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DIMARS 30 DE JANVIÉ 2018

 

Santo Martino

LA VERTU DES LÉGUMES

 

            La nature est une bonne maire pour le pauvre monde que nous sommes. Si nous connaissions tous les vertus des plantes, non seulement nous ne serions jamais malades, mais encore on deviendrait plus vieux que Mathusalem.

            Cela est parler pour ne rien dire, je le sais bien, et bien des fois, nous n’ignorons pas le bien qu’elles pourraient nous faire, mais nous n’en faisons même pas cas. Nous les laissons de côté pour courir chez le médecin. Celui-ci sait nous perturber le corps entier avec toutes sortes de médicaments du diable, en faisant une saignée à notre porte-monnaie.

Les légumes ont tout ce qu’il faut pour nous protéger du mal.

Pour parler d’un légume des plus communs que nous trouvons chaque jour sur la table, nous dirons beaucoup de bien sur la pomme de terre que l’on appelle aussi de différents noms comme celui de patate et que les savants du nord appellent : « parmentière ». Chacun sait qu’elle est la base du régime des diabétiques qui ne peuvent manger ni pain ni farineux.

On ne connait rien de meilleur que l’oignon qui fait uriner. Il y en a un certain nombre qui étaient atteints d’une maladie de la vessie, même grave, qui lui doivent une fière chandelle. Cuit sous la cendre, il n’y a rien de tel que l’oignon pour guérir les panaris, les furoncles et les abcès qui suppurent.

Dans le temps l’ail faisait merveille contre la peste et le choléra. À l’heure actuelle, heureusement, nous sommes quasiment protégés de ces affections.  L’ail nous rend pas moins des services. Il attise l’appétit, chose qui se remarque principalement quand nous mangeons l’aïoli. C’est un remède souverain contre l’asthme et surtout contre les vers. Les nourrices cependant doivent s’en passer car il fait tourner le lait et donne des coliques au poupon.

La carotte est assez laxative. Le bouillon de carottes se donne pour les maladies du foie. En infusion, dans du lait et du miel, elle guérit de la toux, le rhume et soulage l’asthme. Les carottes râpées, employées en cataplasme, calment les brûlures, les dartres, les panaris, les furoncles.

Le poireau est très recommandé pour uriner. C’est un légume sain, il rafraichit, mais il n’est guère nourrissant. On en fait des onguents pour le panaris en les préparant de cette façon : Dans un papier mouillé, faites cuire dans la cendre chaude, pendant vingt minutes, le blanc d’un gros poireau. Ensuite écrasez-le avec un petit morceau de graisse de porc. Appliquez ce mélange en guise de cataplasme sur le mal et renouvelez-le toutes les six heures jusqu’à complète suppuration.

Les lentilles et les épinards sont également laxatifs et de plus très nourrissants. On les recommandent aux anémiques pour leurs principes fortifiants et surtout ferrugineux. On dit de l’épinard qu’il est le « balai de l’estomac ».

Les graines de potiron ou de courge verte son la panacée pour le ver solitaire.

Les tomates vous enlèvent les aigreurs d’estomac et fouettent le sang.

L’asperge est un calmant du cœur, mais ici il fait faire attention. Bien des fois ce qui fait du bien pour une chose, fait du mal pour une autre. En ce qui concerne l’asperge il faut n’en faire usage que si vous avez les reins solides et la digestion facile, sinon passez-vous en.

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