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DIMARS 4 D’ABRIÉU 2017

 

Sant Isidor

 

Compléter en mettant les verbes au présent de l'indicatif :

Dins la cousino :   

Moun paire (durbi) …………  lou paquet, puei (pesa) …………   la bouano quantita de pasto, (pela) …………    puei lei liéume, (raspa) …………  lei pastenargo e (cousina) …………  un bouan plat.  Iéu (manja) …………   emé plesi ma sieto de pasto e de liéume, (béure) …………  d'aigo,  puei  (faire)…………  la terraio emé moun paire .

Dins la salo de ban :

Mama m'a demanda de m'óucupa de moun pichoun fraire. (lava)   …………   sa caro e sei man, (coueifa) …………   sei péu blound,  (estaca) …………lei courrejoun de sei soulié. Mai au moumen de parti, (pissa)  …………   dins sei braio.

En vacanço :

(èstre)  …………    en vacanço emé moun fraire e ma sorre, dins l'oustau de mei grand. (jouga)  …………     touto la journado. (coupa)  …………    de revisto publicitàri, (pega) …………  lei pichoun papié sus dei gràndei fueio. Moun fraire e ma sorre (escouta)  …………  souvènt la musico. Iéu (regarda)    …… pèr la fenèstro vo (legi) …………    un libre,  (escriéure) …………   tambèn sus moun caièr lei souveni de mei vacanço.

 

Corrigé

 

En maritime :

Dins la cousino :   

Moun paire duerbe lou paquet, puei peso la bouano quantita de pasto, pelo puei lei liéume, raspo lei pastenargo e cousino un bouan plat. Iéu màngi emé plesi ma sieto de pasto e de liéume, bèvi d'aigo, puei  fau la terraio emé moun paire .

Dins la salo de ban :

Mama m'a demanda de m'óucupa de moun pichoun fraire. Làvi sa caro e sei man, cóueifi sei péu blound, estàqui lei courrejoun de sei soulié. Mai au moumen de parti, pisso dins sei braio.

En vacanço :

Siéu en vacanço emé moun fraire e ma sorre, dins l'oustau de mei grand. Jougan touto la journado. Coupan de revisto publicitàri, pegan lei pichoun papié sus dei gràndei fueio. Moun fraire e ma sorre escouton souvènt la musico. Iéu regàrdi pèr la fenèstro vo liègi un libre, escrìvi tambèn sus moun caièr lei souveni de mei vacanço .

 

En rhodanien :

Dins la cousino :   

Moun paire duerb lou paquet, puei peso  la bouano quantita de pasto, pelo puei lei liéume, raspo lei pastenargo e cousino un bouan plat. Iéu mange emé plesi ma sieto de pasto e de liéume, beve d'aigo,  puei  fau la terraio emé moun paire .

Dins la salo de ban :

Mama m'a demanda de m'óucupa de moun pichoun fraire. Lave sa caro e sei man, couife sei péu blound, estaque lei courrejoun de sei soulié. Mai au moumen de parti, pisso dins sei braio.

En vacanço :

Siéu en vacanço emé moun fraire e ma sorre, dins l'oustau de mei grand. Jougan touto la journado. Coupan de revisto publicitàri, pegan lei pichoun papié sus dei gràndei fueio. Moun fraire e ma sorre escouton souvènt la musico. Iéu regarde pèr la fenèstro vo legisse un libre, escrive tambèn sus moun caièr lei souveni de mei vacanço .

LA VERNE

            Avez-vous remarquer qu’il existe dans les Maures deux cols de « Grataloup », un sur la RN 98, en haut de la traversée de l’ouest à l’est de la forêt domaniale du Dom, l’autre sur la D 25 qui relie Sainte-Maxime au Muy ?

Peut-être que vous êtes-vous demandés s’il y avait un rapport avec les bêtes sauvages qui autrefois effrayaient dans nos régions forestières où les loups aimaient se frotter contre une roche rugueuse ou des buissons épineux. Laissons aux spécialistes de la toponymie le soin d’éclaircir l’origine de ce nom qui s’avère être très ancien.

En effet, ayant lu que les moines de l’ancienne Chartreuse de la Verne possédaient autrefois un domaine de 3 000 hectares englobant précisément la forêt di Dom, nous avons lu les ouvrages relatifs à ce monastère et noté que, sur le cartulaire de 1220 f 23, à propos des limites de cette vaste propriété, on peut lire : « Nous descendons sur Rosamus en passant par la colline de Grataloup ». A une époque plus tardive nous relevons « Collem de Gratalops » » et nos cartographes modernes ont adopté « Grataloup » en tenant compte du langage et peut-être du fait que « lops » dérive du mot latin Lupus : Loup.

Quand nous avons étudié «  Le temporel des grandes Abbayes Provençales à Roquebrune » nous avons fait allusion aux difficultés d’installer par les Évêques de Fréjus et de Toulon un nouvel ordre religieux dans leur diocèse et nous disions qu’ils avaient autorisé la construction du Monastère de la Verne à la limite de leurs juridictions respectives et cela sans rencontrer d’oppositions ni d’objections de la part des seigneurs de la Mole.

C’est en 1170 que Monseigneur Frédol d’Anduse, évêque de Fréjus et Monseigneur Pierre Einardi ou Esnardi, évêque de Toulon signèrent les actes touchant la fondation d’une Chartreuse à la manière de celle de Montrieux (à Méounes) datant de 1117.

