DIMARS 3 D’ABRIÉU 2018
Sant Richard
Ditado :
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Abriéu es de trento mai quand plóurié trento-un farié de mau en degun.
Avril a trente jours mais s’il pleuvait trente-et-un jours cela ne ferait à personne.
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Figo e sermoun à Pasco soun plus de sesoun.
Figues et sermons à Pâques ne sont plus de saison.
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Fau prene lou tèms coume es, l’argènt coume vèn e lei gènt coume soun.
Il faut prendre le temps comme il est, l’argent comme il vient et les gens comme ils sont.
Tèmo :
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Les poules dont les œufs par le bec.
Lei galino fan lis uou pèr lou bè. (c’est en mangeant que le poules font des œufs).
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Demain s’il fait beau nous irons nous promener.
Deman se fa bèu (tèms) anaren si proumena (s’espaceja).
Tèste d’Antounin CHAUDE de Touloun di Mèste Bartoumiéu
Antonin Chaude (Touloun - 1868 / La Seyne – 1956)
Foundadou e direitour de la Pignato et de l’Armana de la Pignato

IL LUI EN FAUDRAIT ENCORE UN
Madame Estroupanie venait de perdre son pauvre mari, le patron pécheur de la « Belle Mariette ».
L’enterrement venait à peine de partir du couloir de la maison où il habitait, rue de la Pomme de Pin, et la pauvre veuve se lamentait en hurlant avec des pleurs et des cris qui s’entendaient au dehors
- Ah ! mon pauvre Sidoine ! Dire que je ne te verrai plus. Toi tu t’en vas et tu me laisses toute seule. Que vais-je devenir sur cette pauvre terre ? A mon bon Sidoine ! Maintenant je suis une femme perdue. Je n’ai plus personne. J’aurai préféré cent fois partir la première !
Toutes les femmes du voisinage avaient la larme à l’œil. Elles faisaient ce qu’elles pouvaient pour la consoler.
- Soyez courageuse, disait l’une, maintenant il n’y a plus rien à faire.
- Ne vous tourmentez pas ainsi, ajoutait une autre, si vous continuez ainsi, vous allez tomber malade, et alors qui vous soignera ?
- Nous savons ce que c’est, disait encore une autre. Certaines plus, d’autres moins, chacune de nous est passé par ici.
-Tenez buvez ce bol de tilleul. Buvez-le bien chaud cela est bon pour le repos.
- Je ne veux rien criait la veuve.
- Laissez-la pleurer cela lui fait du bien.
- , Allez, dit la vieille Margoton, je vois que vous n’êtes pas toute seule, moi je n’en vais pour faire le déjeuner du petit. Voyez ma brave Estroupanie, soyez raisonnable et ne vous laissez pas aller. Soignez-vous bien et prenez patience.
- Que je prenne Patience ? dit la veuve en se méprenant sur ce que lui disait la vieille, et si Patience ne veut pas ?
- Mais patience n’est pas un homme ; je vous dis de prendre patience, c’est-à-dire de prendre courage. Vous avez cru que je vous conseillais de prendre à nouveau quelqu’un. ? Vous n’avez pas eu assez d’un homme, vous en voudriez encore un autre ? Cette garce, elle se marierait bien à nouveau !!
LA VIEILLE EN VOULAIT ENCORE PLUS
Madame Peloufet s’était remariée quatre fois, pas plus que cela, sainte Vierge !
Et devenue vieille, elle tomba à nouveau veuve et il lui prit encore envie de retourner cher monsieur le maire pour prendre à nouveau un homme.
Entre nous soit dit, il lui aurait fallu des coups de barre.
On ne parlait que de cela dans tout le Cul de Bœuf. Les mauvaises langues, et vous savez s’il y en a, ne se faisaient pas faute de faire la réputation de cette vieille décrépite et de lui casser du sucre sur le dos, que je ne vous dis que cela.
- Cette poufiasse, disait comme cela à son propos sa voisine madame Poutigne, ne lui faut-il pas à nouveau un homme ? Elle n’en a pas assez avec tous ceux qu’elle a eu ? Elle a déjà un pied dans la tombe, elle est au bout de sa vie et elle n’est pas encore rassasiée. Elle est bonne celle là ! Ce qu’il ne faut pas voir dans ce monde ! Elle crie à l’aide. Elle ferait mieux de recommander son âme à Dieu, maintenant qu’elle est au bout du rouleau.

Mais vous savez que l’on trouve toujours une bonne âme pour venir vous dire tout chaud ce que les gens disent de vous, surtout quand ce n’est pas pour vous flatter. Cela fut le cas pour madame Peloufet qui d’un bond, la bouche enfarinée et les poings fermés, fut chez madame Poutigne.
- Dites-moi un peu, lui dit-elle, qu’êtes-vous allée raconter sur moi ? Vous avez des reproches à me faire ? Est-ce je serais une fille de mauvaise vie parce que je me suis mariée quatre fois ?
- Pour cela, non, répondit madame Poutigne . Tout ce que l’on peut dire de vous c’est que toutes les fois qu’il vous fallait un homme vous alliez user les carreaux de la mairie.