top of page

DIMARS 5 DE JUN 2018

 

Sant Igor

 

Ditado :

 

  • Ami, s’es verai que quaranto

Fa la mita de quatre-vint,

Tout ço que l’amista nous canto

Vous lou dirai entre dous vin.

Ami, s’il est vrai que quarante

Est la moitié de vingt,

Tout ce que l’amitié nous chante

Je vous le dirai entre deux vins.

 

Quàuqueis espressien :

 

  • L’an desmama ‘m’ uno coua de merlusso.

Ils l’ont sevré avec une queue de morue (se dit de quelqu’un qui a toujours soif).

 

  • Avé la paraulo en bouco.

Avoir le don de la parole.

 

  • Manja lou pan dóu rèi.

Manger le pain du roi (c’est-à-dire être en prison)

 

  • Manja de favo.

Manger des fèves (signifie bredouiller)

 

  • Manjo dins sei cinquanto an.

Il atteint la cinquantaine.

 

  • Lou marchand groussié.

Le marchand en gros.

 

  • Levarié la messo à-n-un capelan.

Se dit de quelqu’un d’insolent

 

  • Avé uno pago de bourrèu.

Avoir une paye de bourreau (être payé d’avance)

Dimars 5 de jun 2018-001.jpg

GRANIER LE BAVARD

 

Quand un veuf ou une veuve se remariait, l’événement était célébré en toute intimité et la noce se déroulait simplement, mais la coutume voulait que l’on fasse après un charivari : les gens du village attendaient les nouveaux mariés à la sortie de l’église avec un grand vacarme assourdissant, de casseroles, de chaudrons et d’entonnoirs et ils les accompagnaient ainsi jusqu’à la maison. Le boucan finissait quand les mariés avaient payé un coup à boire à tous les participants au bruyant charivari.

Cette tradition existait autrefois dans tous les villages du Midi. On disait même qu’au remariage de Jean-Henri Fabre à Sérignan, il y eut un si gros charivari dans le village que le célèbre entomologistes’en plaignit même au gouvernement de l’époque !

À Jonquières, quand Granier le Bavard, se remaria - il faut dire que ce vieux barbon prenait une petite jeune - , le charivari dura une semaine de temps… et tous les Jonquiérois furent de la fête !

 

Il faut croire que Granier le Bavard était bien connu dans le village !

 

En effet, le Bavard qui, comme son nom le dit en racontait et en faisant de toutes les couleurs, attrapa, le même jour, deux autres surnoms : Le Menteur et le Mort.

 

En voici les raisons

 

Il y avait peu de temps qu’il était marié avec Angèle et c’est certain le couple battait un peu de l’aile. Granier avait comme on le dit, un peu « vécu » alors qu’Angèle, elle, rayonnait dans la beauté de ses vingt ans.

Les mauvaises langues, il y en a toujours eu dans tous les villages, faisaient courir le bruit qu’Angèle n’était pas d’une fidélité absolue et Granier qui était très jaloux, en prenait la mouche.

 

Et cela le tracassait.

 

Mettez-vous à sa place ! Mais quelle idée aussi de prendre une jolie femme qui avait plus de vingt an de moins que lui !

Un beau jour d’été, ils allèrent travailler dans leurs terres. Cueillir des tomates, sarcler les salades ou planter des choux-fleurs, cela je ne saurais pas vous le dire ! Nous étions en plein mois d’août et il faisait une chaleur à faire tomber la queue des ânes…

Tout à coup le Bavard se sentit mal.. et tomba raide comme un pieu. La pauvre Angèle essaya bien de le ranimer… Mais son mari ne bougeait plus…

Angèle ne fit ni une ni deux, elle alla chercher une brouette, y mit, non sans peine, le pauvre Bavard – qui était, ma foi, un bel homme qui pesait plus de quatre-vingts kilos – et retourna à la maison d’une seule trotte, en souffrant comme un âne de carrière.

