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DIMARS 24 DE NOUVÈMBRE 2015

 

SANTO FLOURA

 

Ditado : 

                      

Lei dindouleto (leis andouleto en varés)

 

Li a tres sorto de dindouleto :

— la dindouleto dei fenèstro (dindouleto-à-cuou-blanc) que niso dins leis estable e au cantoun dei fenèstro.

— la dindouleto dei ribo que nicho dins un pichot trau qu’a cava.

— la dindouleto dei chaminèio que niso dins leis estable.

 

Les hirondelles

Il ya trois sortes d’hirondelles :

— l’hirondelles des fenêtres qui niche dans les étables et au coin des fenêtres.

— l’hirondelle des rives qui niche dans un petit trou qu’elle a creusé.

— l’hirondelles des cheminées qui niche dans les étables.

 

 

LI DINDOULETO

 

Ei pèr un bèu tantost d'autouno ;

Dins sa trelusour vermeiouno

La fàci dóu soulèu vers lis óurizount gris ,

Radiouso, plan-plan se clino ,

Tenchant lis avèrsi coulino

De clarour roso e purpurino

Es l’ouro que lou jour tout-bèu just s'avespris.

 

Dins l’atmousfèro caudo e solo ,

Sus la planuro e sus li colo ,

Franc d'un vounze frutiéu d’insèite , s'ausis rèn.

Aquelo menudo babiho,

Acò ‘s lou vounvoun dis abiho

Que dins li brusc porton si piho.

Tout ço que viéu se chalo à l’aflat dóu bèu tèms.

 

Vivo e lóugiero coumo l’auro,

Fusant dins la lumiero sauro,

De vòu de dindouleto arribon à-de-rèng.

N'en survèn de tóuti li caire

Tre qu’avènon, viron dins l’aire

Tout d’un auroun, pièi, vènon caire

Sus lis aubre ramu, sus li téulat lusènt.

 

E sus li fiéu dóu telegrafe ,

Sènso desordre e sènso rafe

Li pichots iroundoun s'atieron en quilant ;

S'arrenguèiron à mereviho.

Lis auceloun de l’auceliho

Se balandon dins la ramiho,

Fièr de soun àbi negre e de soun courset blanc.

 

Quau coumand ignoura dis ome,

Quet capitàni, quet prudome

Decretè lou signau d'un tant noumbrous acamp ?

Dins sa vestiduro uniformo,

En escarrado qu li formo ?

Qu se cargo de l’obro einormo

De lis entrahina pèr dela l’oucean ?

 

Coumo pèr assaja si forço,

Un bataioun que se dindorso

Tout en un cop s'enauro e traço dins lou cèu

Uno vasto circounferènci .

Après aquelo esperiènci ,

Un veteran plen de sapiènci

Remeno au pausadou sa meinado d'aucèu.

 

Subran se fai un grand silènci ,

Coume s'au founs de sa counsciènci

Cadun di dindoulet mandèsse sis adièu

Au bèu pais que l’a vist naisse.

Pamens n’i’a pas un que delaisso ;

Ges de courage que s'afaisse...

Lou vòu tout entié part à la gràci de Diéu !

 

D'uno cridadisso saludo

La vasteta de l’estendudo ,

La terro espitaliero ounte an leissa si nis

E la vesioun dóu luen ribage

Mounte , las mai plen de courage ,

Acabaran soun long viage

E lou soulèu de Diéu que li guide e ié ris.

 

Au trampelun de sis aleto,

Tout d’un envanc li dindouleto

S'aubouron au céu-sin avans de tira dre

Vers la toco que lis atiro .

Sèmblo que prènon sis amiro.

Après uno darriero giro ,

Fuson vers l’ourizount que s'esperd à l’adré.

 

Lìngi bestiolo fugidisso ,

Oustesso de nòsti téulisso,

Vièi routié de l’azur vo cago-nis, adiéu !

Oubeïssès à la naturo.

Vers li càudi temperaturo

De l’ivèr fugès la freduro.

Revendrés l’an que vèn embeli noste estiéu.

 

Qu's que pourra jamai nous dire

Pèr qunte estint, pèr qunte aubire

Fugissènt un ivèr que ges de vautro a vist ,

Vous avasta , gèntis iroundo ,

Tant liuen, bravant li làrgis oundo

E li moio di mar prefoundo

Entre l’azur di cèu e l’azur de l’abis ?

 

E l’istint , paraulo enganivo ,

Mot vuege e traite coume un nivo,

Que tapo e que rescound tout ço que sabèn pas,

L’istinct, en soumo, que pòu èstre,

Senoun la resoun dis ancèstre,

Si fa counsciènt , si gèst adèstre

Caia dins li felen laissa pereiçabas ?

 

 

Pau a cha pau, pèr l’abitudo ,

L’ate vougu vèn servitudo :

La liberta s'esmor en ourganisacioun...

E desempiei de milenàri ,

Lis iroundo, à l’anniversàri ,

Fan lou viage necessàri...

Car uno raço viéu que de si tradicioun .

 

Dindouleto valènto e sàvi ,

Sèmpre fidèlo à vòsti àvi ,

Ensignas is uman, que fèn tout de travès,

Lou respèt dis us e di crèire

E dóu parla de nòsti rèire

E lou mesprés dis endourmèire ,

Aposto dóu Neiènt qu'escais-noumon : Prougrès.

 

Jùli CONTENCIN

Armana Prouvençau 1934

 

Jules CONTENCIN

Né à Aix, mort à Marseille (23 mars 1874 - 20 mai 1957).

