DIMARS 21 DE MAI 2019
Sant Coustantin
Ditado :
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Qu semeno d’espino vague pas descaus.
Celui qui sème des épines qu’il n’aille pas pied-nus.
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Un pisso-chin descrasso lou sang
Le pissenlit décrasse le sang .
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Fau jamai desfisa un fouale.
Il ne faut jamais défier un fou.
Tèmo :
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Le pain dur tient la maison sûre.
Lou pan dur tèn l’oustau segur

EN GALÈRE
Un jour Louis XIV se rendit compte que sa flotte de galères allait en s’affaiblissant et qu’il lui fallait donner un coup de neuf parce que les Espagnols étaient mieux pourvus que nous.
Il se trompait, le pauvre, les galères étaient passées de mode, étant seulement armées d’un éperon à l’avant et de d’un ou deux petits canons, au moment où commençaient à arriver des vaisseaux de ligne de cent-vingt canons.
Bref ! Louis XIV se donna quarante galères ; avec chacun un équipage, ou une chiourme de deux-cents-cinquante hommes, trente-deux bancs de sept forçats, les argousins, les officiers, cela faisait en tout plus de dix-mille personnes et coutait fort cher. Il faut bien dire qu’elles ne servirent jamais à rien, mais convenablement bâchées et pavoisées, les jour de fête où se tenait le grand pavois, elles étaient un régal pour les yeux dans la vieille darse.
Le commandant des galères était un gentilhomme provençal, extraordinaire personnage en dentelle qui portait perruque. Quand une personne importante ou une dame de la cour passait, il leur faisait faire le trou de la rade. Et tous, là-haut sur la coursive, se régalaient, en dégustant des sorbets fait avec la glace des glacières de la Sainte-Baume, de voir les pauvres bougres sous l’étendard royal frappé de l’image de la Bonne Maire.
Il y avait là des prisonniers, d’esclaves turcs et aussi des volontaires qui se louaient pour quatre sous, juste de quoi faire manger leur famille.
Pour amuser la noble assistance, ils faisaient « le singe », il disparaissaient sous les bancs, faisaient voir un doigt, une main, le bras etc. et peu à peu reprenait le balancement des rames, commandé par le sifflet d’argent du comite, que le capitaine commandant de galère appelait « Notre homme »
La galère ne pouvait pas emporter de vivres et ne sortait jamais que pour quelques jours. les galériens se nourrissaient avec un peu de pain, de biscuits et surtout de ragoût de fèves qui était à tous les repas.
Pour uriner et le reste, car ils étaient toujours enchaînés à leur banc, ils se passaient le pot, et le dernier du banc, qu’on appelait le merdeux, le jetait à la mer.
Affaiblis, ils n’étaient guère vaillants et, par grand calme, il n’y en avait guère qu’un tiers qui ramait. Au premier vent, le bateau avançait avec ses deux voiles.
Tonin, du Cul-de-Bœuf, était là à la suite d’un petit malentendu avec les douaniers, une affaire de contrebande de sel à ce qu’on m’a dit.
La vie lui était amère.
Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas vu Louise sa fiancée. La dernière fois c’était le quinze août de l’an passé, pour l’Assomption. Louise avait pu, avec d’autres, monter à bord et Tonin avait à peine eut le temps de lui faire un câlin contre le bastingage, mais devant tant de visiteurs curieux, vous parlez d’un plaisir !
Ce matin là, c’était l’été, le temps était doux et chaud avec un léger voile de brume, la mer et le ciel ne faisait qu’un et les eaux rougeâtres au soleil levant étaient lisses comme le dessus de marbre de ma commode.
Les galériens ébahis, virent soudain des hommes de la cambuse qui leur apportaient, saucisson, tranches de jambon épaisses d’un doigt, ventrèche, pâté de petits oiseaux, fromage, petites bonbonnes de vin rouge, tout ceci en veux-tu, en voilà. Vous parlez d’une réjouissance ! Vous pensez comme ils se jetèrent dessus !
Cependant les premières bouchées avalées, Tonin, qui avait plus de toupet que les autres, s’étonna et dit comme ça :
– Notre homme, comment se fait-il que vous nous faisiez un tel gueuleton, que fête-t-on aujourd’hui ?
Le Comite partit d’un grand éclat de rire, puis lui répondit :
– Oh ! oh ! Ah ! ah ! je ne peux pas ! Ce n’est pas fête, mais le commandant est de bonne humeur ce matin et a donné pour ordre qu’il allait faire du ski nautique.
Roger Gensollen

OÙ JE VEUX MOURIR
Dans un mas qui se cache au milieu des pommiers,
Un beau matin, à l’époque des moissons,
Je suis né d’un jardinier et d’une jardinière,
Dans les jardins de Saint-Rémy.
De sept pauvre enfants je vint le premier…
Là ma mère, à la tête
De mon berceau, souvent veillait de nuits entières
Son petit malade qui dormait.
Maintenant autour de mon mas, tout rit, tout reverdit :
Loin de son nid de fleur, le petit oiseau
Qui s’est en allé, soupire et volète !...
Je vous en prie, ô mon Dieu ! que votre main bénie
Quand j’aurai assez bu l’amertume de la vie,
Ferme mes yeux où je suis né.

LE REPAS DE SERMONDE
Dans son triste château qui ressemble à une prison,
Assise devant une table où tout abonde,
La Comtesse Sermonde se teint les yeux baissés
En face de son seigneur Raymond de Roussillon.
Lui féroce, perdu dans d’horribles réflexions,
De ses yeux sombres ne quitte pas la tête blonde
Et cherche à deviner la pensée profonde
Qui toujours le fuit. La jalousie l’anime.
Elle , sans dire un mot, mange et boit, méprisante…
– Ma belle amie, ne trouvez-vous pas la viande goûteuse ?
Dit Raymond. Elle mérite qu’on, en garde le souvenir…
Et sur elle il brandit une tête sanglante.
– Au secours ! qu’est-ce, mon Dieu ? dit Sermonde tremblante
– C’est la tête de celui dont tu as mangé le cœur !