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DIMARS 19 DE MARS 2019

 

Santo Jóusè

 

Ditado :

 

  • Qu vòu un bouan melounié que lou fague à Sant-Jóusè.

Qui veut une bonne plantation de melons qu’il la fasse à la Saint-Joseph

 

  • Quand en mars trono l’amelo es bouano.

Quand le tonnerre gronde en mars l’amande est bonne.

 

  • Lei pijoun qu’arribon de tard au pijounié, marco de plueio pèr lei jour que vènon.

Les pigeons qui arrivent tard au pigeonnier, c’est la marque de pluie pour les jours qui viennent.

 

 

​Tèmo :

 

  • Les hirondelles qui volent au ras de l’eau et au ras du sol indiquent le mauvais temps.

Li dindouleto que volon ras d’aigo e ras de sòu marcon lou marrit tèms

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LA MESSE DE MINUIT

        

Ça vous rappelle aussi, dit la vieille Bachin, des farces qui se faisaient à la messe de minuit ?

Bien avant l’heure d’entrer à l’église, il y avait des garnements qui allaient vider dans le bénitier une bouteille d’encre ; et alors, quand les dévotes arrivaient pour se signer, elles se barbouillaient les lèvres de noir ! Dans l’obscurité cela ne se voyait pas, mais quand on allumait les cierges pour l’office, on aurait dit que l’on se trouvait dans une assemblée de moricaudes.

Vous pensez alors les fous rires.

Mais cela n’était pas tout. Au moment de l’Élévation, quand toute l’assistance baissait la tête, il y avait des farceurs qui venaient en catimini, derrière les chaises, pour coudre ensemble les robes de toutes les dévotes qui se trouvaient là. Ce qui fait qu’au moment de la sortie, alors que chacun était pressé de courir chez lui pour se mettre au chaud dans le lit, on voyait des tas qui restaient attachés dans pouvoir se séparer.

Il fallait voir les scènes qui se passaient ! Des fois les dévotes attachées s’attrapaient comme pour un massacre. Elles oubliaient que dans la maison de Dieu et qu’elle venaient assister à la Sainte Messe. On en entendait des mots, qui vous faisaient frémir, et quand elles s’étaient dit toutes les méchancetés, qu’elles s’étaient traitées de « mange-bon-Dieu », de « pilier de sacristie », de « poupée de curé », elles finissaient par se séparer en déchirant leurs robes.

       Cela faisait rire les badauds que nous étions. On se serait cru au théâtre où il y en a qui font les singes pour se faire pisser dessus les gens qui ont payé pour cela. Bine des fois nous en riions encore avec mon mari – qu’il soit au Paradis – au moment où nous allions se mettre au lit.

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LA CRÈCHE

        

     La vieille Bachin n’avait pas perdu l’usage de faire le crèche.

Venez voir celle que j’ai faite cette année, me dit-elle. Elle est belle, allez !

C’était dans une caisse de bois, ouverte d’un côté, que se passait toute la scène pastorale.

Il y avait tout un monde de petits santons, entièrement peints de couleur si agréables qu’il semblaient habillés de neuf. Au beau lieu du fonds , l’étable en carton ouvrait sa porte à deux ventaux à la venue de tout un peuple de personnes de la campagne qui courraient pour apporter leurs humbles hommages à la Sainte Famille.

     Dans l’étable délabrée, à genoux, l’âne et le bœuf réchauffait de leur souffle le tout petit enfant à moitié nu, couché sur la paille entre la Vierge couverte d’un voile bleu et Sant Joseph, barbu, tenant dans la main son bâton de marche.

À la fenêtre, le Ravi, levant sa lampe, regardait les Rois Mages  qui, amenés par l’étoile étincelante, portaient l’or, l’encens et la myrrhe, suivi d’un troupeau de négrillons tenant par derrière leurs manteaux.

   Des bergers, avec leurs troupeaux de brebis et d’agneaux broutant l’herbe faire de mousse, cheminaient tout doucement par de petits sentiers. Éparpillés un peu partout, ils descendaient ou montaient des collines de gros parier froissé, sous des branches de genets  ou d’épineux qui représentaient des arbres. Ils s’en allaient vers l’étable tout un peuple de santons. Là, Délicate, en cotillon court et en casaquin à motifs fleuris, portait dans son petit panier des œufs et des fougasses. Près d’elle suivait le bohémien avec sa cape brune  et son grand chapeau pointu. Venaient d’ici, delà, en haut, en bas, le chasseur avec son chien, le rémouleur avec son attirail, le boulanger avec sa corbeille de pain sur l’épaule ? Barthélémy en sabots et bonnet de coton, Pistachier la bouteille aux lèvres, le Tambourinaire jouant du galoubet avec le tambourin, le pêcheur avec sa corbeille de poissons, une bergère qui poussait devant elle à coups de branches un âne chargé de ses cabas, le meunier qui marchait plié avec son sac de farine.

      Du ciel étoilé d’or descendait au bout d’un fil, l’ange Boufarel annonçant avec sa trompette la naissance de l’homme Dieu.

      Tout ce monde en pâte jouait la légende biblique sous le regard des gens de Provence. Tout cela n’était rien, si vous voulez ; mais émouvait tout de même par le souvenir des choses du passé, des choses qu’avaient tant aimées nos anciens et, qu’à fur et à mesure qu’elles se déroulaient, s’en allaient pour ne plus revenir.

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