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DIMARS 24 DE JANVIÉ 2017

 

Sant Francés de Salo

 

 

Ditado :

 

  • L’avans-courrié.

L’avans –courrié es un ome d’à chivau que courre davans uno veituro, à-n-un miriamètre au massimum, pèr faire alesti lei chivau au prouchan relais dóu quau noun pòu reparti emé un chivau fres avans l’arrivado de la malo-posto à la qualo apartèn.

L’avant-courrier est un homme à cheval qui courre devant une voiture, à un myriamètre au maximum, pour faire préparer les chevaux au prochain relais duquel il ne peut pas repartir avec un cheval frais avant l’arrivée de la malle-poste à laquelle il appartient.

POSTE ET DILIGENCE

            Depuis la plus haute antiquité, pour les motifs les plus divers, commercial, politique, scientifique, religieux, culturel ou par simple plaisir, les hommes se sont ingéniés à communiquer entre eux par voie terrestre, fluviale mairitime e finalement aérienne. Parralèlement les états ont été appelés à organiser le transport des personnes, des marchandises, d’autres biens matériels et aussi l’échange des lettres et des colis sous l’appellation génériques des « Postes ».

Faire l’histoire de ce phénomène social universel ne pouvait pas entrer dans le cadre des présentes chroniques. Nous allons juste en rappeler brièvement l’origine mais en faisant observer que pour une période de deux millénaires c’est le cheval qui en fut le principal héros. 

Généralement on pense que la « Poste » a été créée au VIIème siècle avant J.-C. par Cyrus le grand roi de Perse. Mais un peu plus tard elle a été utilisée par les Grecs et les Romains et au moyen-âge par Charlemagne. Spécialement en France c’est par l’édit de Dourlens qu’en 1464 Louis XI organisa la Poste Royale qui fonctionna tant bien que mal jusqu’à la Révolution de 1789 époque où elle fut élevée en monopole d’État par la loi du 27 prairial de l’an VII sous le nom d’Administration Générale des Postes et Messageries. C’est ainsi qu’avant le chemin de fer la poste aux chevaux atteignit son apogée au point que Voltaire en fit cette louange : « Elle est le bien de toutes les affaires, de toutes les négociations ; les absents par elle deviennent présents : elle est la consolation de la vie ».

Pour notre part , nous avons limité nos recherches au 19ème siècle afin de savoir de quels moyens disposaient nos ancêtres roquebrunois pour voyager et assurer les relations avec l’extérieur alors qu’ils étaient à cette époque isolés avec le reste du monde, par les Maures, l’Argens, les étangs de Villepey et la mer.

En effet le pont d’Argens, toujours en service à notre époque ne fut bâti qu’en 1829, le chemin de fer de Marseille à Nice commencé en 1861 ne fut achevé qu’en 1864. Il n’existait que des ébauches de l’actuel réseau routier communal. Pour ce qui est de la route d’Italie, voie principale de communication à l’emplacement approximatif de l’ancienne voie aurélienne des Romains, on y accédait à une demi-lieue à vue d’œil par le vieux chemin de Palayson après avoir traverser l’Argens sur un bac appelé « Barque ». La rencontre des deux voies se faisait aux quatre chemins (où il y a le rond-point de la N7).

Mais avant d’aborder le fonds du problème, il est nécessaire de présenter quelques observations d’ordre général sus les caractères respectifs des messageries ou service des voyageurs et celui de la poste proprement dit c’est-à-dire la postes aux lettres. L’un et l’autre avaient bien des points communs comme le relais, l’auberge, le postillon, le maître des postes, la poste aux chevaux ; mais leurs différences essentielles étaient dans le fait que le service des messageries relevait généralement du secteur privé pendant que la poste des lettres a toujours été en France sous le pouvoir de l’État ou des instituions de l’Etat. C’est ainsi qu’à cette époque, en se joignant aux voitures particulières de toutes sortes et à celle servant au transport public des marchandises, le service des messageries ou le service des voyageurs et le service des postes ont participé chacun à leu manière à un intense trafic routier. Pendant que les diligences de nombreuses compagnies courraient les routes de France jusqu’aux villes les plus lointaines des provinces et même des routes de l’étranger vers Anvers, Cologne, Naples, par exemple les malles-postes qui à l’origine servaient au transport des lettres prirent à leu compte le transport accessoire des voyageurs, certes en nombre restreint, mais dans des conditions plus confortable et plus rapide que ceux des diligences.

Mais à la venue du chemin de fer ; peu à peu, le trafic routier s’affaiblissait à mesure que les lignes ferroviaires reliaient les grandes villes et Paris aux autres viles de province les unes après les autres. Mais dans notre région les diligences et les malles-postes prospèrent encore assez longtemps jusqu’en 1864 année où le chemin de fer entra en exploitation.

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POSTILLON ET CONDUCTEUR

            La responsabilité du voyage revient à deux personnages importants : le postillon et le conducteur.

Le postillon est dans la fleur de l’âge, il est coiffé d’un haut-de-forme, chaussé de hautes bottes éperonnées et vêtu d’un uniforme brillant. Il guide l’attelage de la voix e du fouet et souffle à s’en faire péter les poumons dans sa corne à l’approche des villages. À côté de ce jeune dieu jouissant d’une solide réputation de séducteur, il est certain que le conducteur fait pâle figure avec sa casquette bouffante et sa simple blouse noire. Son rôle est cependant important : homme de confiance de la compagnie, il dirige les transports, encaisse le prix des places, pèse les bagages des passagers. Au début des fortes pentes il arrête la voiture pour poser le sabot aux roues. De l’impériale, si besoin est, il peut actionner le frein à main. Il a même tout le loisir de parler avec ses voisins ce qui semble éveiller la jalousie du postillon. En effet il arrive que les deux hommes parfois se cherchent querelle pour des motifs futiles. Mais ils prétendent être en réalité de bons compagnons et qu’il feignent d’être en colère afin de distraire les voyageurs de la monotonie du voyage et de ses inévitables désagréments. Et la fatigue se fait sentir quand le voyage dure quelques jours. Qui se souvient du tableau fait par La Fontaine dans sa fable « La Mouche et le Coche » ; « la descente  des voyageurs à la montée, le chemin sablonneux, malaisé, au soleil exposé… ». Alors à ceux qui sont un peu patraques, qui on envie de vomir ou qui ont mal à la tête, le conducteur peut apporter ses soins ne leur faisant respirer des sels volatils ou les vapeurs d’un petit flacon d’éther. En fin d’étape c’est lui qui prépare l’hébergement dans les auberges et s’occupe des repas. En somme il veille sans arrêt au bien être des voyageurs et il peut même d’une station à l’autre se charger de commissions et faire à son profit un petit commerce de denrées alimentaires auprès des voyageurs et des aubergistes visités.

 

 

Texte français de Jean Stuerga, traduit en provençal par Émile Fabre

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