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DIMARS 4 DE FEBRIÉ 2020

                    

 

Santo Verounico

 

 

Ditado :

 

  • Ges de mes de febrié sènso flour d’amendié.

Pas de mois de février sans fleurs d’amandier.

 

  • Febrié lou pus court, lou pus catiéu de tóutei.

Février le plus court, le plus méchant de tous.

 

  • Tout de bouan grat, rèn pèr fouaço.

Tout de bon gré, rien par force.

 

  • Sian proun pèr manja ço qu’avèn.

Nous sommes assez pour manger ce que nous avons.

 

 

Tèmo :

 

  • Qui bâtit sur la gravier perd son temps et sa peine

Qu bastisse sus la graviero perde soun tèms e sa peno.

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UN MOT DE MON GRAND-PÈRE

 

         Cela se passait… il y a déjà pas mal de temps, je n’étais pas encore né. C’était à peu près un an ou deux avant le début de ce siècle.

            Mon grand-père Hilaire et ma grand-mère Marie étaient allés attacher les pieds de vigne, à la ferme, à trois quart d’heure de Lorgues, sur le chemin de Florièges. Les sarments commençaient à s’allonger dans les rangées de ceps et à traîner au sol. À toi, à moi, ils avaient presque terminé leur travail que les nuages, qui avaient tourné tout l’après-midi, se rassemblèrent en une troupe serrée, le ciel s’assombrit et on entendit tonner, loin, là-bas, par derrière la colline de Saint-Ferréol.

- Mon Dieu ! Hilaire ! dit ma grand-mère, tu entends ? il tonne là-haut !

- Bof ! c’est loin… ce ne sera peut-être pas pour nous. Allez, toutes les fois qu’il tonne, ça ne veut pas dire qu’il pleuvra…

- Tu crois ?

- Et puis, regarde, nous sommes quasiment au bout, nous n’en avons pas pour une demi-heure, il vaut mieux que nous finissions.

Et ils continuèrent à attacher.

Cependant, le ciel se chargeait de plus en plus. Le roulement de tambour du tonnerre s’entendait de plus en plus proche, et maintenant, on voyait des éclairs qui à grands coups de sabre déchiraient les nuages noirs.

- Hilaire, viens, on s’en va, l’orage est là ; si nous restons ici nous allons attraper mal !

- Oui, oui, je viens, plus que celle là !...

- Mais viens, viens, on s’en va… j’ai peur…

- Oh ! que me dis-tu ! passe devant, je m’en vais, vas, je te rattraperai.

Et ma grand-mère se dépêcha vers la ferme pour prendre le panier de salades sauvages qu’elle avait cueillies le matin.

Juste comme elle sortait de la ferme, mon grand-père la rejoignit. A son tour il entra, mis son carnier en bandoulière, pris un sac vide sur la mangeoire du cheval, sortit, ferma la porte à clé, mis la clé dans un trou du seuil, entre deux briques et dit :

- Voilà, nous y sommes, nous pouvons partir.

Et ils partirent, d’un pas tranquille, coude à coude, lui grand, droit et sec comme un bout de bois, elle, plutôt rondelette et pas très grande, et passé le pas du Bien, ils prirent le chemin du retour.

Ils n’eurent pas fait deux cents pas que de grosses gouttes commencèrent à tomber, des gouttes comme des soucoupes, disait ma grand-mère quand elle me le racontait.

- Tu vois Hilaire, quand je t’ai dit qu’on serait trempés. Vas, je ne veux pas le répéter, mais tu es têtu. Allez, maintenant on se dépêche.

Mais mon grand-père tranquille comme une jarre d’huile, ne se troublait pas pour cela, il y avait bientôt quarante ans qu’il entendait la chanson, il avait l’habitude. Il se contenta de dire :

- Si tu ne veux pas mouiller ta coiffe, mets ton tablier sur la tête.

