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DIMARS 21 DE NOUVÈMBRE 2017

 

Presentacien de Marìo

 

 

Ditado :

  • À la sesoun d’ivèr fa bouan d’avé garni : e soun granié e soun fenié e soun busquié.

       À la saison d’hiver il vaut mieux avoir garni : et son grenier et son fenil et son bûcher.

  • À  la santo Cecilo chasco favo n’en fa milo.

    À la sainte Cécile chaque fève en fait mille.

     

Tèmo :

 

  • On peut tondre les brebis mais il ne faut pas les écorcher.

    Se pòu toundre lei bedigo mai noun fau leis escourtega.

     

  • Compte arrêté est à moitié payé.

    Coumte arresta es à mita paga.

     

     

     

Presènt de l’endicatiéu :

 

Boulega (bouger) : boulègui / boulegues /  boulego / boulegan / boulegas / boulegon.

 

Apela (appeler) : apèlli / apelles / apello / apelan / apelas / apellon.

 

Servi (servir) : sèrvi / serves / serve / servèn / servès / servon.

 

Roumpre (casser) : róumpi / roumpes / roumpe / roumprèn / roumpès / roumpon.

 

Avé vo agué (avoir) : ai / as / a / avèn / avès / avèn / an.

 

Èstre (être) : siéu / siés / es / sian  / sias / soun.

PRÉSAGES D’AMOUR EN PROVENCE

 

            Les jeunes filles d’aujourd’hui rêvent-elles à l’amour plus ou moins qu’avant ?

            Pas facile de les avoir et, cependant, comment croire qu’elles ne ressemblent pas à leurs grand-mères quand celles-ci elles avaient des amoureux.

            Bien que, c’est certain, les moyens pour deviner quand et qui serait leur futur époux ne sont plus les mêmes. Des rites, des présages, des incantations, il y en avait et il y en a encore dans tous les endroits, et il y en a tant qu’il nous faut se limiter à ceux de notre région.

 

            Les jeunes filles voulaient d’abord savoir quand elles iraient déposer leur bouquet de mariée à l’autel de la vierge. Pour se marier dans l’année il fallait peler une pomme sans casser la pelure. Celle qui avait réussi cette prouesse envoyait alors derrière son dos la pelure qui, en tombant au sol, dessinait l’initiale du prénom du futur. Cela se faisait aussi avec une pelure d’orange. Il faut reconnaitre que, avec l’une comme avec l’autre, on peut lire la lettre que l’on veut.

 

            A la Roquebrussanne, les amoureux qui montaient le chemin de Notre-Dame de L’Inspiration, bordé d’oratoires, envoyaient trois galets dans la niche de ces oratoires. S’ils y restaient, c’était signe de mariage dans l’année, mais ce n’était pas facile, car les niches étaient toujours à moitié remplies de galets. Maintenant cela ne peut plus se faire : on a refait les oratoires et pour protéger les saints on a mis une grille devant les niches.

 

            Au Thoronet, dans le cloitre de l’abbaye, les jeunes filles devaient faire tourner, seules, la statue de saint Laurent qui est une grosse pierre et qui, de loin, semble avoir une forme humaine.

            A la Ciotat la jeune couturière faisait en sorte de couder un de ses cheveux dans le voile d’une mariée.

 

            Si vous avez pris le chemin qui va de la route de Signes à la Chartreuse de Montrieux, vous aurez remarqué, en cueillant des violettes ou des boutons d’or (sans vous faire voir, mais nous l’avons tous fait) que le ruisseau, de ci et de là, fait de petites flaques où l’eau dort. C’est dans ces endroits que les jeunes filles devaient poser sur l’eau, délicatement, une feuille de chêne ; si elle restait sur l’eau et était doucement entrainée par le courant, c’était bon signe, mais si elle disparaissait vers le fonds, la pauvrette avait le temps de coudre son trousseau.

