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DIMARS 27 DE NOUVÈMBRE 2018

 

Sant Severin

 

Ditado :

 

  • Tròup de pebre gasto la sausso.

Trop de poivre gâte la sauce

 

  • Jamai safran a gasta sausso.

Jamais le safran ne gâté une sauce.

 

  • Tóutei lei mestié que fenisson en « ié » veiran lou Crist que pèr darrié.

Tous les noms de métiers qui finissent (en provençal) par « ié » ne verrons le Christ que par derrière.

 

  • Lei mestié en « aire » noun valon gaire.

Les métiers en « aire »(en provençal) ne valent pas grand-chose.

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LA CONSULTATION

 

Tous les étés, c’était surprenant, Michel devenait morose.

Il faisait une moue de bossu. Il prenait un air maussade. Il ne disait plus un mot et se cachait pour s’enivrer. Il fuyait les amis, cela n’était pas clair : lui le boute-en-train, l’amuseur, l’homme le plus joyeux de toutes les réunions

Cela ne pouvait pas durer. D’une manière ou d’une autre, il fallait le tirer de là, tellement ça me crevait le cœur de la voir ainsi.

Le rencontrant un jour, je voulu lui tirer les vers du nez. Il ne voulait rien dire, il faisait semblant de ne pas comprendre. Je lui parlai d’une chose, il me répondait à côté. À la longue je fis tant et plus qu’il se laissa aller.

- Ce que j’ai ? Tu ne le sens pas ?

- Non.

- Tu n’as guère de flair, alors. Je vais tout te dire. Je suis un gros malheureux. Je

sue des pieds, à un point…C’est pour moi une infirmité qui me ronge. Je mouille tellement de chaussettes que ma femme ne peut plus fournir. J’ai tout essayé pour me guérir, rien n’y a fait. Je ne sais plus à quel saint me vouer.

- Écoute, lui dis-je, je vais te donner un bon conseil : Il y a à Hyères un médecin  qui est formidable.. Il guérit les maladies de toute sorte. Vas le voir. C’est certain que tu en reviendras comme si tu n’avais jamais rien eu de toute ta vie.

Cela ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. Michel prit le train et alla sonner chez ce fameux médecin que chacun adulait.

C’était un homme d’un certain âge, très grand, qui portait une redingote noire boutonnée du haut en bas jusqu’aux mollets. Sa figure en lame de couteau vous coupait en deux. Il n’avait pas l’air de mourir de rire.

Quand Michel eut raconté toute son histoire, le médecin lui dit :

- Passez dans mon cabinet à côté et déshabillez-vous complètement.

Le pauvre fit, non sans émoi, ce qu’on lui avait dit de faire. Il se déshabilla et, pendant un moment, attendant le médecin qui se faisait attendre, il se regardait dans le miroir, nu comme Adam avant le péché.

Il avait l’esprit troublé, dans l’ignorance du traitement qui allait lui être fait.

À la fin, le médecin parut à la porte. Se plantant devant lui, il le toisa des pieds à la tête d’un air sévère. Puis, tout doucement il tourna autour de lui, le regardant toujours gravement en le fixant des yeux. Cela recommença au moins vingt fois.

Michel, en qui l’inquiétude grandissait se disait :

- Tonnerre de Dieu : qui sait ce qu’il va me dire ? Nous ne sommes pas encore au dénouement ! J’aimerais mieux être  à la buvette en train de boire un coup.

Comme il se faisait ces réflexions, il vit le médecin qui sortait un sifflet de deux sous de sa poche.

- Mon Dieu ! se dit Michel, que diantre va-t-il faire avec cela ?

Sans dire un mot, le médecin recommença à tourner autour de lui, en sifflant. Et vas-y de tourner et vas-y de siffler et de tourner encore toujours en sifflant.

Cela dura tant, qu’à la fin Michel senti la moutarde lui monter au nez.

À la fin il finit par dire :

- Vous n’avez pas fini de me tourner autour ? Vous m’avez séché les pieds.

- Si je vous ai séché les pieds, répondit le médecin, alors vous êtes guéri. C’est vingt francs et pas un sou de moins. Vous savez cette consultation m’a fait suer.

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LES DEUX CAS

 

            Monsieur Portisson est, comme chacun le sait, un mauvais médecin, mais il a cependant une grosse clientèle dans le quartier vieux.

            La semaine dernière, madame Rampeau l’envoya chercher pour son mari, un pêcheur, qui avait une grosse fièvre.

Le médecin vint et se mit au chevet du malade pour lui tâter le pouls et l’ausculter, devant, derrière ; puis il lui dit :

– Ça ne va pas , pas vrai ?

– Non, allez, dit le malade, j’ai des frissons.

– Qu’est-ce qui vous fait mal ? fit le médecin.

– Tout répondit le pêcheur, je me sens tout brisé.

– Cela ne sera rien, dit monsieur Portisson pour lui donner du courage, mai sur le pas de la port, en s’en allant, il dit à sa femme. Votre mari ne va pas bien. Pour moi il est perdu. Vous pouvez lui donner ce qu’il vous demandera.

Toute émue, madame Rampeau revint vers le malade, larmoyante.

– Quoi, lui dit-elle, que veux-tu que je te donne, mon beau ?

- Donne-moi des haricots, j’en mangerais volontiers.

Pour suivre l’ordonnance du médecin, madame Rampeau fit cuire une marmite de haricots, elle les garni bien, et son mari, gros gourmand, les acheva comme glouton, un goinfre qu’il était.

Le lendemain il était guéri.

Quand le médecin vint, il dit à la femme :

- Et votre mari, il est mort, le pauvre bougre ?

– Mais pas du tout répondit madame Rampeau, il est guéri. Il est gai comme un pinson. Il se rase dans la cuisine.

– Elle est bonne celle-là !! Et… que lui avez-vous donné ?

– Mais j’ai fait ce que vous m’avez dit. Il m’a demandé des haricots et je lui en ai fait cuire une grosse marmite qu’il mangé entièrement.

– C’est un peut fort !! dit le médecin en s’en allant.

Comme il sortait de la maison, il rencontre l’enfant de monsieur Pistachou, un batelier qui habite au-dessus du port, qui venait le chercher pour son père qui avait la même maladie que monsieur Rampeau. Le médecin arriva comme un coup de mistral ;

– Allez, dit-il à la femme du malade, cela n’est rien, le remède est simple : donnez à votre mari une bonne platée de haricots et demain vous verrez qu’il n’aura plus rien.

Toute excitée d’une telle guérison rapide, madame Pistachou fit manger à son mari cette ordonnance.

Deux heures après, le pauvre trépassait. Il était mort tout gonflé

Le lendemain le médecin vint tout joyeux et demanda :

– Comment va le malade ? Il va mieux ? Peut-être est-il sorti pour prendre le soleil sur le port ?

– Non, répondit la femme en pleurant comme un madeleine, il est mort.

– Mais que me dites vous là ? Que lui avez-vous donné ?

- Des haricots, comme vous me l’avez dit.

–Eh bien ! celle est bonne celle-là ! Ce ne semble pas vrai…

Dans la rue, monsieur Portisson, tout en grommelant, écrivit sur son carnet de poche :

« Haricots : bons pour les pêcheurs, mauvais pour les bateliers.

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