DIMARS 20 DE MARS 2018
Sant Erbert
Printèms – Primo - Primavero
Ditado :
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Quouro lei pesseguié soun en flour, autan de nue coume de jour.
Quand les pêchers sont en fleur, les jours sont aussi longs que les nuits.
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À Nouastro-Damo de mars li calèn se jiton à la mar.
À Notre-Dame de mars (25 de mars) on jette les lampes à huile à la mer.
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Au printèms touto lei magagno souarton.
Au printemps touts les vices cachés sortent.
Tèmo :
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Qui veut une belle plantation de melons qu’il la fasse saint Joseph.
Qu vòu un bello melouniero que la fague pèr sant Jóusè.
Tèste d’Antounin CHAUDE de Touloun di Mèste Bartoumiéu
Antoni Chaude (Touloun - 1868 / La Seyne – 1956)
Foundadou e direitour de la Pignato et de l’Armana de la Pignato

LES MARIAGES DE MAINTENANT
Le soir, on fait la veillée chez la vieille Bachin. Il fait bon autour de la cheminée où flamboie et pétille un feu de branches d’oliviers.
ci chacun y va de sa petite histoire, pendant que les femmes font les bas, les hommes fument leur pipe et les enfants quand ils ont sommeil s'enrorment sur le tablier de leur mère.
L’autre soir on en était au chapitre des mariages.
- Vous ne savez pas ? disait madame Magnan, Victoire la fille de monsieur Basti va se marier bientôt. Le Petit Var a déjà publié l’annonce du mariage. Elle fait une bonne affaire, elle prend un gradé de l’Arsenal, un contremaitre, un brave homme de Saint-Roch. Celui-ci il peut se flatter que les parents de la petite l’aient attiré à la maison ! Dès qu’ils ont vu arriver ce parti, vite, vite ils ont envoyé l’appât et le poisson a mordu.
Cependant Victoire n’est pas si belle que ça. Avec un peu de fanfreluches sur la peau, dans la rue elle a l’air de quelqu’un. Mais tout est là. Elle est fière et a encore plus de toupet, mais elle n’a pas de raisonnement et elle a, comme beaucoup, ce qu’il faut devant, ce qu’il faut derrière.
Seulement sa mère la trimbale partout, aux dancings, aux fêtes votives, aux soirées. C’est ainsi qu’elle a fait la connaissance de son amoureux, un pauvre bougre qui s’est laissé attrapé à l’hameçon.
Maintenant c’est ainsi qu’il faut s’y prendre si l’on veut bien se caser.
Qu’est-ce que ça fait qu’elles soient coureuses ou réservées ? Vous avez beau être vertueuses et avoir de belles façons, cela ne se remarque plus. Tenez, moi j’ai mon ainée, Thérèse, qui est, si l’on peut dire, une brave petite. Elle a des doigts d’or. Partout où qu’elle aille, elle ne sort jamais sans moi, elle est innocente comme l’agneau qui vient de naitre. Elle ne dit jamais non, vous lui faites faire ce que vous voulez. Pour quoi que ce soi elle est bonne en tout, elle sait faire la cuisine, la broderie, soigner les malades, se conduire avec les gens, elle est débrouillarde, c’est elle qui à la maison fait l’aïoli ! Son père ne veut pas que ce soit quelqu’un d’autre qu’elle qui le fasse boire quand il est enrhumé.
Eh ! bien, voyez-vous, elle ne fréquente pas encore.
Son père me dit souvent : « pour cette petite, les jeunes hommes ne se bousculent pas ! » Pourtant elle est agréable. Je n’y comprends rien.
Vous savez elle ferait le bonheur de quelque brave garçon. Elle, de son côté, se marierait volontiers, mais elle préférerait mourir plutôt que de se jeter à la tête d’un futur époux.
Non, cela n’est pas l’usage.
LES MARIAGES D’AUTREFOIS
Maintenant ce n’est pas l’usage, dit la vieille Bachin, que les filles aillent séduire les jeunes hommes, mais autrefois cela se faisait. Peut-être que les gens veulent revenir aux anciennes coutumes.
Dans le temps, il y a un bon moment de cela, c’était la jeune fille qui choisissait son amoureux. Mes arrière-grands-parents ne l’ont pas vu mais ils tenaient cela de leurs arrière-grands-parents à eux. Ils m’ont toujours dit que cela se passait de fort belle façon pour la demande et la réponse, mais pas oralement, ni par écrit. Les filles à marier mettaient chaque soir au bord de la fenêtre du bas une crêpe de farine et d’œufs qu’elle avait elle-même pétrie de ses mains. Les prétendants venaient un par un ramasser le gâteau en laissant à sa place un ruban ou un foulard de soie. Autant il y en avait qui voulaient d’elle autant de nuits duraient ce langage d’amoureux.
Quand tous les prétendants étaient passés, la belle, alors, le dimanche suivant, se déclarait en mettant au cou les couleurs de celui qui lui plaisait le mieux. Son choix était fait. Le bienheureux qui avait remporté la palme savait ce que cela voulait dire.

Parfois il y avait des gros imbéciles, des trouble-fêtes, de ceux qui, pour comprendre ce que parler veut dire, il faut leur mettre les points sur les i. pour se débarrasser d’eux, quand ils venaient sans-arrêt roder autour d’elles, vous savez comment faisaient les filles ? Elles glissaient dans les poches une poignée d’avoine.
Et si ces cruches ne comprenaient pas qu’elle les envoyait ainsi voir si Saint Clair est à Bormes, alors la petite malicieuse, le soir à la veillée, plantait droit et bien en vue, au beau milieu du feu, un rameau bien embrasé. Personne, alors, ne se trompait sur ses intentions. Tout était dit, il n’y avait plus à y revenir.
Maintenant, je le sais, cela ne se fait plus ainsi. La brave petite reste à attendre à la maison. Elle attend que l’on vienne la chercher. À moins que l’une se soit laissé attraper au péché de l’amour. Cela arrivait malheureusement. Il y en a qui ont fait Pâques avant les Rameaux. La mère alors pour sauver l’honneur, fait feu des quatre fers, elle court chez les parents du garçon pour leur dire :
- Il y a un innocent en chemin. Voyez cela s’arrange pour le mieux. Nous sommes tous de braves gens. Celui qui salit le pot doit le laver, et plus personne n’a rien à lui reprocher.
Bien souvent les choses s’arrangeaient bien, mais ce n’était pas sans regimber.