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DIMARS 4 DE DESÈMBRE 2018

 

Santo Barbo

 

Ditado :

 

  • Pèr faire un bouan menage fau l’ome sourd e la femo avuglo.

    Pour faire un bon ménage il faut l’homme sourd et la femme aveugle.

     

  • Secrèt coumo un cascavèu.

    Discret comme un grelot.

     

  • Qu a de pan à la canisso si passo dóu boulengié.

    Celui qui a du pain sur la claie se passe du boulanger.

     

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TISTET BUISSON, le roi des tambourinaires

 

            Les musiciens du Rode de Basse-Provence ont organisé, cette année à la fin du mois d’avril et pour la première fois, un concours de tambourinaires qu’ils ont baptisé « Concours Tistet Buisson », et les épreuves, comme il se devait, se sont déroulées à Draguignan. Je voudrais avec cet article, répondre aux amis qui m’ont demandé des renseignements sur ce Tistet qui fut surnommé « Le roi des tambourinaires ».

            Buisson est né à Draguignan en 1833. Après les études élémentaires il fut mis en apprentissage chez un fabricant de chapeaux et il devint ouvrier chapelier. Mais le métier ne lui plaisait guère ; il rêvait de musique et il se mit, en premier, au violon que dit-on il jouait joliment. Puis un jour alors qu’il avait la trentaine, il s’essaya au galoubet. Il travailla cet instrument pendant trois ans. Cela n’était guère du goût de ses voisins du Boulevard de la Liberté, qui toute la sainte journée en avaient plein les oreilles du bourdonnement fastidieux de la petite flute de bois ; et il faut bien dire que les relations de voisinage n’étaient pas au beau fixe.

            D’autant plus que Buisson, devenu Sous-chef de la musique « Sainte-Cécile » n’avait pas encore laissé le violon de côté. Bref ! Vous savez que les plus grands musiciens ont eu des voisins qui ne les mettaient pas sur un piédestal !

            En 1867 Tistet alla à Paris, à la fête de Sainte-Cécile, à l’occasion de l’Exposition Internationale. À cette époque, déjà, les Provençaux de Paris recevaient volontiers les gens de passage dans la capitale.

Tistet qui avait amené avec lui le tambourin et le galoubet, fut de toutes les réceptions et était toujours le roi de la fête. Sa musique qui versait dans les cœurs le souvenir du pays natal, plaisait à tout le monde. Tant et tant qu’un des grands chefs d’orchestre du moment, Félicien David, lui fit promettre de revenir. Notre Dracénois qui pensait à sa pauvre vie varoise, fut vite d’accord.

            Revenu au pays, et conscient de sa valeur de joueur de galoubet, il alla à Pertuis où se tenait un concours de tambourinaires. Il eut le premier prix à l’unanimité. Il en fut de même à Beaucaire. Mais un peu plus tard, à Aix, on le trouva trop fort et on le mit hors-concours. On lui donna le Prix d’Honneur et on lui offrit un beau tabourin et un galoubet d’exception. Cependant il avait toujours en tête la belle vie de Paris il ne tarda pas à aller y retrouver son ami Félicien David.

            Il fut reçu avec des applaudissements et on créa pour lui, à la Salle Besselieve, un concours « exceptionnel » qui faisait une belle place au tambourin.

            Les amateurs de musique parisiens, qui n’avaient jamais entendu parler de cet instrument « de la province », ne manquèrent pas le spectacle et Buisson qui avait su marié exprès les notes hautes du galoubet avec l’accompagnement de l’ochestre Besselieve au grand complet, sortit porté en triomphe.

            Un triomphe !

            On fut moins d’accord quand il s’agit de sous ! Les applaudissements n’emplissent pas l’estomac et le pauvre Tistet qu’il n’aurait pas de quoi mener la grande vie dans la capitale !

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Alors il reprit la route du Var.

Il s’arrêta quelques jours à Lyon pour se faire un peu d’argent, et il retourna ensuite à Draguignan.

En 1870 il était à la tête des Mobilisés du Var, puis à la Philharmonie des Arcs et là il donnait aussi quelques concerts dans les grandes villes de la Côte.

Il n’était guère mieux payé.

Il alla encore jouer du tambourin à Londres puis encore à Paris et encore pour l’Exposition Universelle (celle de 1878) toujours avec le plus grand des succès, mais comme il savait, maintenant, se méfier de tous ceux qui le flattaient, il ne faisait que des allers et retourset il rentrait vite chez lui.Chez lui, c’est vite dit ! Il n’avait pas le sou et comme on dit : « Pas d’argent, pas d’ami ! ».

Lui qui avait rêvé de gloire, qui avait cru monter les marches de la renommée, il tomba de haut !

Peu à peu il se laissa aller, d’abord dans son habillement puis dans sa tête. IL déraisonnait de plus en plus, il en voulait à tout le monde et était assez souvent grossier.Tant et tant que ses amis lui tournèrent le dos, même ceux des Arcs où il avait décidé de passer le reste de sa vie.

Il n’en eut pas le temps ; on l’enferma à l’asile des fous et il y mourut un mois plus tard, le 12 mai 1882, donc à quarante-neuf ans.

Mais ceux qui l’ont connu en gardèrent, finalement, que l’image du beau musicien qui, le premier a fait retentir en dehors de la Provence, le son enchanteur de son galoubet.

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