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DIMARS 19 de JANVIÉ 2021

Sant Marius

 

MARRIDO MALAUTIÉ

 

Dins la carriero, quàuquei fremo que fasien ana, d'ouro, la fueio de baguié, avien vist intra moussu Sarreto, lou medecin, encò de la grosso Mioun, la fremo de Pataras.

– De-segur, disié, eis autro, misè Sardou, dèu èstre soun ome qu'es malaut, car emé tóutei lei pataclet qu'a begu dins sa vido, lou mesquin dèu agué lou fege brula. Sàbi pas coumo fa pèr si teni dre. Mai quouro sourtira moussu Sarreto, l'arrambarai pèr m'entreva. Anas, lou counouìssi proun pèr acò. Es vengu mai de vint còup à l'oustau quouro lou pichoun avié lou sunepin.

En efèt, misè Sardou faguè coumo avié di. Dre que veguè pouncheja moussu Sarreto sus la pouarto dóu courredou, lèu, anè l'aganta.

– Pardoun, li diguè, qu l'a de malaut encò de la Mioun ?

–  C'est son mari, faguè lou medecin.

– M'en doutàvi, e que a ?                     

– Il a le delirium tremens.

– E es marrit acò ? demandè la fremo que sabié pas ce qu'èro.

– C'est incurable !

E sus d'acò, coumo s'avié tròup charra, car lei medecin, cregnènço bessai bèn de s'engana s'alargon pas voulountié à parla dóu mau, lachè en plan misè Sardou  que  restè  bouco badiero.

– Que vous a di ? li demandèron leis àutrei fremo quouro aquesto revenguè à-n-élei.

– Ve ! à vous parla  franc, avouè misè Sardou, m'a bardouia quaucarèn que l'ai rèn coumpres.

Urousamen que madamo Sifren, la marchando de terraio, s'atroubè aqui. Curiouso coumo un pet, sus la pouarto de soun magasin, avié apara l'auriho e n'avié pas perdu uno. Coumo si flatavo d'agué de leituro, l'avié rèn d'estounant que coumprenguèsse la lengo dóu medecin.

– Comment, faguè en s'avançant, vous n'avez rien compris à ce qu'il a dit ?

– Nàni, respoundè misè Sardou. E vous l’avès coumpres ?

  – Certainement.

– E qu'a di ?

– Il a dit comme ça que le malade avait le derrière très mince et que c'était un cul rare.

 

 

Antounin Chaude

Armana de La Pignato 1937

 

 

 

MAUVAISE MALADIE

 

Dans la rue, quelques femmes qui, de bonne heure, faisaient marcher leur langue, avaient vu entrer monsieur Sarrette, le médecin, chez la grosse Marion , le femme de Pataras.

– C’est certain, disait aux autres, madame Sardou, ce doit être son mari, car avec tous les pastagas qu’il a bu dans sa vie, le pauvre doit avoir le foie brûlé. Je ne sais pas comment il fait pour tenir debout. Mais quand monsieur Sarrette sortira, je l’accosterai pour me renseigner. Allez, je le connais assez pour cela. Il est venu plus de vingt fois à la maison quand le petit avait la rougeole.

– En effet, madame Sardou fit comme elle avait dit. Dès qu’elle vit arriver monsieur Sarrette à la porte du couloir, vite elle alla l’accoster.

– Pardon, lui dit-elle, qui est malade chez la Marion ?

– C’est son mari, dit le médecin.

– Je m’en doutais, et qu’est-ce qu’il a ?

– Il a le delirium tremens.

– Et c’est mauvais cela ? demanda la femme qui ne savait pas ce que c’était.

– C’est incurable !

Et sur ce, comme s’il avait trop parlé, car les médecins par peur

peut-être de se tromper ne s’étendent pas à parler du mal, laissa en plan madame Sardou qui resta bouche bée.

– Que vous a-t-il dit ? lui demandèrent les autres femmes quand celle-ci revint vers elles.

– Voyez, à vous parler franchement, avoua madame Sardou, il m’a bredouillé quelque chose que je n’ai pas compris.

Heureusement que madame Siffren, la marchande de poteries, se trouvait là. Curieuse comme un pet, sur la porte de son magasin, elle avait tendu l’oreille et n’en avait pas perdu une. Comme elle se flattait d’avoir un peu d’instruction, il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’elle comprît le langage du médecin.

– Comment dit-elle en s’avançant, vous n’avez rien compris à ce qu’il a dit ?

– Non, répondit madame Sardou. Et vous, vous l’avez compris ?

– Certainement.

– Et qu’a-t-il dit ?

– Il a dit comme ça que le malade avait le derrière très mince et que c’était un cul rare.

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