DIMARS 29 DE MARS 2016
SANT SIST (Siste)
Ditado :
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Tout ce que brando toumbo pas.
Tout ce qui branle ne tombe pas.
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Espères pas la set pèr tira l’aigo dóu pous.
N’attends pas la soif pour tirer l’eau du puits.
Point de grammaire :
Attends la soif pour tirer l’eau du puits = Espero la set pèr…
N’attends pas la soif pour tirer l’eau du puits = Espères pas la set pèr… (utilisation du subjonctif présent pour l’impératif négatif)
Attendez la soif pour tirer l’eau du puits = Esperas la set pèr…
N’attendez pas la soif pour tirer l’eau du puits = Esperés pas la set pèr… (utilisation du subjonctif présent pour l’impératif négatif)
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Quouro bate la tremontano, intro dins la tano.
Quand la tramontano souffle, entre dans ta tanière.
Tèmo :
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Elle n’a plus déménagé depuis trente ans.
Une solution est : Fa trento annado qu’a plus fa sant-miquèu.
Mais il est préférable d’écrire : A resta trento an de faire sant-miquèu.
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Si le ciel tombait beaucoup d’oiseaux serait pris au piège.
Une solution est : Se lou cèu toumbavo fouarço aucèu sarien pres au quicho-pèd (à la leco).
Mais il est préférable d’écrire : Lou cèu toumbèsse fouarço aucèu sarien pres au quicho-pèd (à la leco).
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La partie fut bien longue et à la fin ils durent s’avouer vaincu.
La partido fuguè proun longo e fin finalo deguèron crida sebo (duguèron manja de favo)
JOURNADO DE FIN D’ESTIÉU
Si sian leva à Ia pouncho dóu jourçavo just de blanqueja darnié Teioun. La Palud, encafournado dins sa coumbo, estavo dins lou sourn e la fresquiero.
Proumié lou bestiàri. Fa béure Poulet nouastre muou. Ana dins la feniero pèr fa cala de fen dins la grùpi. Un pau de civado mai pas tròup : acò escaufo. Mena la soupo ei chin, li durbi. Vueja lou peiròu dins lou bachas dei pouarc ; acò ti peso un crìstou.Chapla lei bledo-rabo pèr lei cabro. Ana au jas pèr gouverna : li a que leis anouge mai pamens fau quàsi uno ouro. Ana au planet pèr sega un linçoulas d'erbo pèr lei lapin. Bandi lei cabro. Manda quatre pougnado d'òrdi ei galino e li durbi.
Si lavon un pau à la fouant. Si rason emé soun lèvo-péu en si bidoursejant davans un mirau gros coumo un sietoun, fica tròup bas. Engoulisson à la lèsto uno jato de soupo blanco que li floutejo douas fueio de baguié.
Dardaio lou soulèu Atalon Poulet. Encuei es la tirasso : mountan à Emprès pèr derraba lei trufo. Partèn à la filo darnié Poulet e la tirasso. MarcAtalon Poulet. Encuei es la tirasso : mountan à Emprès pèr derraba lei trufo. Partèn à la filo darnié Poulet e la tirasso. Marchan tres-quatre kiloumètre sus un camin de pèiro foundu pèr lei chavano que mounto, que viro, que raspaio. Sian enfin sus la plano. Dóu còup, coumenço lou balèti dei bechard. Mourdassado dóu soulèu, estoufado, lei mouissolo, lei tavan.
Miejour. Acò s'arrèsto. Souto uno sourbiero, si manjan de lesco d'un pan biset, uno cebo, un trouas de ventresco, un froumage de cabro que s'estello coumo un frejau. Si bevèn uno aigo que semblo que gisclo dóu paradis talamen la trouvan frejo. Bevèn au couale dóu fràscou pausa sus lou bras replega, un det passa dins la maneio. Puei un autre paradis : lou carrat de chicoulat que li pantaian despuei de-matin. Lou Ieissan si foundre sus la lengo au mai d'aise que si pòu.
Puei la sièsto souto la sourbiero.
Douas ouro : Leoun si lèvo. Tóutei fan parié e acò repren. Lei drole travaion peréu. Amoulounon lei trufo que metran puei dins de saco. Élei si fan lou goustaroun à quatre ouro.
Angelo s'en va avans leis autre pèr ana prepara la soupo
Quand lou soulèu s'acato, cargan tout e calan sus La Palud. Leoun e Marcèu dèvon teni la tirasso emé de couardo.
Sian rendu. Estavani. Fau enca detala, tout ranja, gouvernacoumode-matin,preparala bacado dei pouarc pèr deman. Angelo móuse lei cabro, passo lou la, lou presuro.
Deman, li sian mai.
Erian pas plus malurous que leis autre. E puei sabian pas qu'acò si poudié faire autramen.
