DIMARS 2 D’ÓUTOBRE 2016
Sant Lóugié
Es la rintrado
Ditado :
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Au mes de setèmbre lou calèn es à pèndre.
Au mois de septembre la lampe à huile est à pendre.
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Setèmbre empouarto lei pouant vo bèn agouto lei fouant.
Septembre emporte les ponts ou bien assèche les ruisseaux.
Tèmo :
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Un automne laid se voit pas plus souvent qu’un beau printemps.
Un laid autoun se vis pas mai soubènt qu’un bèu printèms.

LE POÈTE CHASSEUR
… Il faisait déjà grand jour, le soleil pointait,
Sur la cime des pins il lançait ses rayons :
C’était un temps à partir battre les vallons.
Assez de philosopher, je mets ma veste,
Je passe le carnier, le fusil en bandoulière,
Je prends le sentier qui mène à Riboulon :
Je n’avais pas encore fait vingt pas depuis la maison
Que j’entends courcailler le long d’une muraille ;
Je m’arrête… Je vois mon chien à l’arrêt d’une caille ;

Je lui crie « Vas-y, serre-la ! ». Il la fait partir,
Je mets en joue, je presse… crac ! Le fusil rate !
La journée commence par un mauvais début.
Ce n’est pas surprenant, l’amorce était mouillée ;
Cent fois j’aurais raté ou elle aurait mouliné.
Je sors la réserve de poudre, je sèche la poire à amorce.
À peine avais-je amorcé qu’une perdrix agile
Part d’un genêt épineux et vient passer sur ma tête.
« Sacrebleu, ça continue ! » disais-je déjà tout bas,
Je le vise droit au cœur, elle tombe comme un pétard
Sur un beau lapereau sortant de la garenne ;
Jamais il ne m’était arrivé une telle aubaine,
La perdrix à cheval sur le jeune lapin
Sautait les broussailles, décampait.
Un épervier très malin qui dans les airs planait,
Témoin, sur le moment, de ce qui se passait,
Saute du fonds des nuages plus vite que l’éclair,
Emporte avec lui cavalier et monture.
Un jeune chasseur aurait perdu la tête,
Mais comme un vieux renard j’eus tout de suite une idée.
Vous ne devinerez jamais quel tout je lui ai joué…
Vous me donneriez cent écus que ce ne serait pas assez..
Vous donnez votre langue au chat ? De mon fusil je fais courir la baguette,
Je tire et je ne fais qu’une brochette des fugitifs :
La baguette fend l’air et va les transpercer ;
À dix pas de moi je les vois tomber.
Oh ! surprise : Oh bonheur ! Personne ne croira l’histoire :
On dira que d’un Gascon je veux ternir la gloire,
Oui bien que j’ai rêvé, que c’est une vision,
Oh ! Lindor ! oh ! mon chien ! sert-moi de caution,
Tu sais que je ne mens pas, en fait de bagatelle
Ce vilain défaut n’appartient qu’aux femelles.
Donc, pour revenir à l’histoire, je vis mes champions
Tomber rapidement de tout là-haut
Sur deux lièvres : qui certainement dormaient au gîte ;
Par le terrible choc ils furent écrasés ;
Ah ! fichtre ! cette fois je reste interdit ;

Tu sais que je ne mens pas, en fait de bagatelle
Ce vilain défaut n’appartient qu’aux femelles.
Donc, pour revenir à l’histoire, je vis mes champions
Tomber rapidement de tout là-haut
Sur deux lièvres : qui certainement dormaient au gîte ;
Par le terrible choc ils furent écrasés ;
Ah ! fichtre ! cette fois je reste interdit ;
Lindor, la pette en l’air, comme un lézard était la gueule ouverte,
Et sa queue sans cesse remuait de plaisir.
Oui, Messieurs, maitre Jean, poète et braconnier
Tua d’un seul coup en plus de deux lièvres, un épervier,
Un superbe lapin, une perdrix grises :
Je certifie le fait, ce n’est pas une bêtise.

MONOLOGUE DE BARNABÉ LE MEUNIER
Pastorale d’Antoine Maurel (1815-1897)
Jamais comme aujourd’hui je ne m’étais tant réjoui ;
Je vais vite me dépêcher, l’âne doit se languir,
Il faut le voir, également, comme il est fier
Quand on le caresse, quand quelqu’un le flatte,
J’ai graissé ses sabots, j’ai fait briller son poil,
Il ne peut plus se retenir de se voir si beau ;
Je vais le satisfaire ce petit braillard,
Nous arriverions les premiers, je le sais bon marcheur,
Et je peux me vanter, parole de meunier,
Que je possède la fleur des ânes du quartier,
De mon fier bourricot je connais les habitudes.
Il m’a souvent fait tomber pour chercher ses aises,
Si je lui donnais de coups il n’irait pas plus doucement ;
Le chemin serait comme la paume de la main
Qu’il s’enfoncerait dans les hies de ronces.
Je sais que l’autre jour il me donna bien du soucis
Et comme une pelote mon âne dégringola !
Alors que je l’avais lâché sur le bord d’un coteau :
Tout doucement nous allions notre petite route,
En songeant que bientôt nous pourrions boire la goutte ;
Quand sans m’avertir, je le sens regimber
Et en un clin d’œil sans m’en aviser
Au milieu du sentier je me retrouve les quatre fers en l’air.
- Rien que d’y penser j’en tremble encore !
Mai ce qui me plait c’est son joli braiement ;
Ils en sont tous ravis, tant ils en sont charmés,
Pour preuve je dirai que, quand l’aube est levée,
Sa voix donne le ton aux autres ânes de la contrée,
Et puis de loin en loin la note de là-haut
Se répète cent fois jusqu’au lointain.
Aussi, quand il parle de lui, Jeannot le crieur public,
Dit que pour son métier mon âne ferait l’affaire.
Chacun en est jaloux, et dans notre maison
Celui qui verrait notre entente, c’est sûr qu’elle lui ferait plaisir,
Car mon âne, mon chien, moi et ma femme
Nous formons dans le moulin le plus belle des familles !