DIMARS 28 DE NOUVÈMBRE 2017
Sant Jaume de la Marcho
Ditado :
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Lei grand larroun pèndon lei pichoun.
Les grands larrons pendent les petits.
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De Toussant eis Avènt jamai tròup de pluieo ni de nèu.
De la Toussaint à l’Avent jamais trop de pluie ni de neige.
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Pèr santo Catarino l’òli es dins l’óulivo.
Pour sainte Catherine l’huile est dans l’olive.
Tèmo :
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La langue n’a pas d’os mais elle en fait rompre.
La lengo a pas d’ouas mai n’en fa roumpre.
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Qui veut bien juger doit bien écouter.
Qu vòu bèn juja dèu bèn escouta.


LE RUGBY TOULONNAIS
Je ne sais pas si vous êtes un passionné du sport ! Moi, pauvre de moi, je ne le suis plus ! Un France il y a beaucoup d’endroits où on l'est pour le football mais, à Toulon, nous, nous le sommes pour le rugby. Et cela ne date pas d’hier ! Au début du vingtième siècle, les amateurs de retrouvaient à l’Escaillon, au stade de la Marquisanne jusqu’au jour où le fameux chanteur Félix Mayol leur fit cadeau du beau stade que nous avons maintenant en pleine ville et qui porte son nom.
Dans ce temps là le public en connaissait toutes les vedettes qui étaient quasiment tous des Toulonnais de souche. Un des plus anciens, dont on a beaucoup parlé, s’appelait Lafontan, qui a donné son nom à une tribune du stade. Je ne l’ai pas connu mais on m’a dit qu’il portait toujours un béret sur la tête. Il lui arrivait d’envoyer ce béret avec force sur le côté, faisant croire aux joueurs d’en face, que c’était le ballon qu’il envoyait et alors ils partaient du mauvais côté. A partir de cela il fut interdit aux joueurs de porter un couvre-chef.
Mon oncle qui ne vivait que pour le rugby, même si son ventre l’a toujours empêché de courir, me mena jeune suivre les rencontres, ainsi je me souviens d’en avoir vu jouer quelques uns de la grande équipe qui fut championne de France en 1931. Je me souviens de Hauc qui n’avait pas de cou, ses épaules partaient des oreilles. Je l’ai vu, une fois, aller marquer un essai avec trois de l’autre équipe sur le dos. Rien ne pouvait l’arrêter ! Il y avait aussi Baillette, Couadou et d’autres.
Ceux qui sont venus après je les ai mieux connus. Ils étaient tous de Toulon, sauf un « étranger », Capitani qui venait, lui, de Carqueiranne ! Il y avait les Bonnus, une famille très nombreuse qui donna une foule de bons joueurs, les Herrero qui sont toujours là, André qui tient son restaurant sur le Port, Daniel, le barbu que nous voyons de temps en temps à la télévision, Laugier qui était dans la police, Gruarin qui, à la fin, tenait son magasin de sport au bas du Cours, et j’en oublie !
Chabout, qui pour tous était « La Chabe » quand il arrêta de jouer devint soigneur. Quand un de ses joueurs restait sur le terrain, les bras en croix, il arrivait avec son seau d’eau et donnait quelques coups d’éponge au malheureux qui, soudain, se dressait et repartait au jeu. Un jour quelqu’un lui demanda : « Mais qu’est-ce que tu y mets dans ton seau pour les guérir de la sorte ? — Qu’est ce que tu veux que j’y mette, lui répondit La Chabe, du pastis, bien entendu ! »
Il y avait aussi Ange Siccardi qui, dans la vie, était marchand de pommes de terre. En gros, pas au kilo, sur le Cours ! Il a laissé également son nom dans la boxe. Quand il partait avec le ballon vers la ligne d’essai, personne ne pouvait l’arrêter… sauf un jour où il tapa de la tête contre un poteau et qu’il quitta le jeu sur un brancard, sous les applaudissements du public. Mais lui, le pauvre il ne les entendait pas ! De ce jour, sur tous les terrains de jeu, les poteaux portent, à hauteur d’homme, un bon matelas d’étoupe.


Je me souviens aussi que, dans les années cinquante, ils avaient fait venir d’Italie un grand gaillard, qui faisait ses cent-sept kilos, avec des cuisses comme des jambons de Parme. Une force de la nature. Il s’appelait Battaglini. Quand il tirait un coup franc du milieu du terrain le ballon passait au-dessus des poteaux… malheureusement il passait aussi à côté des poteaux. Il était un peu fainéant. Parfois quand la mélée n’avançait pas, que le ballon n’en sortait pas, on entendait un cri et, d’un coup, les huit Toulonnais bousculaient l’autre équipe. C’était le joueur qui était derrière Battaglini qui lui avait envoyé un coup de dents dans la cuisse.
Et il y avait le public. Toujours les mêmes au même endroit. On se connaissait tous. Un bon public, passionné et respectueux. Un jour qu’un joueur adverse allait tirer un coup franc, un, prés de nous, se mit à siffler. Cela ne se faisait pas, alors ! Tous nous lui fîmes des reproches. Un qui était à mon côté lui cria : « Tu ferais mieux d’aller payer ton tailleur qui n’a jamais vu les sous de ton costume ! ». L’homme ne tarda pas pour changer de place !
Il y en a un, aussi, qui, une année que l’équipe ne marchait, pas nous dit : « Moi, j’en ai assez ! Dorénavant j’irai à Bon-Rencontre voir le football ! ». En effet de quelques dimanches nous ne le vîmes plus. Un jour il revint. Comme ses amis se moquaient de lui, il dit : « Ne m’en parlez pas. Non seulement les joueurs sont des « manchots » mais le public est muet. De Bon-Rencontre (qui est de l’autre côté de la ville), non seulement personne ne disait mot, mais je vous entendais crier à Mayol ».
En 1948, nous sommes allés à Toulouse pour la finale contre Lourdes. Le matin, sur la place du Capitole, on voyait des Toulonnais, tous amis, même ceux qui ne s’étaient jamais vus. Il y en a un qui avait une grosse cloche. Elle était très lourde mais tous ses amis lui donnèrent un coup de main. Malheureusement Toulon fut battu. Nous en avions le cœur gros et l’homme a du ramener la cloche tout seul. Personne ne l’a aidé !
Voilà quelques souvenirs qui je vous ai dit comme ils me sont venus. Mais je pense aux jeunes de maintenant. Ils ne pourront pas le faire, eux. Comment voulez-vous retenir le nom de joueurs d’aujourd’hui ? Ils sont tellement longs qu’ils ne rentrent plus sur une carte de visite.
André BERNARD