DIMARS 23 D’ABRIÈU 2019
Sant Jòrgi
Ditado :
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Se plòu en abriéu, preparo tino e barriéu
S’il pleut en avril, prépare cuve et baril.
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Dans la brumo cadun es timounié.
Dans la brume chacun est timonier.
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En tèms calme cadun es timounié.
Par temps calma chacun est timonier.
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Fau cala ounte prenès lou pèis.
Il faut tendre les filets où l’on prend le poisson.
Tèmo :
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La bonne musique sort de la barrique.
La bouano musico souarte dóu barriéu.

LE JOUR DE L’AN
Pour le beau jour de l’An, la sonnette, depuis le matin, n’arrêtait pas de tinter chez monsieur Tripanet.
C’était tout un cortège qui venait chercher des étrennes. Vous parlez si cela agaçait le maître de maison. Il criait à son épouse :
– Merde pour eux ! Envoies-les tous au diable. S’ils croient que nous le fabriquons, nous-autre, l’argent ?
Il n’y a pas assez que le Gouvernement nous ruine avec ses impôts ? Il faut encore donner à tous ces mendiants. On ne nous en donne pas à nous des étrennes. Merde ! merde ! il y en a assez. Je n’y suis pour personne.
Ainsi dit-il. Mais Madame avait plus de patience. Elle lui répondit :
– Non, il ne fait pas être ainsi avec les gens. Si nous ne voulons rien donner, cela n’empêche pas de les recevoir. Vas, moi je me charge de cela. N’ayez pas peur.
Elle n’avait pas plus tôt achevé ces mot que : drelin-drelin, la sonnette se mit de nouveau à tinter.
Madame alla vite ouvrir et se trouva nez-à-nez avec le balayeur qui était couvert de boue et qui tenait dans ses mains noires son chapeau crasseux.
– Bonne année madame, je viens pour les étrennes. Je suis le balayeur. C’est moi qui vide chaque matin votre poubelle.
– Ah ! répondit madame, de son plus gracieux sourire, en faisant une belle révérence, c’est vous qui videz la poubelle ? Eh bien, tant mieux.
Puis, poussant doucement la porte, elle ajouta :
– Eh bien, c’est moi qui la remplit, cependant je ne vous demande rien pour cela.
JOUR DE L’AN
Isidore, mon enfant, n’allait pas de gaieté de cœur souhaiter la bonne année à la tante Pignon, parce que les enfants le comprennent quand vous êtes bons avec eux.
La tante Pignon est avare.
Elle a plus de sous qu’un chien a de puces, elle vous chasserait à coups de pièces de cinq francs, et elle se ferait plutôt crever un œil que de sortir son porte-monnaie de la poche.
Isidore, dans sa malice d’enfant, disait, pour ne pas y aller, que tante Pignon en l’embrassant le piquait avec les épines de son menton.
Malgré cela je le pris par la main et, tous les trois, avec ma femme, nous allâmes souhaiter la bonne année à tante Pignon dont l’âge avait fait d’elle une vieille fille revêche.
– Bonjour ma tante, dis-je en entrant chez elle. Nous venons pour vous souhaiter la bonne année. Vous savez que c’est pour nous un devoir que pour rien au monde nous ne manquerions d’accomplir…
– Je le comprends, répondit la vieille, pleine de méchanceté, vous venez chercher les cadeaux. Mais vous pouvez toujours courir. Je ne donnerai qu’une noix confite à Isidore, pas plus.
– Mais non, lui dis-je, ce n’est pas pour cela.
– Alors c’est pour convoiter mon héritage. Allez, vous ne l’avez pas encore. Je ne le laisserait qu’à ceux qui me fermeront les yeux
– Qu’allez-bous chercher ici lui dis-je et, pour tourner court, je dis à Isidore : « Viens Isidore, embrasser tante Pignon ».
– Non ! dit le petit. Je ne veux pas parce qu’elle me pique avec les épines de son menton.
– Voyez, ce petit, dit la vieille, il est plus franc que vous. Allez vous pouvez toujours courir, je vous ai assez vus.
Nous partîmes pour aller déjeuner chez mes beaux-parents comme nous faisons chaque année pour le jour de l’an. Là Isidore n’eut pas besoin de leçon. De lui-même il entra en courant vers ses grands-parents, ces deux bons vieux qui l’attendaient comme le messie pour lui donner un cornet de bonbons et quelques jouets.
– Bonne année ! grand-père, bonne année grand-mère.
Et, de ses deux petites mains, il attrapait la tête de l’un ou la tête de l’autre, et ils les embrassait au hasard, partout où se posaient ses lèvres vermeilles
– Il ne pique pas, dis-je au mignon, le menton de grand-mère ? Ce n’est pas comme celui de tante Pignon ?
– Ah ! non, me répondit-il, c’est pourquoi je l’aime bien.
