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DIMARS 27 DE MARS 2018

 

Sant Habib

Tèmo :

  • Pour de-bon, je te dis : cet argent tu en as besoin, le te le donne

    Dóu-bouan, ti va diéu : aquel argènt, te fa mestié (ti fa besoun), te lou dóuni.

 

LES POMMES DES SOLLIÉS

            Les pommes de maintenant, comme la Golden, n’ont presque aucun goût. Parlez-moi des pommes des rives du Gapeau de dans le temps.

  •       La Reinette se cueillait à partir de la saint Louis qui était le 25 août.  Ma mère disait : « Ce n’est pas encore la Saint-Louis, ne les cueillons pas ! » Mon père lui disait : « Fichtre ! alors mardi elles seront mures, et pas lundi ? Qu’est-ce que ça peut faire si elles restent trois jours de moins ? » Mais il fallait en passer absolument par cette date fatidique.

    La reinette méritait bien son nom : c’était la plus belle, la plus douce, la plus parfumée.

  •       La Bouche-Preuve était ronde, blanche et rose d’excellente conservation.

  •       La Rouge était une sorte de Bouche-Preuve, mais entièrement rouge ; elle se conservait très bien.

  •       La Glacée d’un vert tendre, légèrement conique, semblait un peu marbrée.

  •       La Jean-Gaillard on n’en trouvait pas partout, à Solliés il n’y avait que les grands domaines qui en avaient ; elle ressemblait un peu à la Reinette par la couleur, mais elle était plus petite, d’un goût exquis ; elle avait encore plus de parfum.

  •       La Bouchon-de-Baril comme son nom le dit bien, ressemblait curieusement à un bouchon de baril, ou de tonneau, le pédoncule étant sur la partie la plus large ; elle avait quasiment la même couleur et le même goût que la Jean-Gaillard.

  •       L’Api de forme plate, rose et d’un vert tendre, de très longue conversation, est la dernière qui se cueillait et s’expédiait.

           

            Cette production, avec la cerise, était la plus importante de la vallée du Gapeau, depuis Belgencier jusqu’au domaine de la Castille près de la Crau (d’Hyères)

            Toutes ces pommes étaient cueillies avec une longue queue, étendues sur la paille, dans la chambre de réserve du fenil.

            Le tri se faisait en trois catégories : le fruit sain qui était expédié le dernier ; le fruit piqué par les vers, expédié au marché le plus vite possible, et le plus touché, véreux, meurtri, consommé sur le champ par les hommes et les bêtes : on en faisait en compote, au four, les plus mauvaises pour les porcs et, cuites, pour les volailles.

            Tout à l’heure je parlais des « chambres de réserve ». L’habitat rural dans la région était conçu sur un modèle unique :

      - Au rez-de-chaussée, la cuisine, l’étable avec sa mangeoire, qui faisait aussi remise pour les outils ; la cuve pour le vin, un petit jardin ou une cour où l’on élevait quelques poules et quelques lapins. Au moment des vendanges il y en avait qui montaient le pressoir dans la rue, devant la maison, sur le trottoir.

     - Au premier les chambres, et chacune avait son alcôve.

     - Au second le fenil avec la chambre de réserve que l’on appelait « chambre d’amis », parce que, quand un ami passait, on le fait coucher là-haut.  Du fenil, une sorte de canon de cheminée descendait juste au dessus de la mangeoire par lequel on envoyait le foin. La « chambre d’amis », quand il y avait des pommes embaumait toute la maison. Quand le fenil était plein, ce n’était pas pareil ma mère disait : « Ferme la porte car le foin empeste ! ».

Et les grillons !... Vous avez encore laissé entrer les grillons ! ». Il se mettaient à chanter au milieu de la nuit, réveillant toute la maisonnée.

Un fois le médecin vint ; il vit un serpent qui descendait l’escalier

      - « Vous logez des serpents ?

      - Mon Dieu ! qu’est-ce qui nous arrivait ! ils ont rentré un serpent ! ». Il y avait un ou deux mois qu’il était là-haut dans le foin, il fallait bien qu’il descende : il avait la peau du ventre collée au dos.

      Pour en revenir aux pommes, Les pommiers étaient énormes, certaines ont dépassé les trois cents kilos de pommes cueillies et pesées, sans compter celles tombées par terre.

      Comme il leur fallait beaucoup d’eau, ils se plaisaient dans les prés irrigués.

 

      La  première coupe des prés était fin avril pour la foire. La seconde coupe de faisait avant la Saint-Jean d’été : on coupait l’herbe de mai ; la troisième, en septembre, au moment des vendanges, à peu près, elle n’était pas tellement intéressante, elle était pour les bergers ; les bergers il y en avait de partout, ils venaient même de Hyères.

 

      Toute la vallée était arrosée par l’eau du Gapeau retenue pas des écluses bâties du temps du roi René, et distribuée par des canaux et des biefs qu’on appelait encore « biau ». Chaque pré recevait l’eau une fois pas semaine de juin à septembre. Ces biefs étaient réglementés par un syndicat. Il y avait un Président - on l’appelait l’Eigalié -qui s’occupait de la distribution , et… de nombreuses contestations ! Et même une guerre qu’on peut appelée de Cent Ans ; mai ceci c’est autre chose.

     

     A la Farlède , les plus gros producteurs de pommes étaient la famille des Sauvan, aux Mauniers. Il reste encore des arrières petits-fils, mais… ils n’ont plus guère de pommes

 

Léon DUCROS de la Farlède

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