Après des etudes classiques, il fait son droit, et, ses diplomes obtenus, exerce  la profession d'avocat. II fut cabiscòu de l’Escolo de Lar, mais accorda très peu sa collaboration aux publications périodiques provençales. C'était un homme discret et silencieux, nourri de lettres classiques. L'unique livre qu'il a publié porte témoignage de sa culture :  il  renferme de nombreuses  traductions, de Poë, de Goethe, etc. et de pièces latines de son ami Bruno Durand. Il s'excuse, dans sa préface,  du  « caractère  d'anthologie »  que  cela  donne un peu à son œuvre. Mais, dit-il, « il est nécessaire, de temps en temps, de faire cette démonstration que notre langue est apte, aussi bien que le français, à rendre toute sorte d’idées,  même générales, même abstraites, et à traduire des pensées etrangères >.​Biblioographie : 

 

Bibliographie : Au Calabrun,  poèmes divers.  (Marseille,  chez l’auteur. Imprimerie Saint-León. 1933).

 

 

 

LES HIRONDELLES

 

C’est par un bel après-midi d’automne ;

Dans sa splendeur vermeille

La face du soleil vers lis horizons gris ,

Radieuse, lentement s’incline ,

Teintant les versants nord des collines

De clarté rose et pourpre

C’est l’heure où le jour vient tout juste de se coucher

 

Dans l’atmosphère chaude et calme,

Sur les plaines et sur les collines,

A part un bruissement furtif d’insectes, on n’entend rien.

Cet menu babil,

C’est le bourdonnement des abeilles

Qui dans les ruches apportent leur butin.

Tout ce qui vit se régale à la faveur du beau temps.

 

Vive et légère comme le vent,

Fusant dans la lumière blonde,

Des vols d’hirondelles arrivent tour à tour.

Il en survient de tous les côtés

Dès qu’elles viennent, elles tournent dans l’air

D’un lieu à un autre, puis, elles viennent de poser

Sur les arbres touffus, sur les toitures luisantes.

 

Et sur les fils télégraphiques ,

Sans désordre et sans bousculade

Les petits hirondeaux s’alignent en poussant des cris aigus;

Ils se mettent en rang à merveille.

Les oisillons de la gent ailée

Ils se balancent dans la ramille,

Fiers de leur habit noir et de leur corset blanc .

 

Quel commandant ignoré des hommes,

Quel capitaine, quel prudhomme,

Donna le signal d'un rassemblement si nombreux ?

Dans leurs vêtements uniformes,

En escouades qui les forme ?

Qui se charge de l’œuvre énorme

De les entrainer au-delà de l’océan ?

 

Comme pour essayer ses formes,

Un bataillon qui se balance

Tout d’un coup s’élève et trace dans le ciel

Une vaste circonférence.

Après cette expérience,

Un vétéran plein de sagesse

Ramène au perchoir sa troupe d’oiseaux.

 

.

 

Soudain il se fait un grand silence ,

Comme si au fonds de sa conscience

Chacun des oisillons envoyait ses adieux

Au beau pays qui l’a vu naitre.

Cependant il n’y en a aucun qui abandonne;

Aucun courage qui ne s'affaisse...

Le vol tout entier part à la grâce de Dieu !

 

D’un grand cri il salue

La grandeur de l’ immensité ,

La terre hospitalier où ils ont laissé leur nid

Et la vision du lointain rivage

Où, fatigués mais plein de courage ,

Ils achèveront leu long voyage

Et le soleilde Dieu que les guide et leur sourit.

 

Au tremblement de leurs petites ailes,

D’un seul élan les hirondelles

S’élèvent dans le ciel clair avant de filer droit

Vers las destinée que les attirent.

Il semble qu’ils s’orientent.

Après un dernier tour ,

Ils fusent vers l’horizon qui se perd vers le sud.

 

Légères bestioles fuyantes ,

Hôtesses de nos toitures,

Vieux routiers de l’azur ou dernier né, adieu !

Vous obéissez à la nature.

Vers les chaudes températures

De l’hiver vous fuyez la froidure.

Vous reviendrez l’an prochain embellir notre été.

 

Qui pourra jamais nous dire

Par quel instinct, par quelle volonté

Fuyant un hiver qu’aucune des vôtres n’a vu ,

Vous vous hasardez, gentilles hirondelles ,

Si loin, bravant les grandes ondes

Et li caprices des mers profondes

Entre l’azur des cieux e l’azur de l’abîme?

 

Et l’instinct, parole trompeuse ,

Mot vide et traite comme un nuage ;

Que recouvre et qui cache tout ce que nous ne savons pas,

L’instinct, en somme, que peut être,

Sinon le bon sens de nos ancêtres,

Leurs faits conscients , leurs gestes adroits

Figés dans les descendants laissés ici bas ?

 

 

Peu à peu, par habitude ,

L’acte voulu devient servitude :

La liberté se cahnge en organisation...

Et depuis des millénaires ,

Les hirondelles, à l’anniversaire ,

Font le voyage nécessaire...

Car une race ne vit que de ses traditions.

 

Hirondelles vaillantes et sages,

Toujours fidèle à vos aïeux ,

Vous apprenez aux humains, qui font tout de travers,

Le respect des us et des croyances

Et du parler de nos ancêtres

Et le mépris des enfumeurs,

Apôtres du Néant qu’on surnomme : Progrès.

 

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