DIMARS 6 DE NOUVÈMBRE 2018
Santo Bertìo
Ditado :
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Fremo e castagno
Deforo bello, dintre la magagno.
Femme et châtaignes
Belles dehors, dedans les défauts.
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Nouie, fiho e castagno,
La raubo cuerbe la magagno
Noix, filles et châtaignes,
La robe cache les défauts.
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De Toussant à la fin dis Avènt
Jamai tròup de plueio e de vènt.
De la Toussaint à la fin de l’Avent
Jamais trop de pluie et de vent.
Tèmo :
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Un doigt de vin fait enrager le médecin.
Un det de vin fai s’enrabia lou medecin

LE PETIT JOSEPH
Nous étions en pleines vendanges, et il y avait une dizaine de jours qu’il pleuvait à verse. La plupart des charrettes chargées étaient restées sur place, les roues embourbées dans la vase. Quasiment jusqu’au moyeu.
Les braves paysans qui attendaient cette récolte pour se faire un peu de sous et pour boire un peu de vin et, le cas échéant, de la piquette se lamentaient avec raison.
Quand, parfois, cela se calmait, Augustin allait avec Jacot, son vieux mulet, essayer de tirer la charrette du bourbier. Le pauvre ! plus le mulet tirait, plus la charrette s’embourbait.
En déjeunant, Honorine, la fille de la maison, dit à ses parents : « Qui sait, si j’allait me mettre au bout de l’allée de mûriers qui donne sur le chemin d’Aix, si je n’aurais pas la chance de voir quelque cavalier qui avec sa bête pourrait nous donner un bon coup de main ? »
Aussitôt dit, aussitôt fa. Et la voilà installée sous le mûrier. Peu de temps après, elle voit venir, du côté de Flassans, un cavalier qui allait à fond de train.
« Tiens, songea Honorine, on dirait un dragon, il à l’air d’être un beau gaillard, son cheval à l’air d’être en pleine forme. »
Quand le cavalier fut à sa portée, elle lui fit un signe de la main, lui arrêta sa bête et lui dit avec politesse : « Par hasard, auriez-vous besoin de moi ? »
— Ah ! Monsieur le dragon, si vous pouviez avec votre cheval nous donner un coup de main pour tirer la charrette, vous nous réconforteriez et vous nous feriez bien plaisir ! »
Songez un peu si Augustin et Clarisse, sa femme, furent heureux de voir arriver leur fille avec ce beau dragon, et son cheval qui pouvait avoir environ quatre ans.

Ils burent un bon coup de vin cuit, et les voici partis avec tout ce qu’il fallait pour tirer la charrette de l’embarras. Ils attelèrent le cheval devant le mulet, ils mirent une planche de pin dans le train des roues, le dragon part son cheval par la bride. Augustin et Clarisse se priment aux roues, Clarisse derrière. Un bon coup de fouet, les bêtes tirèrent, quelques hue ! et ho ! la charrette s’ébranla, petit à petit elle se retrouva sur le chemin, et, en un rien de temps, ils furent à l’étable. Ils déchargèrent, il foulèrent les raisins que, à fur et à mesure, ils envoyaient dans la cuve ; grâce à l’aide de Joseph le dragon, qui était plein d’énergie et d’enthousiasme. Il faisait presque nuit quand toute cette besogne fut achevée. Et alors que Joseph avait l’air de vouloir s’en aller de suite, la mère d’Honorine lui dit : « Jamais de la vie ! vous nous avez donné un bon coup de main, il est normal que vous diniez avec nous, et que vous couchiez ici : je vais préparer votre lit, pendant ce temps Augustin mènera votre cheval à l’étable, qui lui aussi doit avoir besoin d’un bon picotin d’avoine.
De cette façon, Joseph, se trouva seul avec Honorine et ils n’arrêtaient pas de se regarder.
« Quel âge avez-vous, Honorine ? lui dit Joseph
— Trente-huit ans, et vous, Joseph ?
— Quarante-trois. Cela ferait bien l’affaire, qu’en dites-vous ?
Il ne s’en dire pas plus.
Clarisse fut vite de retour. Avec sa fille elle eut vite fait de préparer une bonne soupe, une omelette que sais-je ? du fromage de chèvre, avec du raisin muscat, tout ceci fit un bon souper.
Quelle joie pour Joseph qui, depuis 1792, ne s’était plus mis à table, et ceci il ne pouvait pas le dire à ses hôtes qui, tout le long du repas, n’arrêtaient pas de lui poser un tas de question sur sa vie de soldat.
« En 1792, dit Joseph je me trouvais à Marseille. Enthousiasmé de voir tant de patriotes, je montai avec eux à Pais, en chantant la Marseillaise. C’est ainsi que je fis toutes les guerres de la révolution et de l’Empire. » Honorine l’écoutait tout à la fois ravie et troublée.
« Vous avez du en voir du pays ? dit-elle.
— Oh mon Dieu ! si j’en ai vus ? L’Allemagne, l’Autriche, la Russie, et que de morts ! que de misère ! Maintenant vous voyez, je n’ai plus qu’une idée, retourner chez moi, car cela fait vingt-trois ans que je suis sans nouvelles de mes parents : peut-être sont-ils morts ?
— Et vous êtes restés ainsi vingt-trois sans nouvelles de vos parents ? lui dit Honorine attristée.
— Que fallait-il faire ? »
(À suivre)