DIMARS 15 DE NOUVÈMBRE 2016
Sant Aubert (Albert)
Ditado :
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Nouvèmbre grato li cèndre.
Novembre gratte les cendres (il est temps de faire du feu à la maison).
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Si veirié pulèu uno saumo sènso pèu qu’un dissato sènso soulèu.
On verrait plutôt une ânesse sans poil qu’un samedi sans soleil.
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Pèr uno fedo rougnouso fau pas vèndre lou troupèu.
Pour uen brebis galeuse il ne faut pas vendre le troupeau.
Tèmo :
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Toute poule qui chante autant ne fait jamais deux œufs.
Touto galino que canto autant fa jamai dous uou.
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Ramatuelle et Gassin dansent au même tambourin.
Ramatuelo e Gassin danson au meme tambourin.
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Il vaut mieux user des savates que des linceuls.
Vau miés gausi de sabato que de linçòu.
LEI FANAU
Es mau vengu dins nouastre peïs de parla de sei sòu ; e noun soulamen es mau vengu pèr lei counvenènci, mai encaro perqué, segound lei Coumpian dins lou tèms arrivè uno drolo d'istòri à-n-un que li dihien lou Gros Pascau.
Aquéu Pascau, un levènti, dihié que n'i'avié que pèr éu, que li 'vié degun qu'avié mai de sòu souto la capo dóu soulèu. Se vantavo toujour de n'agué tant e puei mai, e pèr provo sabié pas parla sènso gangassa de-longo lei quatre pecèto qu'avié dins lei pocho.
Nouastre ome mancavo pas 'no fiero : anavo de pertout pèr se fa vèire. De-z-Aup à Draguignan, en passant pèr Castelano e Moustié mancavo ges de fiero ; e blagavo tout lou jour. Éu counouissié tóuti lei marchand... (remarcas, que lei marchand tambèn lou counouissien, perqué de sòu, nouastre boucabèu, de sòu, n'avié pas mai que iéu, mai lei fahié dinda !).
Lei fiero coumo lei passavo ? Blagavo tout lou jour coumo uno sounaio, à l'un, à l'autre ; se fahié paga béure à-n-un, chinavo lou dina à-n-un autre e lou jour se passavo... Pamens tóuti lei souar, s'anuechavo e rintravo à l'oustau.
Aquel ome, de tant se vanta, (e es acò qu'es resta dins la memòri deis ancian), li pourtè malur. Li pourtè malur, perqué lou Bouan Diéu, pèr lou puni, un jour li mandè lei fanau.
Lei fanau soun aquélei lume qu'an toujour fa pòu ei gènt, aquélei lume que dins la nue de tèms en tèms parèisson. E acò se passè un souar dóu dès febrié, qu'èro la grando fiero d'ivèr de Draguignan. Bèn segur Pascau li èro ana, quand lou souar s'anuechè. Aquéstou còup, fahié un tempas, uno bourrasco ! toumbavo d'aigo-nèu, plóuvié, boufavo e èro mai de nòuv ouro quouro s'acampè.
Alor aqui, passa lou pichin peïs de Coump, pèr se rèndre à sa bastido, enreguè la draio que mounto sus 'no pichino coualo baussenco, pleno de roco. Quouro fouguè aqui sus, sus aquesto coualo – que pèr tèms clar, d'aqui li viar touto la coumuno e enca bèn plus luen – alor s'aubourè un pau souto la chavano.
Toumbavo, vous diéu, d'aigo-nèu, que passavo en lagremo frèio souto soun gros mantèu.
En aubourant la tèsto, veguè veni dei coualo de Roubien que se trovon à l'uba,
oh ! un lume que li venié sus ! oto belèu ! Se virè de drecho : veguè veni de Lachens, que se trovo au trelus lou meme lume. Aquéu de còup ! S'aplantè e restè clavela. Mai que diau poudié èstre acò ?
Puei se viro devès Faiet, dóu coustat dóu tremount, vaqui la tresiemo boufigo roujo que li vèn sus ! Alor se dis :
– « Òu ! es pas lou tout de resta 'qui ! s'entournen au peïs ! »
E m'avèr coumprés, en se revirant la quatrièmo boufigo roujo que venié dóu miejour li davalè dessus.
Alor Pascau restè palafica, bouleguè pas pus, e lei lume venguèron franc à quatre o cinq mètre d'éu e se metèron à fa lou vòut à soun entour. Èro glaça de pòu, glaça de frèi, l'aigo-nèu passavo lou mantèu, bagnavo sei nipo, éu tremoulavo. Se dis ensin :
– « Pascau, siés perdu ! »
E restè 'qui un moumen... alor li semblè auvi la bourrasco, tout en boufant, lou vènt subla eis aureio, que li fahié :
– « Tei sòu, teiiii sòu, teiii sòu... »
Pascau metè subran la man ei pocho, mai pensar bèn que lei quatre pecèto qu'avié, li avié bèu tèms qu'avien trecoula dins lei tiradou dei cafetié de Draguignan. Avié pu rèn ! Poudié meme pas manda uno pecèto dins uno farigo. La nue negro... la bourrasco que boufavo e toujour aquéu ressoun :
– « Tei sòu, teiiii sòu, teiii sòu... »
Alor Pascau coumprenguè, coum-prenguè qu'avié toujour menti e qu'avié toujour di de messonjo en tout lou mounde en diant qu'avié de sòu. Moucò s'agenouiè e tout en paternejant, ah ! jurè, que jamai plus parlarié de sei sòu. Nous dis la legèndo, qu'à-n-aquéu moumen, lou veguènt aqui faire un repenti de couar, lei boufigo s'esvanissèron, coumo èron vengudo.