Quand elle fut devant la ferme, Angèle, qui était rendue, s’essuya le front tout baigné de sueur et, quelle surprise ! Elle vit alors le Bavard s’asseoir sur la brouette pour lui dire :

" Maintenant je sais que tu m’aime "

C’est ainsi que Granier, de Bavard devint le Menteur et le Mort.

 

Jean-Pierre Monnier

Ma fournée de souvenirs

Dimars 5 de jun 2018-002.jpg

« Il n’y a rien de pire que l’eau pour détraquer un mécanisme »

 

 DUVERGNAUD​

 

Une autre « célébrité » du village fut Duvergnaud, le fameux horloger.

 

« Duvergnaud, César, Martin, dit La Pipe » comme il aimait se présenter.

 

En effet, il avait toujours une vieille bouffarde pendue à ses lèvres. Mais il n’en sortait guère de fumée car le pauvre bougre n’avait pas les moyens de se payer beaucoup de paquets de tabac et il devait se contenter souvent de griller quelques morceaux de barbe de maïs d’un goût bien particulier.

Vieux garçon lui aussi (les « figures » du village ont toujours du mal pour se reproduire !), faisait le tour des fermes pour réparer sur place les pendules, les horloges et les montres.

Il se faisait payer en nature, c'est-à-dire en « liquide » (Un bon coup de vin, quelques grains de raisin dans l’eau-de-vie ou deux verres de « pastis » valaient paiement).

D’ailleurs il n’était pas regardant sur le mode de règlement : l’eau-de-vie de coing, de cerises, la carthagène ou le vin cuit (qu’il soit d’orange, de noix ou de sureau) lui plaisait tout autant.

Il n’y avait qu’une chose qu’il refusait systématiquement : le vin trop coupé ou le pastis noyé car il avait l’eau sous toutes ses formes en horreur.

 

Et il disait souvent :

 

« Ta montre… ta pendule… ton horloge.. tu sais ce qui les a détraquées : c’est tout simplement l’humidité. Il n’y a rien de pire que l’eau pour détraquer un mécanisme.

Et pour les gents c’est pareil : il ne faut pas aller chercher plus loin quand tu attrapes des rhumatismes qui te détraquent ! C’est l’eau qui rouille tout, les machines comme les hommes…

 

Son plaidoyer s’achevait par ces paroles fortes :

  

« Il faut boire le vin pur le matin, à midi sans eau, et la soir comme le bon Dieu l’a fait… »

 

Cela s’appelle de la bonne philosophie !

 

Et quand il avait fait un bon travail, il s’arrangeait toujours pour le finir sur le coup de midi.

« Déjà midi… comme le temps passe !... Je commence à avoir soif » s’étonnait-il alors.

Après l’apéritif qu’il laissait traîner un peu, il attendait que le brave fermier qui le recevait dans sa maison lui dise : « Duvergnaud vous mangerez bien un morceau avec nous…

L’horloger-ambulant ne manquait pas de répondre : J’ai apporté mon casse-croute mais vous êtes gentil… Cela me fera bien plaisir de partager votre repas… si cela ne vous dérange pas. Si je vous refusais, c’est certain que vous le prendriez comme un affront. Mais surtout, ne vous dérangez pas pour moi. Je mangerai ce qu’il y aura.

En effet je peux vous affirmer que Duvergnaud ne crachait pas sur la nourriture : les gros plats de pommes-de-terre ou de haricots, les gros plats de courge ou d’aubergines, les soupes grasses de choux ou d’oignons ne lui faisaient pas peur, car ce n’était pas tous les jours qu’il mangeait à sa faim.

Il faut dire qu’il n’était pas de ceux dont le ventre balaie le sol !

Malgré tous ses défauts, Duverganud était un homme très respecté de tous les habitants de Jonquières. Même si à la fin de la journée il était bien souvent ivre, il parait qu’il était toujours d’une précision diabolique dans son travail !

Et en plus pas de boutique, pas la moindre facture, Duvergnaud ne dut jamais être bisbille avec le receveur des impôts

 

Duvergnaud un homme heureux de son sort, c’est certain !

Jean-Pierre Monier

bottom of page