DIMARS 22 DE JANVIÉ 2019
Sant Vincèns
Ditado :
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Cadun es rèi dins soun oustau.
Chacun est roi dans sa maison.
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Lou gras saup de que viéu lou maigre.
Le gars (le riche) sait de quoi vit le maigre (le pauvre)
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Fau jamai dire soun secrèt à sa fremo
Il ne faut jamais dire son secret à sa femme.
Tèmo :
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Il vaut mieux donner de bon cœur ce que l’on ne peut pas refuser.
Vai miés (mai) douna de bouan couar ce que si pòu pas (que poudèn pas) refusa.

LE RHUME DE CERVEAU
Qu’il est mauvais ce rhume de cerveau !
Ce n’est rien du tout encore que votre nez coule comme une fontaine, le pire est cet éternuement qui, quand vous êtes en compagnie, et que vous parlez, vous coupe la parole à chaque fois.
Tenez, l’autre jour, monsieur le curé monta en chaire, avec un gros rhume du tonnerre de Dieu. Il avait attrapé cela en tournant la petite rue qui mène à l’église et où l’hiver, il passe un vent glacial dont je ne vous dis que cela.
Il prêcha comme il put tout le temps interrompu par un éternuement qui, malgré le mouchoir qu’il se mettait sur le nez, éclaboussait les pauvres fidèles qui étaient près de la chaire.
Finalement, comme il ne pouvait plus continuer, il coupa court à son sermon, en disant ainsi :
Voyez, mes frères et mes sœurs, je ne vous en dirai pas plus,.. atchoum !... mais… atchoum !... je ne demande qu’une chose à Dieu… atchoum !... c’est… que… que vous ayez.. qu’a… que nous ayons tous…. (ici il y a un jeu de mot car on peut entendre, au lieu de qu’aguès : caguès ce qui se traduirait par : que vous alliez à la selle)
Et monsieur le curé resta bouche ouverte, sans pouvoir faire un éternuement qui lui restait dans le nez et que le démangeait.
Stupéfaits d’entendre parler de quelque chose qui ne paraissait guère convenir à un prêche, les fidèles se regardaient comme si le brave curé avait perdula tête.
Heureusement que le saint homme revint vite à son sermon.
Il acheva la phrase en ajoutant :
Que nous ayons tous gagné le Paradis.
Cela leva un poids sur la poitrine des braves gens qui étaient là avec des oreilles ouvertes comme des fenêtres de fenil.

LE GOINFRE
Il aurait fallu courir loin pour trouver un goulu comme l’abbé Jean Melena qui, sans exagérer, en prenait, quand il était à table, pour huit ou neuf.
Jusqu’à la trentaine, il lui fut facile de trouver le couvert car beaucoup se plaisaient à l’engraisser, mais à la longue ils en eurent assez, parce que, avec la guerre la vie était difficile et le pauvre bougre devint sec comme un sarment. Le ventre lui tombait comme un aïoli raté.
Ce que lui rapportait le peu de messes ou les troncs de son église, ne suffisait pas pour lui remplir l’estomac. Aussi quand il pouvait grappiller un repas, il ne se faisait pas prier, il y serait plutôt allé à quatre pattes.
Un vendredi, quelqu’un l’invita à manger des pois secs, sans huile.
Il y en avait au moins un plat pour six ou sept hommes forts montagnards. Mais l’hôte, qui savait avoir affaire à quelqu’un qui semblait sucé par quelque vers solitaire, mis pour se moquer de lui, dans la marmite, une poignée de ces petits os ronds qui forme d’épine dorsale de la morue.
Notre curé se jeta dessus comme un affamé. Cela ne fit pas un pli. Les petits os avaient beau craquer sous sa dent, tout y passa, à grands coups de mâchoire, il broya cela comme un plat de riz, àen faire péter l’estomac.
- Eh ! bien monsieur le curé, et ces poix, les avez-vous trouvés bons ?
- Assez. Bien que… il y en avait quelques uns de pas trop cuits. Mais vous savez, moi je fais feu de tout bois.
Celui qui me racontait cela mi dit :
- Pour un curé, il peut se vanter d’avoir une bonne descente de gosier. S’il avait été boucher, il aurait mangé ses bœufs et ses moutons sans oublier les cornes ; s’il avait été avocat, il aurait dévoré ses clients, c’est vrai que les autres le font aussi, d’une autre façon, s’il avait été soldat, il aurait mangé son ceinturon, sa cartouchière avec ses courroies, et Dieu garde si avec tout cela s’il avait été marié, il aurait terminé par sa femme
Il aurait fait comme ce roi de Lydie qu’on appelle Camblès et qui mangea la sienne une nuit qu’il avait de l’appétit.
Heureusement que ce n’est qu’un curé !