Pour lui, avec son sac il se fit une sorte de capuchon pointu, qui tout juste lui protégeait le crâne, les épaules et un peu le dos. Il prit sa Marie par le bras et du même pas ils se mirent à courir, en pataugeant dans la boue des ornières, qui se remplissaient d’eau à fur et à mesure que l’averse tombait plus drue.

- Allez ! allons plus vite, Hilaire, regarde ce que tombe, maintenant ! On ne voit plus les collines…

Et mon grand-père eut alors une réponse d’une philosophie qui était tout lui. Avec son sang froid habituel il lui répliqua doucement :

- Mais, Marie, pour quoi faire ? Et là-bas, il ne pleut pas ?

 

Emile PLAN (AVEP n°5, 1975) Parler de Lorgues

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LE DUEL

 

Le plus gros plaisantin d’Hyères est le cuisinier Jean des Banes. Il a plus de malices que ce que Polichinelle a de bosses et pour raconter ce qu’il m’a dit et ce qu’il a fait, il me faudrait la semaine des quatre jeudis. Voilà un des tours à sa façon :

Madame Jean des Banes, son épouse, était jolie et frivole. Aussi il ne manquait pas de jeunes gens qui rodaient autour de sa maison. Mais le pharmacien, monsieur Ventouse, bien qu’il soit marié et père d’une douzaine d’enfants, avait seul trouvé le moyen de la faire mordre à l’hameçon.

Tous les voisins le savaient. Mais Jean des Banes s’intéressait à sa cuisine, et comme pas mal de cocus, il n’y voyait que du feu… Qui dit à Jean des Banes que sa femme le faisait cocu ? Je ne sais pas. Ce qui est certain c’est qu’un soir il l’a surprise avec Ventouse dans une rue sombre et que s’étant avancé en tapinois, il tomba comme une bombe sur le couple et lui donna une raclée à coups de poêle.

La belle s’enfuit toute barbouillée et sans demander son reste ; mais Ventouse, qu’on appelait le Bœuf, à cause de son encolure, loin de partir ; prend la poêle et la lève sur Jean des Banes.

Jean des Banes est poltron comme quelqu’un qui a la colique, mais à lui le pompon quand il s’agit de se tirer d’affaire ! Soudain, il tourne le dos à Ventouse et quand il est à dix ou douze pas, il lui dit, en se fâchant :

– Nous nous battrons demain. Dis-moi où et donne-moi ton heures, apothicaire de deux sous.

– Derrière le cimetière, à l’aube, gâte-sauce de taverne, lui répondit Ventouse, en lui envoyant la poêle entre les jambes.

– À l’aube il gèle, mettons à huit heures, pousse-clystère de mes deux !

– Va pour huit heures, vieux bouc.

Le lendemain, à l’heure dite, Jean des Banes, Ventouse et ses témoins se retrouvent sur le terrain. On avait apporté des pistolets, des épées et des nerfs de bœuf..

– Comment veux-tu te battre ? dit un témoin à Jean des Banes, au pistolet ?

– Non.

– À l’épée ?

– Non plus.

– À coup de nerfs de bœuf ?

– Avec le Bœuf, je m’en garderais bien.

– Comment veux-tu donc te battre, animal ?

– Voici : Ventouse, s’il ne le sait pas je lui fait savoir, porte sur la tête, depuis un grand nombre d’années, ce que je porte sur la mienne. Et bien ! nous nous servirons de ce que nous avons sur la tête, on se donnera des coups de cornes.

En disant ceci, Jean des Banes recula d’un pas, serra les poings, et fit mine de jouer des cornes conte le pharmacien.

Je vous laisse à penser ce qui se passa après cela. Les témoins éclatèrent de rire. Jean des Banes ne put retenir son sérieux et, plus tard, dans toutes les rues de Hyères et des communes du canton, on ne vit que des personnes qui faisaient mine de s’encorner.

Mais qui ne rit pas, ce fut Ventouse qui retourna chez lui la tête basse, le cœur plein de rage et le cerveau plein de cornes.

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