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DIMARS 28 DE JANVIÉ 2020

                    

 

Sant Toumas d’Aquin

 

 

Ditado :

 

  • Pau parla e pau manja, à degun pòu daumaja.

Peu parler et peu manger ne peut nuire à personne

 

 

Tèmo :

 

  • Il faut garder les filles comme le lait sur le feu.

Fau garda li fiho coumo lou lach au fue.

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POUR BIEN TERMINER

 

            Voilà nos Cuersois, ni plus ni moins hurluberlus que les gens des autres endroits, au contraire plutôt dégourdis pour tromper de plus malins qu’eux. Et cependant Cuers est fier de ses trompe-couillons, et principalement de Tony Daups qui passait pour en être le roi. Gisclet du Puget seul pouvait l’égaler. Longtemps on ne put dire qui des deux l’emportait sur l’autre, jusqu’au jour où devant une noble compagnie, formée de six Pugetois et de six Cuersois, les deux farceurs réunis firent leurs tours, débitèrent leurs sornettes, leurs fariboles. Après plus de deux heures, le jury ne put proclamer qui avait gagné .

            Alors Daups dit :

            – Maintenant, nous avons assez fait preuve de gens d’esprit : nous allons voir celui qui fera le plus beau tour de couillon. Je commence :

Et il se tourna vers Gisclet. Celui-ci en resta interdit. Et Cuers eut un rayon de plus à son étoile.

 

Ma petite fille Christiane me demandait un jour :

– Où es-tu né, grand-père ?

– À Cuers.

– Près de Pierrefeu ? Tu n’as pas peur que le voisinage déteigne ?

– Peut-être bien, petite, peut-être que le soleil comme à tant d’autres m’a fait péter un câble. C’est que chacun, ici-bas, a son bâton de folie, certains plus long, certains plus court.

Tous nous sommes un peu fous… L’un veut changer le visage de la terre avec ses opinions politiques, un autre veut redresser les bossus et faire marcher droit les boiteux. Et cependant tout le monde n’est pas de Cuers, voisin de Pierrefeu.

Mai j’ai louangé Cuers et ses couillons parce que Cuersois je suis et couillon aussi. Je ne me fâché pas si on m’en traite, pas plus que de mange-ânesse, car mange-ânesse et le surnom des gens de mon village.

D’où vient-il ? De ce qu’en 1851 les blancs du pays firent manger en guise de gras-double, un tablier en peau d’âne au maire du village. Donc Cuersois, couillons et mange-ânesse ne font qu’un.

– Et de cela tu en es fier ? me demanda-t-elle ?

– Oui, ma belle, j’en suis orgueilleux, et tellement que je ferai imprimer sur mes cartes de visite :

Gabriel Trotobas

Cuersois

Couillion

 et Mange-ânesses

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À l’ECOLE

 

         Il y a une quarantaine d’année, même dans les petites villes de la côte, on trouvait encore de petits paysans qui venaient à l’école dans bien comprendre le français, étant donné qu’ils parlaient tout le temps provençal avec leurs parents.

–Je veux aller pisser.

La maîtresse se retourna et vit le petit Isidore debout à son banc, faisant la moue et bougeant d’un pied sur l’autre.

– Ho ! Ce n’est pas ainsi que l’on parle à l’école. Il fait dire : « Madame, est-ce que je peux aller au cabinet ? »… Enfin pour cette fois ça peut aller.

C’est bon ; le garçon descende l’escalier… Un petit moment après, par hasard, la maîtresse regarde dans la cour, et que voit-elle ? Le petit qui pissait contre un platane, quasiment sous la fenêtre du bureau du directeur… Quand Isidore revint, la mine satisfaite, elle attrapa l’écolier.

– Mais, et les cabinet alors ? Tu ne les as pas vu près de la porte de l’école ?

–Oh ; nous-autre, lui dit le garçon, à la ferme, nous allons toujours contre le figuier, pour pisser.

Quelle affaire ! il n’y avait pas de figuier à l’école ; mais le platane pouvait en faire office. Cette fois la maîtresse ne trouva rien à redire.

 

Paul ROUX

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LA BOUTEILLE DE VIN VIEUX

 

            Monsieur de Sainte-Merlusse, qui fréquente les gens de la haute, fait servir son homme à tout faire Petit Jean à table quand il y a du monde à déjeuner. Petit Jean est un bon fermier, mais il n’a guère de manières ; et pour servir les messieurs, certes, il n’aura jamais la dextérité.

Un jour de grand déjeuner, son maître l’envoie à la cave, chercher une vieille bouteille, cachée depuis des années, tout ce qui restait du fameux Châteauneuf… Petit Jean entre nonchalamment et met le trésor sur la table, sans respect.

– Tu ne l’as pas remuée ? Lui dit monsieur de Sainte-Merlusse.

– Ah ! non, monsieur, je ne savais pas. Mais cela n’est pas difficile.

Il attrape la bouteille et le met à la secouer des deux mains, en soufflant comme un bœuf, pendant que monsieur de Sainte-Merlusse tombe évanoui d’effroi.

Auguste MARIN (Tiré du journal l’Araire 1937)

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