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DIMARS 1é D’ÓUTOBRE 2019

 

Santo Terèso de l’Enfant Jèsu

Es la rintrado

 

 

Ditado :

 

  • En óutobre lou pouarc souto lou roure.

Au mois de septembre le porc est sous le chêne.

 

  • La mita dóu mounde fa enrabia l’autro.

La moitié du monde fait enrager l’autre.

 

  • Lou mounde es uno belle escolo.

Le monde est une belle école.

 

Tèmo :

 

  • Il y a toujours une manière pour couper le fromage.

Li a toujour un biais de coupa lou fromàgi.

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LES COUILLONS DE CUERS

 

Les couillons de Cuers ! Pourquoi, me direz-vous, ce titre. Pour plus d’une raison, mais d’abord pour faire chanter les imbéciles des autres endroits. Que je vous explique.

Cuers es bâti sur la pente d’une colline. Il a un pied sur le flanc, un autre dans la plaine. Le vieux pays est agrippé sur la côte. Le village nouveau fait le saut du cabri sur une rivière sans eau : le Meige Pan. Perchée, sa chapelle de Notre-Dame de Santé semble un doigt qui bénit. Il ya vingt ans de cela, à son côté, se dressait un dattier qui en fait de dattes, n’avait jamais vuque celles de Pierre Petun, qui chaque matin, de bonne heure, allait y faire à son pied : bien qu’il soit un peu discordant, il donnait au paysage un petit air africain, je ne vous dit que ça.

La campagne s’étend tout autour comme un grand drap tout rapiécé. Là un carré de vignes, là un rectangle bordé de cyprès ; cela ressemble à un échiquier gigantesque dont les cabanons et les petites maisons seraient les pions.

 

La fête est pour la Saint Pierre au début d’août. Cinq jours durant le bal fait accourir les jeunesde dix heures au loin. Le concours de boules attire les joueurs du Var tout entier. Tout Puget, tout Pierrefeu, tout Solliés se retrouvent là pour la fête.

Cuers est renommé aussi bien pour ses huiles et ses vins. Des huiles et des vins remarquables ! Mais il tient sa réputation surtout de ses couillons. Songez un peu, les couillons de Cuers !

 

Parce il y a couillon et couillon. Les couillons de Cuers ne sont pas des imbéciles, des nigauds, des lourdauds. Non, ce sont des couillons tout court. Un exemple vous fera comprendre.

Mon pauvre paire quand il voyait que je préférai un doigt de vin denoix à un plein verre d’eau, me disait :

  • Tu en es un petit !

Un autre exemple : Deux héritiers se trouvent devant deux piles de linges, l’une bien haute de serviettes et de torchons, l’autre plus basse, de draps. Celui qui a le choix est un couillon de Cuers. Il prend généreusement les draps et laisse le plus gros tas à l’autre.

 

Maintenant tu sens ce que c’est. Voilà pourquoi le proverbe dit : c’est un couillon de Cuers, il prend des draps pour des serviettes. C’est le cas de celui qui fait l’âne pour avoir du son. Il vous a tout l’air d’un nigaud, mais il ne se sert jamais à son détriment. C’est un couillon qui raffine les fins.

 

Parmi les Cuersois, je me souviens d’une belle farandole, sans pour autant remonter loin dans le temps. Ce sont tous des gens que j’ai connu et il y en a même qui vivent encore.

Ici il y a Jame le serrurier. Daups le prince des affineurs. Mais il ne faut pas oublier Audier le menuisier, qui prenait la mesure d’une porte en écartant la main.. Guilas le ferblantier, le canard qui péchait avec le fusil et chassait au lacet. Necensi dont je ne me rappelle plus les tics et les travers et qui mourut, je crois bien de mort violente.

Pas loin de ma maison habitait Julienne Rous qui tenait une auberge, elle s’était lise avec Rous, le maquignon.

Le menu de sa tambouille le dimanche était :

Soupe au riz

Saucisse avec du riz.

Moules au riz.

Poule au riz.

Je me rappelle Basamo qui vendait des petits santons bénis et des chapelets. Il habitaitdans les vieux quartiers, sur le chemin de Notre-Dame de Santé. C’était un nainet il avait une petite voix de castrat. Il vivait avec François. Sur ce ménage d’hommes courraient de bruits infâmes, commérages qu’enfant je ne comprenais pas bien.

Mon père louait François et Basamo pour la cueillette des olives.

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De quoi je me souviens encore ? De Pierre Petun et de Ferdinand le fou, de Bounaud le rouge, de Gareau le mauvais chapeau ; il faisait le tour de ville en tapant sur sa caisse.Ce sont tous des couillons ça, me direz-vous. Oui des couillons ou des sots c’est tout.

Je ne veux pas achever ce brin de préface sans dire deux mots des mes ancêtres paternels.

Mon grand-père était tuilier. Cependant il ne savait pas compter jusqu’à mille. Il avait sa fabrique au quartier de Landué. Chaque jour que Dieu faisait il s’acheminait vers son ouvrage ; Ma grand-mère, elle, tenait une auberge sur la route de Toulon. Bonne cuisinière, bonne palefrenière, de plus elle n’avait pas froid aux yeux. Quand éclatait une dispute entre charretiers c’était ma grand-mère qui la faisait cesser.Bâtie à parer vingt coup de mistral, elle avait eu dix-huit enfants, à coup de pieds au derrière elle mettait dehors les perturbateurs. Elle avait un sacré caractère. Si elle se fâchait avec quelqu’un, il fallait faire une croix, même si celui-ci était un de ses enfants.

Une nuit elle amena le pot de chambre plein de miel devant la boucherie de mon père.

Mais où elle était charmante, c’est quand elle dégustait – et assez souvent – deux doigts de rhum dans un grand verre., en disant :

– Je ne sais pas comment font ces putains pour boire ça !

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