout acò es bèn bèu, mai l’a de gràndei chanço que t’ague vist intra dins lou boues faire ta roundo e si gardara bèn de li veni, éu. E d’efèt lou resounamen èro mai que just, mai li dounavo pas lou quicho-clau. Alor... regardè à drecho... regardè à gaucho... degun, ni d’un caire, ni de l’autre... Que faire quand sias un ome ounèste ? Qu’avés la fisanço de tout lou mounde ?... Que sias lou moudèle dei gardo-casso !... L’ome dóu devé!... Que quouro passas pèr carriero, lei gènt dien de vous : – Tè ! vaqui Moussu Jaque, lou gardo-casso renouma ! l’incour-ruptible ! Es renoum acò, crèsi ! dirai miés : es un titre !

Alor... aquéu brave Moussu Jaque, lou famous gardo-casso... regardè un còup de mai, à drecho... puei, à gaucho... Regardè lou cadabre eicito, à sei pèd e dins l’impous-sibleta de trouva qu ‘s qu’avié pouscu faire acò, si clino, tafuro sènso pieta lou cadabre estrangla e boutant dins sa biasso aquelo superbo lèbre, si diguè à-z-auto voues :

– Tè ! justamen, diminche aviéu rèn pèr faire bouï l’oulo, acò s’encapo bèn !...

 

Marius Boyer

Bougneto

 

Marius Boyer, neissu e mouart en Aubagno (1910-1983), emplega dins uno distiharié, que sourtè « Lei conte de Bougneto » e « Lei nouvèu conte de Bougneto ». S'èro douna Bougneto pèr noum de plumo.

MONSIEUR JACQUES LE GARDE-CHASSE

 

C’est par un chaud après-midi du mois d’août et pendant que Jaques faisait un petit somme que s’est déroulé ce drame. Comment cela était-il arrivé ? Notre homme, le garde-chasse, venait de découvrir un crime. Ici dans le bois, à quelques centaines de mètres du château dont il était responsable comme gardien. Sa première réaction fut de se traiter de couillon. Oui, cela dépassait les bornes, presque sous ses yeux, oser lui faire cela à lui, le garde(chasse de cette grande propriété ? Non ! C’est certain cela ne se passerait pas ainsi, Jacques en fit le serment. Tout au contraire, il fallait que ce crime lui soit profitable, le fasse sortir de l’ombre. Le seul moyen : il allait mener son enquête tout seul. Pas besoin d’aller sonner les gendarmes qui lui voleraient son triomphe et qui sait s’ils ne l’accuseraient d’avoir organisé ce crime… Non ! Cela ne serait pas ! se dit-il une fois de plus, alors… il ne lui restait qu’un moyen : commencer l’enquêter tout de suite, sans perdre de temps. Puis il se posa quelques questions :

– À qui allait profiter ce crime ? Qui avait eu l’audace de la faire ?

Ah ! Je peux dire qu’il s’en passait des choses dans sa pauvre tête de garde ! Il cherchait, il réfléchissait, il passait en revue tous les mauvais garnements du village capables d’avoir osé ! Peu à peu, il éliminait celui-ci, celui-là. Il avait bien un doute particulier sur celui aux grandes moustaches, qui vivait de je ne sais pas trop quoi, ni comment. Un moment il songea à aller l’attraper en lui mettant la main sur l’épaule, et lui dire : – Viens un peu avec moi ! Vines reconnaitre ton crime sur place ! Tu ne peux pas m’échapper, brigand que tu es ! Puis, en réfléchissant bien, il se dit : Non ! Et si par malheur ce n’est pas lui le coupable : Vous voyez un peu le ridicule qui ne manquerait pas de lui tomber dessus, à lui le garde-chasse renommé ! Il fallait viser juste, donc chercher, encore chercher.  Depuis combien de temps le cadavre était-il ici ? exposé en plein soleil ? Chose certaine, quelques heures seulement. Il y avait déjà de grosses mouches qui bourdonnaient et se posaient sur les yeux grands ouverts. Donc, il fallait faire vite, sinon la situation deviendrait intenable. Dans une première idée, il songea à aller se cacher dans une touffe de gros romarins pour attendre le malfaiteur qui pouvait venir d’un moment à l’autre roder autour de son crime. Oui ! Ce serait un exploit de l’attraper sur le fait. D’un autre côté, Jacques pensait : « Tout cela est bien beau, mais il y a de grandes chances qu’il t’ait vu entrer dans le bois faire ta ronde et il se gardera bien d’y venir, lui. Et en effet le raisonnement était infaillible, mai il ne lui donnait pas la clé. Alors.. il regarda à droite… il regarda à gauche… personne, ni d’un côté, ni de l’autre… Que faire quand vous êtes un homme honnête ? Que vous avez la confiance de tout le monde ?... Que vous êtes le modèle des gardes-chasse !... L’homme de devoir !... Que quand vous passez dans la rue les gens disent de vous :  – Tiens, voilà Monsieur Jacques, le garde-chasse renommé ! l’incorruptible ! C’ets uen renommée cela, je crois ! Je dirai mieux : c’est un titre !

Alors… ce brave monsieur Jacques, le fameux garde-chasse… regarda une fois de plus, à droite… puis, à gauche… Il regarda le cadavre, là, à ses pieds et dans l’impossibilité de trouver qui avait pu faire cela, il se penche, palpe sans pitié le cadavre étranglé et mettant dans se besace ce superbe lièvre, il se dit à haute voix :

–Tiens ! justement, dimanche je n’avait rien à mettre dans la marmite, cela tombe bien !...

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