DIMARS 18 DE DESÈMBRE 2018
Sant Gatian
Ditado :
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Desèmbre vau pan dur e nous pas tèndre.
Le mois de décembre est du pain dur et non pas du pain tendre. (décembre est un mois difficile)
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L’ivèr au fue, l’estiéu au jue.
L’hiver au feu, l’été au jeu.
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Amista de gèndre, soulèu de desèmbre.
Amitié de gendre, soleil de décembre (c'est-à-dire manque de chaleur)

AH ! CES CURÉS !
UNE CONFESSION
Margoton allait se marier et, comme c’est l’usage, elle ne manqua pas, pour cela, d’aller à confesse.
Il parait qu’en de telles occasions on a besoin de faire la lessive de ses péchés. C’est une mode de l’Église que tout bon chrétien ne manque pas de suivre.
Le curé était un de ces braves curés de village, bonne pâte d’homme qui connaissait la vie.
Il savait que le pauvre monde n’était pas toujours sans faiblesse et que souvent les gens se laissent tenter par les friponneries de Lucifer. Il pardonnait facilement à tous avec des paroles de consolation qui savaient toucher le cœur des gens de la campagne.
Quand elle fut au confessionnal, Margoton dit :
- Mon père, je m’accuse d’avoir péché.

- Ah ! Oh ! cela commence à se gâter, expliqua le curé tout émoustillé tant cette confession lui plaisait. Et il ajouta : Oui, oui, mon enfant, dites-moi, et après que fit-il ?
- Alors il me prit pas la taille et m’embrassa sur la bouche. Cela me bouleversa tant j’eux du plaisir.
À l’écouter le curé était de plus en plus troublé. Il en bavait d’une joie contenue.
- Et puis, et puis ? disait-il ?
- Et puis à un moment, dit Margoton, ma mère apparut soudain et nous ne sommes pas allés plus loin.
Dépité le curé envoya un coup de poing sur la tablette :
- Coquin de sort ! au plus beau moment !
LA MAISON DE DIEU
Un jour, en chaire, le curé fit un sermon où il dit ces paroles de l’Évangile :
-
Mes frères, il faut couper, au pied, l’arbre qui ne porte pas de fruits.
Cela ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. Tistet, un pauvre paysan qui gagnait tout juste sa vie en piochant chez les autres, n’avait que deux choses au soleil ; une fille à marier qui restait vieille fille et, dans quelques mètres carrés de terrain un noyer qui ne faisait rien.
Cet arbre était tellement rabougri par la vieillesse que, depuis de belles années il ne donnait même pas une mauvaise noix sur la table du soir du gros souper à Noël.
À quelque temps de là, notre paysan alla trouver le curé et il lui dit :
– Il y a un berger qui me prendrait bien mon Honorine, mai il me demande pour cela cent écus et je n’ai pas un sou à la maison. Où voulez-vous que je trouve du travail ? Comment faire ?
Le curé réfléchit un petit moment, puis il dit :
– Voyez, vous ne savez pas ce que vous devriez faire ? Vous devriez faire un don à Notre Seigneur Jésus. Cela, c’est certain vous portera bonheur. Parce que l’on n’a jamais vu qu’une chose pareille reste sans effet.
– Et tonnerre de Dieu que pourrais-je bien lui donner ? J’ai un mauvais noyer dont vous m’avez fait coupé le pied avec vos bonnes paroles.
– Eh bien, cela ira. Avec ce bois on peut faire un jolie croix qui ferait l’ornement de l’église. Allez, donnez toujours. On dit :
Dans la maison de Dieu
Qui y vient, y voit.
Mais on peut dire aussi
À qui lui apporte
Il ouvre sa porte.
Apportez toujours.
Tistet transporta sur le dos le tronc de noyer chez le menuisier de l’endroit et il fit avec lui ces accords : l’un ferait un beau morceau de croix, et l’autre, en paiement, s’occuperait de la treille qui est devant sa maison.
Le menuisier qui était honnête – cela se voit encore un peu – eut l’habilité de lui faire, en plus de la croix, encore une table.
Et quand les deux hommes eurent chacun achevé leur œuvre, ils placèrent la croix dans la plus belle chapelle de l’église.
– Bon Dieu de bois, frère de ma table, faites que je trouve cent écus pour marier la fille Honorine.
Mais chaque fois qu’il venait prier il faisait bien attention d’être seul. Dès qu’il voyait quelqu’un apparaitre, allez ! il fichait le camp.

Les gens eurent vite fait de remarquer ces manèges qui ne paraissaient pas claires, tellement qu’un jour le sacristain, fort intrigué, avant que Tistet ne vienne, alla se cacher derrière l’autel pour en avoir le cœur net.
Tistet arriva et s’assura qu’il était bien seul, puis il entama sa prière.
–Bon Dieu de bois, frère de ma table, faites que je trouve cent écus pour marier ma fille Honorine.
Alors une grosse voix lui répondit :
– Ne compte pas là-dessus, car Honorine est laide comme le péché. C’est un remède contre l’amour.
Sur ce, stupéfié, Tistet senti soudain qu’il allait éclater :
– C’est ainsi que tu me traites ? dit l’homme avec dépit. Je vois bien, bon Dieu de bois, que vous tu ne valez pas plus que le noyer de mon terrain. Si au moins vous m’aviez averti plus tôt, il y a longtemps que je ne ferais plus fait le couillon.