JOURNÉE DE FIN D’ÉTÉ
Nous nous sommes levés à la pointe du jour. Il commençait juste à blanchir derrière le Teillon. La Palud, blottie dans sa vallée, restait dans l’obscurité et la froidure
D’abord les bêtes. Faire boire Poulet notre mulet. Aller dans le fenil pour faire tomber du foin dans la mangeoire. Un peu d’avoine mais pas trop : cela excite. Apporter la soupe aux chiens, leur ouvrir. Verser la marmite dans l’auge des porcs ; cela père une tonne. Hacher les betteraves pour les chèvres. Aller à la bergerie pour soigner les bêtes : il n’y a que les agneaux de l’année mais cependant il faut presque une heure. Aller sur le plateau pour faucher un drap d’herbe pour les lapins. Lâcher les chèvres. Envoyer quatre poignées d’orge aux poules et leur ouvrir.
Ils se lavent un peu à la fontaine. Ils se rasent avec leur coupe-chou en se tortillant devant un miroir gros comme une soucoupe fiché trop bas. Ils engloutissent à la hâte une jatte de soupe au lait où flottent deux feuilles de laurier.
Le soleil cogne. Ils attèlent Poulet. Aujourd’hui c’est le traîneau : Nous montons à Emprès pour récolter les pommes de terre. Nous partons à la file derrière Poulet et le traîneau. Nous marchons trois-quatre kilomètres sur un chemin de pierre ravagé par les orages qui monte, qui tourne, qui glisse. Nous sommes enfin sur le plateau. Cette fois commence le ballet des houes. Morsure du soleil, transpiration, les moucherons, les taons.
Midi. Cela s’arrête. Sous un sorbier, nous mangeons des tranches de pain bis, un oignon, un morceau de ventrêche, un fromage de chèvre qui se casse comme un silex. On boit une eau qui semble gicler du paradis tellement nous la trouvons froide. Nous buvons au col du flasque posé sur le bras replié, un doigt passé dans la l’anse. Puis un autre paradis : le carré de chocolat dont nous revons depuis le matin. Nous le laissons fondre sur la langue aussi doucement que l’on peut.
Puis la sieste sous le sorbier.
Deux heures : Léon se lève. Tous font de même et cela reprend. Les jeunes garçons travaillent également. Ils entassent les pommes de terres qu’ils mettront ensuite dans de grands sacs.
Angèle s’en va avant les autres pour aller préparer la soupe.
Quand le soleil baisse, nous chargeons tout et nous descendons sur la Palud. Léon et Marcel doivent tenir le traîneau avec des cordes.
Nous sommes fatigués. Fourbus. Il faut encore dételer, tout ranger, s’occuper des bêtes comme le matin, préparer la pâtée des porcs pour demain. Angèle trait les chèvres, passe le lait, l’emprésure.
La nuit est là. Nous avalons la soupe puis nous nous jetons sur la paillasse, ivres de fatigue.
Demain nous serons encore à l’œuvre.
Nous n’étions pas plus malheureux que les autres. Et puis nous ne savions pas qu’il pouvait en être autrement.
LA VIÈIO
D'ounte veniéaquesto vièio ? Avié ges de pitanço. Noun sabié ounte dourmi. Degun la voulié fa gousta. Degun la voulié fa intra au siéu. Fin finalo, uno pouarto si durbè : aquelo d'uno famiho de pacan. La mai pauro.
La fan si rescaufa davans la cheminèio. La fan manja à sa taulo.La leisson s'empaia dinssa feniero.
Dins la nue, la vièio lei deveio tóutei. Lei meno sus lou pue quecoumandoloupaïs. Coumenço de plòure. Lèu-lèu si vei qu'es lou delùvi.
Lou jour a fini pèr si leva : l'aigo a tout rascla, a tout embala, a nega bestiàri e gènt. Tóutei. Soulet soun encaro viéu, lou pacan e sa pauro famiho. La vièio a despareissu.
LA VIEILLE
D'où venait cette vieille ? Elle n’avait rien à se mettre sous la dent. Elle ne savait pas où dormir.Personne ne voulait la faire manger. Personne ne voulait la faire rentrer chez lui. Finalement une porte s’ouvrit : celle d’une famille de pauvres gens. La plus pauvre.
Ils la font se réchauffer devant la cheminée. Ils la font manger à leur table. Ils la laisse se coucher dans le fenil.
Dans la nuit, la vieille les réveille tous. Elle les mène sur l’éminence qui domine le pays. Ils commence à pleuvoir. Très vite on voit que c’est le déluge.
Le jour a fini par de lever : l’eau a tout raclé, elle a tout emporté, elle a noyé bêtes et gens. Tous. Seuls sont encore vivants, le gueux et sa pauvre famille. La vieille a disparu.
Daniel Daumas