La construction a été rondement menée par le moines venus de la Grande Chartreuse située près de Voreppe (Isère) et le 3 octobre 1174 l’église du couvent fut consacrée à Notre-Dame, le premier prieur étant Dom Désiré.

La cession des terrains nécessaires se fit facilement, les seigneurs concernés estimant que cet endroit montagneux et escarpé était bon pour faire manger les chèvres.

Qu’en était-il réellement ?

Le site convenait admirablement à ceux qui venait y chercher la solitude et le recueillement au milieu d’un nature sauvage et magnifique.

 

D’un hauteur moyenne, entourée d’une forêt dense et d’un maquis impénétrable, un  éperon rocheux de surface triangulaire, à l’est une paroi dominant l’étroite vallée où coule la Verne.

Une source pure et inépuisable qui toute l’année donne de l’eau pure aux gens et aux bêtes.

Des hauteurs boisées atténuent les vent froids.

Les chênes et les châtaigniers abritent une riche faune variée : des oiseaux comme la frêle mésange, des oiseaux de proie, des reptiles sauf des vipères, des tortues, des crapauds et aussi des scorpions communs qu’on se gardait bien d’écraser car ils détruisaient les nuisibles.

A part les loups il devait y avoir d’autres vertébrés, des sangliers y habitaient.

Dans cet environnement idéal le monastère a connu cinq siècles de grandeur morale et de prospérité matérielle.

Les familles illustres aidèrent beaucoup et leurs accordèrent des privilèges. Tel Alphonse 1er d’Aragon à l’époque de son règne sur la Provence, Boniface de Castellane, Guy de Fos, Raymond de Forcalquier, Romée de Villeneuve.

Raymond Bérengier V, comte de Provence leur conféra le droit de haute et basse justice dans toute l’étendue de leur territoire.

Une exploitation forestière méthodique et le défrichage de quelques lopins où l’on pouvait cultive, six grandes fermes donnèrent un revenu important surtout en nature, ce qui permit aux religieux d’aider la population en période de disette.

L’ensemble du cheptel approchait les 1500 chèvres, une cinquantaine de vaches et deux taureaux, 306 ruches et des porcheries. De plus un haras de  25 à 30 bêtes situé sur la commune de Cogolin fournissait les chevaux indispensables.

Un feu de forêt attribué en 1271 à l’imprudence d’un charbonnier endommagea gravement quelques bâtiments. Ce ne fut pas le seul malheur. D’autre part des bandes de brigands , les combattants des guerre de religion et les contrecoups des désordres dans la province n’épargnèrent pas la Verne. En 1556 le prieur, Don Joachim de Bresenaud fut blessé d’un coup d’arquebuse qui a été  imputé à Pompée de Grasse, seigneur de Bormes. Celui-ci fut assassiné dans son château par les ligueurs du comte de Carcés pendant qu’on instruisait son procès.

En 1789 il y avait à la Chartreuse quinze pères et cinq frères convers. Les religieux refusèrent de prêter serment à la constitution civile du clergé. Six pères quittèrent l’ordre en 1791. Ceux qui sont restés ont subi des harcèlements, des privations et des menaces qui ont eu raison de leur résistance.

Leurs bien ont été confisqués et mis sous séquestre et, si la Nation leur avait promis à chacun une pension de 900 livres par an, elle fut payée mais irrégulièrement. De plus après une perquisition faite par un commissaire de Toulon, celui-ci emporta la petite réserve de 2 000  livres qui étaient les économies de la communauté. C’est ceci qui les décida à s’expatrier.

Une nuit de 1792, vêtus en paysans ils gagnèrent à travers bois la plage de Saint-Clair près du Lavandou, où des embarcations les attendaient pour les emmener à Nice, c’est-à-dire en Italie.

Tout fut vendu rapidement aux enchères comme bien national.

Deux acquéreurs différents de partagèrent la Chartreuse. Pour ce qui est de leur identité nous n’avons pas beaucoup de renseignements. On a dit qu’un d’eux était un monsieur Martin-Roquebrune qui devint maire de Saint-Tropez.

Au début de ce siècle, madame Alexandrine Demuth et la famille Garnier étaient propriétaires des bâtiments et ils y habitaient l’été. Madame Demuth qui a fait un album avec de fort beaux dessins des parties les plus intéressantes de la Verne et qui a multiplié des démarches qui ont abouti en janvier 1921 au classement par les monuments historiques. Quarante ans plus tard l’administration des Eaux et Forêts, en août 1968, en fait l’acquisition et en assure la garde. Le 16 janvier 1969 elle a consenti un bail de location à l’Association des Amis de la Chartreuse de la Verne qui s’est constituée dans le but de sauver ce qui reste debout.

Son siège est à la seigneurie de la Garde.

Mademoiselle Anne Englebert en est la présidente fondatrice.

Les subventions qu’elle obtient sont consacrées à la restauration, la consolidation et à l’aménagement.

Le 8 août 1975 monseigneur Brand évêque de Toulon es venu célébré dans le grand cloitre la première messe depuis près de 200 ans.

Ainsi Notre-Dame de la Verne reprend un peu vie.

Texte de J.J. Régis , adapté au provençal varois pas Émile Fabre de Roquebrune

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