 

            A la source du Gapeau, à Signes, un endroit où heureusement, on ne peut plus aller, car les pique-niqueurs y laissaient leurs déchets, c’était une épingle qu’il fallait poser sur l’eau. Il y avait souvent, assise sur le bord, une vieille femme dont certains disaient que c’était une sorcière, qui contre quelques sous expliquait à la jeune fille comment il fallait faire pour réussir, elle proposait même de poser elle-même l’épingle qui, curieusement, flottait toujours.. Il faut dire qu’elle avait toujours un peu de graisse sur les doigts et qu’elle en enduisait l’épingle.

            A Ollioules, les amoureux se rendaient à la source de la Bonne-Fontaine, dans les gorges. L’eau claire et limpide, coulait de la roche. La jeune fille en prenait un peu dans sa main et, si le jeune homme buvait de cette eau, on pouvait chercher des témoins, la noce n’était pas loin ! Mais comme deux précautions valent mieux qu’une, ils n’oubliaient pas de toucher la pierre sacrée, à côté, couverte de signes cabalistiques

 

            Cela aussi ne peut plus se faire non plus, l’Église a béni la pierre et y a bâti dessus une croix. Maintenant la pierre n’a plus de pouvoir magique.

 

           

             Si l’eau a toujours été une protectrice pour les amoureux, car les sources comme les petits ruisseaux sont toujours dans des endroits cachés et discrets, elle n’est pas la seule.

 

            A Solliés-Pont ils  se rendaient  à la chapelle Saint-Roch où en se haussant sur la pointe des pieds, ils pouvaient toucher une tuile saillante dans le mur. Cette tradition était tellement ancrée au siècle passé que  le maçon chargé de refaire le crépi de la chapelle — qui en avait bien besoin ! — n’oublia pas de remettre en place la tuile magique.

 

            A Cabasse, sur la route du Thoronet, pour la foire de Saint-Loup, les demoiselles, dans la chapelle de Saint-Loup, touchaient le pilier qui portait le buste du saint, ainsi elles étaient certaines de se marier dans l’année.

 

            A Brignoles, elles allaient à la statue de saint Siméon, érigée près d’une source. Cette statue, comme celle de saint Laurent du Thoronet, est une grosse pierre où l’on peut voir, avec de la bonne volonté, les bras, les mains croisées sur le ventre et surtout le nombril. C’est ce nombril que les filles devaient embrasser pour se marier, et les femmes pour avoir des enfants.

            La statue est maintenant au musée du Vieux-Brignoles et il suffit de regarder le nombril, lisse comme une vieille pièce de deux sous, pour comprendre qu’elles sont nombreuses, celles qui sont venues l’embrasser.

 

             A Hyères il fallait poser un bouquet de myrtes sur la « Pierre glissante » : si au bout d’une semaine elle n’était pas tombée, c’était bon signe.

Je ne sais pas où est cette pierre. On dit qu’elle était du côté du vieux château, mais ce n’est pas certain.

 

              Au bout du chemin qui monte à la Sainte-Baume, pour le pèlerinage, les filles dressaient un petit tas de pierres, faite de trois pierres et, au-dessus, une autre pierre, pointue, avec la pointe vers le ciel. Si l’an d’après il était toujours intact, le mariage était assuré. Les femmes qui n’avaient que des filles faisaient la même chose pour avoir enfin un garçon.

 

              Cette tradition des tas de pierres remonte loin : on dit qu’Abraham, touché par la grâce, en dressa un en signe de reconnaissance.

 

              À Fayence, elles jetaient quelques feuilles d’olivier dans le feu. Si les feuilles dansaient, c’était bon signe, mais si elles brûlaient tout de suite, c’était fichu.

 

             À Toulon elles faisait un pendule un pendule avec un de ses cheveux et un anneau et elle le tenaient au dessus d’un verre d’eau. Le nombre de balancement disait combien   d’années restaient avant le mariage.

Même en se retenant de respirer, ce n’était pas facile d’empêcher l’anneau de se balancer !

 

             Toujours à Toulon, la jeune fille se tenait dans le couloir, tournant le dos à la porte, et envoyait son soulier par-dessus son épaule. Si la pointe restait tournée vers la porte, le prétendant n’était pas loin. (Nous avons déjà dit que ce rite se faisait dans le Nord de l’Allemagne, à Brème en particulier).

 

André BERNARD

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