DIMARS 5 DE FEBRIÉ 2019
Sant Agueto / Agato (Agathe)
Ditado :
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Pèr santo Agato fa ta pourreto.
À la sainte Agathe sème tes poireaux.
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A Candeloua sian au mitan de la feniero.
À la Chandeleur nous sommes à la moitié du fenil.
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Quand lou pue pren soun capèu, lou pastre pòu prendre soun mantèu.
Quand le sommet se couvre, le berger peut prendre son chapeau.
Tèmo :
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Sainte Agathe emporte le froid dans soun petit sac.
Santo Agato empouarto lou fre dins son saquetoun.

LA PRIÈRE EN LETTRES
Un brave homme dévot avait tellement peur de Dieu qu’il avait toujours peur de l’importuner en lui demandant trop dans ses prières.
Chaque soir, au pied de son lit, il était plus embarrassé que s’il avait du parler le turc. Cependant il avait la langue bien pendue et, avec les gens, quand il se mêlait à la conversation, il ne bégayait plus.
Mais là il se trouvait dans l’embarras. Il n’arrivait jamais à exprimer comme il l’aurait voulu ce que la foi lui faisait un devoir d’accomplir.
On sait que la nécessité engendre le génie, et c’est pourquoi à la longue notre homme trouva le moyen de se tirer d’affaire de belle manière.
Que fit-il ? Il récita toutes les lettres de l’alphabet en disant ainsi :
Mon Dieu, je vous donne toutes les lettres de l’alphabet. Je ne veux pas en oublier. Arrangez-les comme vous voudrez. Si cela vous convient, cela me convient à moi aussi. Je ne pas mieux vous parler.
Il parait que le bon Dieu avait beaucoup de travail, chaque soir, avec sa sainte patience, pour mettre en ordre toutes ces lettres dans l’ordre qu’il fallait.
LA BÉNÉDICTION
Un jour, l’évêque vint assister à une grande cérémonie dans une ville que je ne nommerai pas, de peur que si j’y vais ils ne m’agressent à coup de tomates.
C’est vrai que maintenant les tomates coûtent cher et que les gens préfèrent plutôt les garder pour elle. Mettons qu’ils me fassent courir à coup de branches. Ce serait encore plus mauvais pour moi.
Donc l’évêque arriva dans un carrosse somptueux tiré par un attelage de quatre belles bêtes superbement harnachées. Quel monde l’attendait pour lui rendre les honneurs ! Toutes les paroisses des alentours s’étaient rassemblées sur une place immense comme le Champ de Mars. Tout le clergé y était. Il y en avait des troupeaux. Des grands chapelains, des chapelains, des petits chapelains, des chanoines au bonnet carré rayé de filets violets, des curé au mantelet ourlé de fourrure, des vicaires, des abbés, des grands, des petits, les uns en chasuble et en étole, d’autres en surplis, d’autres en calotte, d’autres avec leur bonnet. Tout ce monde s’éparpillait au milieu d’un grouillement de dévots, de dévotes, de porte-croix, de porte-bannières,de porte-cierges, de bedeaux,

de bedeaux chassant les chiens; de sacristains habillés de noir, de suisses armés d’épées et d’arbalètes, dorés sur toutes les coutures, emplumés, soufflant, ventrus comme le pauvre monsieur Pin, de l’église de Saint-Joseph du Pont-de-Las, des clercs, des enfants de cœur joueurs, des pénitents de toute sorte encapuchonnés de cagoules de toutes les couleurs, des congrégations féminines, où les filles de la Vierge Marie étaient vêtues de blanc, les dame de Sainte Anne arboraient des rubans bleus, celle de Sainte Philomène, des rubans verts.
Au dessus des têtes s’élevaient, un peu partout, des croix, des candélabres, des bannières, des tableaux, des saints et des saintes transportés sur des épaules d’hommes et de femmes, sans oublier le dais tout en velours, comme si l’on avait sorti tout ce qu’il y avait dans le églises de tout le pays.
C’était beau à voir tout de débordement de couleurs variées, d’ornements, de parements, d’orfèvrerie, d’argenterie, de cuivre, de métal, où le soleil de la fin de journée frappait en donnant des rayons étincelants.
En mettant les pieds au sol, l’Evêque sortit, mitre, crosse, l’améthyste au doigt, tout enveloppé de lumière, de son abri, plein de gloire, de lumineuse clarté, de broderie.
De tous côtés on entendait des voix chantantes. En haut montaient des cantiques, en bas des alléluias, tout proche des prières, là-bas des hymnes.
L’évêque levait déjà la main pour bénir la foule soudain tombée à genoux pour sa bénédiction, quand une agitation d’enthousiasme se fit entendre dans la foule, quelques pas plus loin. C’était une marmaille, petits chenapans comme il y en a tant, qui, sans respect pour la cérémonie, se couraient après, joueurs, bousculant les gens au risque de les renverser.
- Mais, il y a bien des couillons dans votre endroit.
- Oui, répondit le curé, c’est sûr, Monseigneur, qu’il y en a, et encore ils ne sont pas tous ici.