Nouastre paure Pascau, tant bèn que mau, s'aubouro, e chalin-chalan en s'encoublant en tóuti lei peirau de la draio se rendè au siéu...
Arribè qu'èro mai de miejo-nue, trempa, gela, aguè just lou tèms d'en pau counta l'istòri à sa fremo que li faguè lèu un pau de bouioun caud, se couchè e pichoun à pichoun la fèbre manjarello l'agantè.
Lou malur dei cauvo, es que debanè au bout de quinge jour.
Vaqui perqué parla dei sòu dins lou peïs coumpian es uno cauvo mau-vengudo.
Pau TROIN
LES FEUX FOLLETS
C’est mal venu dans notre région de parler de ses sous ; et non seulement c’est mal venu par les convenances, mais encore par ce que, selon les habitants de Comps, dans le temps, il arriva une drôle d’histoire à quelqu’un qu’on appelait le Gros Pascal.
Ce Pascal, un fanfaron, disait qu’il n’y en avait que pour lui, qu’il n’y avait personne qui avait plus d’argent que lui en ce monde. Il se vantait toujours d’en avoir tant et plus, et pour preuve il ne savait pas parler sans secouer sans arrêt les quatre piécettes qu’il avait dans les poches.
Notre home ne manquait pas une foire ; il allait partout pour de faire voir. D’Aups à Draguignan, en passant pas Castellane et Moustiers il ne manquait aucune foire ; et blaguait tout le jour. Lui connaissait tous les marchands… (remarquez que les marchands aussi le connaissaient, parce que des sous, notre beau parleur, des sosu, il n’en avait pas plus que moi, mais il les faisait tinter !).
Les foires comment il les passaient ? Il blaguait tout le jour haut et fort, à l’un, à l’autre ; il faisait payer à boire à l’un, chinait le déjeuner à un autre et le jour passait.. Cependant tous les soirs, à la nuit il rentrait à la maison.
Cet homme, tant se vanter (et c’est cela qui est resté dans la mémoire des anciens), lui porta malheur. Lui porta malheur, car le Bon Dieu, pour le punir, un jour lui envoya les feux-follets.
Les feux-follets sont ces lumières qui ont toujours fait peur aux gens, ces lumières qui dans la nuit, de temps en temps, paraissent. Et cela se passa un soir du dix février, qui était la grande foire d’hiver de Draguignan. Bien sûr Pascal y était allé, quand, la nuit tomba. Cette fois, il faisait gros temps, une bourrasque ! il tombait de la neige fondue, il pleuvait, le vent soufflait et il était plus de neuf heures quand il se mit en route pour rentrer chez lui.
Alors là, passé le petit village de Comps, pour se rendre à sa ferme, il prti le chemin qui monte sur une petite colline escarpée, peine de rochers. Quand il fut au sommet de cette collione — d’où par temps clair, de là on voit toute la commune et encore plus loin — alors il se redressa un peu sous la tempête.
Il tombait, je vous dit, de la neige fondue, qui passait en larmes froides sous son gros manteau.
En levant la tête, il vit venir des collines de Roubion qui se trouvent ua nord, oh ! une lumière qui venait vers lui ! diantre ! il se tourna vers la droite : il vit venir de Lachens, qui se trouve au levant, la même lumière. Elle sst bonne celle là ! Il s’arrêta et resta cloué. Mais que diable pouvait être cela ?
Puis il se tourna vers Faiet, du côté du couchant, voici qu’une troisième bulle rouge vient vers lui ! Alors il se dit :
— « Ouh ! ce n’est pas le tout de rester ici ! rentrons au village ! »
Et vous m’avez compris, en retournant la quatrième lumière rouge qui venait du midi lui tomba dessus.
Alors Pascal resta pétrifié, il ne bougea plus, et les lumières vinrent directement à quatre ou cinq mètres de lui et se mirent à tourner autour de lui. Il était glacé de peur, glacé de froid, la neige fondue passait sous son manteau, trempait ses vêtements, lui tremblait. Il se dit ainsi :
— « Pascal, tu es perdu ! »
Et il resta là un moment… alors il lui sembla entendre la bourrasque ; tout en soufflant, le vent sifflait à ses oreilles , qui lui disait :
— « Tes sous, teees sous, teees sous… ».
Pascal mit soudain sa main dans ses poches, mais vous pensez bien que les quatre piécettes qu’il avait, il y avait beau temps qu’elles avaient disparues dans les tiroirs des cafetiers de Draguignan. Il n’avait plus rien Il ne pouvait même pas envoyer une pièce dans l’herbe. La nuit noire… la bourrasque qui soufflait et toujours cet écho :
— « Tes sous, teees sous, teees sous… ».
Alors Pascal comprit, il comprit qu’il avait toujours menti et qu’il avait dit des mensonges à tout le monde en disant qu’il avait de l’argent. Alors il s’agenouilla tout en récitant des paters, ah ! il jura que jamais plus il ne parlerai de ses sous. La légende nous dit, qu’à ce moment, le voyant se repentir sincèrement, les lumières s’évanouirent comme elles étaient venues.
Notre pauvre Pascal, tant bien que mal se leva et cahin caha en trébuchant sur toutes les pierres du chemin il rentra chez lui.
Il arriva alors qu’il était plus de minuit, trempé, gelé, il eut juste le temps de raconter un peu l’histoire à sa femme qui lui fit un peu de bouillon chaud, il se coucha et petit à petit la fièvre le pri.
Le mlheur des choses, est qu’il mour au bout de quinze jours.
Voilà pourquoi parler d’argent dans la région de Comps est une chose malvenue.
Paul TROIN