DIMARS 29 DE MAI 2018
Sant Eimar
Ditado :
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Quouro lou soulèu s’en va lou mèstre es paga.
Quand le soleil s’en va le maître est payé.
Tèmo :
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C’est la maison dont nous parlâmes la semaine passée.
Es l’oustau que n’en parlerian la semano passado.
Gramatico : les différentes significations de « que » en provençal
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Que peut signifier qui : tu que sabes lou secrèt (toi qui connais le secret)
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Que peut signifier que : la banano que màngi (la banane que je mange)
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Que peut signifier dont : l’armàri que n’ai perdu la clau (l’armoire dont j’ai perdu la clé)
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Que peut signifier à qui : l’ome que li prestèri ma veituro (l’homme à qui je prêtai ma voiture)
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Que peut signifier auquel ou à laquelle : la sesoun que tu penses (la saison à laquelle tu penses)
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Que peut signifier à quoi : acò que li sounjan (ce à quoi nous pensons)
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Que peut signifier où : la draio que li caminan (le sentier où nous marchons)
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Que peut signifier car : màngi plus qu’ai plus fam (je ne mange plus car je n’ai plus faim).

LA MESSE DE COURTHÉZON
Il y a de cela quelques années, un dimanche de quinze août, nous nous mettions en chemin, de bon matin, pour aller nous reposer, là-haut, en Ardèche. De plus, comme ce jour de Notre-Dame d’Août est fête obligatoire et qu’il ne faut pas manquer la messe, à la première église, le long du chemin, qui se trouva à la bonne heure, nous nous arrêtâmes pour l’entendre.
Cela fut à Courthézon où nous étions un peu avant huit heures. Le bedeau, venait de sonner au clocher, le deuxième appel. Cela faisait notre affaire.
— Je vais à la messe avec le petit, m’avait dit ma femme, et toi, pendant de temps là tu prendras ton petit déjeuner.
— Soit.
Et chacun alla de son côté.
J’achetai un morceau de pain, un peu de cervelas, et je m’en allait au café de la place pour faire glisser le tout avec un verre de Châteauneuf, car Châteauneuf et Courthézon se touchent, vous le savez, comme cul et chemise.
Une heure passe, une heure et demie, deux heures : pas de femme et pas plus d’enfant ! Cependant, ils ne peuvent pas s’être perdus, me dis-je, dans Courthézon ! Et je demandai au cafetier comment faisait-il que cette messe de huit heures soit aussi longue.
Celui-ci me regarde d’une drôle de façon.
— Pourquoi, me dit-il ainsi, vous attendez peut-être quelqu’un qui avaient de gens à voir, là-haut, au Paradis ?
Heureusement que j’étais assis ! Cependant je voulus savoir ce qu’il avait ainsi voulu dire, et, après avoir rempli deux verres de Châteauneuf, voici ce qu’il me conta :
À Courthézon, il y a bien longtemps, vivait le seigneur Bertrand avec son épouse la Bertrande, bien plus jeune que lui. Ainsi comme cela arrive parfois, lui ne voyait pas grand chose et elle en faisait un peu plus !
Un jour Bertrand dut partir pour la Croisade, tout là-bas en Palestine. Cela est un sacré voyage ! cela lui faisait mal au cœur de quitter sa Bertrande, mais il fallut cependants’en aller en laissant château et épouse.
Ce qui fit Bertrande pendant que son seigneur guerroyait là-bas, je le garde encore pour moi. Cela dura, d’ailleurs, des années ; tellement, que quand il revint, la Bertrande, la pauvre, était morte et enterrée.
Le seigneur était désespéré ! S’être en allé ainsi, sans avoir cueilli seulement les derniers soupirs de sa mie, de sa tant bonne, de son tout !
Sans-arrêt il était à l’église en demandant au curé qu’on lui rende sa Bertrande. Tellement qu’un jour le curé lui dit :
— Écoute-moi Bertrand ! C’est demain Notre-Dame d’Août où la Vierge ne refuse rien à ceux qui sont en peine. Cette nuit tu viendras te confesser, puis demain à la messe de huit heures, je te bénirai, et dès que la messe commencera, tu monteras là-haut au ciel. Mais oublie pas de revenir, cependant, pour la fin de la messe !
Ainsi fut dit et ainsi fut fait. Bertrand, sur les huit heures, monta au Paradis, et le curé de Courthézon commença sa messe.
Tout là-haut, que fait Bertrand ? N’ayant pas pu trouver sa femme au paradis pas plus qu’au Purgatoire, il était, à ce moment là arrivé en Enfer, en cherchant effrayé. Et là il vit un endroit où les femmes en rang, nues jusqu’aux hanches, passaient tour à tour devant des démons qui leur plantait dans le dos une épine d’acacia… Vous avez, ces épines pour sortir les escargots de leur coquille…
Et alors, comme de ces épines, certains en plantaient une, certains deux, certains trois, certains plus, le pauvre Bertrand demanda au chef des démons ce que cela signifiait.
Le porteur de cornes lui expliqua que c’était le châtiment des femmes qui avaient trompé leurs maris. : une fois, une épine : deux fois, deux épines ; trois fois, etc.
— Oh, alors, s’écria Bertrand, pas besoin de chercher ici ! Cela n’est pas pour elle !

— Et comment s’appelle ta femme ? lui demanda un des diables.
— Bertrande.
— De Courthézon ?
— De Courthézon…
— Alors tu la trouveras du côté des cuisines.
— Saint femme ! dit Bertrand, même damnée et brulée, elle trouve encore le temps de travailler pour ceux qui la persécutent !
— Non pas ! c’est autre chose ! corrigea le démon. Aux cuisines on se sert de son dos pour râper le fromage.
D’entendre cela, la pauvre tomba raide à la renverse dans l’allée et ils n’eurent plus qu’à l’envoyer dans le brasier, d’un coup de fourche.
Mais en bas à Courthézon, le pauvre curé disait toujours sa messe. Deux fois il l’avait recommencée, et Bertrand ne descendait jamais… C’est depuis ce temps que la messe du quinze août est si longue à Courthézon ; ils attendent toujours que Bertrand redescende du ciel.
Fourtuné DONNET
