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DIMARS 15 DE JANVIÉ 2019

 

Sant Roumié

 

Ditado :

 

  • Fau escusa lou vin e castiga lou flasco.

Il faut excuser le vin et châtier la bouteille.

 

  • Eisabèu, se noun sias bello vouastre noum es bèu.

Élisabeth, si vous n’êtes pas belle votre nom est beau.

 

  • Lou bouan Diéu vòu degun de countènt.

Le bon Dieu ne veut personne de content.

 

Tèmo :

 

  • Un beau château dans un village est un beau nez au milieu de la figure.

Un bèu castèu dins un vilàgi es un bèu nas au mitan de la caro

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LE MENDIANT

            Jamais peut-être on n’avait vu un tel fainéant ici-bas.

            On parle de côte-en-long,  de vaurien, d’indolent. Il avait un manche de pioche derrière le dos, tellement qu’il ne se serait même pas baissé pour ramasser un sou qui serait tombé.

            Il était né avec la paresse dans le sang et, vous savez,  qui nait pointu ne peut pas mourir carré.

            Il préférait cent fois tendre la main et demander à manger par charité que d’attraper une ampoule.

            Le bougre ne faisait pas là mauvais compte. Il y avait des jours  où il récoltait pas mal. Les pièces tintaient dans sa poche, et ce jour là, allez, il faisait bombance ; à nous les bouteilles cachetées et les bons morceaux !

            Parce que l’homme était autant porté sur la bonne chère qu’il avait le travail en horreur.

Mais, le pauvre, cela ne tournait pas toujours aussi bien. Il lui arrivait d’être affamé. Le soir l’estomac aussi vide que la bourse, il rentrait à la maison, une masure sombre comme la poix. Tant pis, cela ne lui faisait absolument rien, il se couchait et dormait jusqu’au lever du soleil.

            Mais il avait des astuces. Il fréquentait souvent les vauriens et – c’est avec les poules qu’on apprend à gratter – il pensait :

  • Maintenant il faut changer de rôle. J’ai assez fait le cul-de-jatte, il faut que fasse l’estropié.

Ou bien :

  • J’ai assez fait le borgne, il faut que je fasse le boiteux.

            Ainsi il s’organisait pour la circonstance. Une fois il se trainait sur des béquilles, les jambes enveloppées de chiffons, pour faire le blessé de guerre, mais dès qu’on l’avait assez vu dans quelque endroit et que les sous se faisaient rares dans sa sébile, allez ! il changeait de quartier et de handicap, alors il faisait l’aveugle, il se retroussait les paupières et faisait l’œil blanc à vous faire frémir. Il se mettait un écriteau sur la poitrine : « Ayez pitié d’un pauvre aveugle, père de dix enfants » et il restait appuyé contre le mur, comme un pilier, comme un pantin dégingandé.

            Un dimanche devant la grille de l’église Saint-Louis, il demandait l’aumône à toutes ces dames bien habillées qui vont plutôt à la messe pour être vues que pour la foi. Passa l’une d’elle qu’il savait être fort généreuses aux yeux de tous. Il lui dit :

  • Ayez pitié, ma belle âme charitable, d’un pauvre bougre qui n’a pas toujours tendu la main.

La dame le regarda bien et lui répondit :

  • Tiens, c’est vrai, il me semble bien que, l’autre jour, vous étiez manchot.

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À MALIN, MALIN ET DEMI

            Allez, vous avez beau chercher dans l’almanach, vous ne trouverez pas saint Baptistère.

            Cependant ce saint fait beaucoup parler de lui. Mais que voulez-vous ? Il n’y a que trois-cent-soixante-cinq jours dans l’année, et les saints sont des milliers, ceux qui se trouvent sur l’almanach n’en veulent que pour eux et ne feraient pas de place à d’autres pour rien au monde.

            Quoiqu’il en soit, saint Baptistère se trouve derrière l’almanach. C’est juste pour cela que monsieur Roudet, qui est un malin, et, encore plus, un mauvais payeur, s’engagea pas écrit à rendre à son compère, monsieur Raphaël, le jour de la saint Baptistère, la somme de huit-cent-quinze francs que celui-ci lui avait prêté.

            Le gueux savait ce qu’il faisait, en choisissant cette fête pour payer, il était certain de ne pas s’appauvrir jamais pour cela, parce qu’elle tomberait  à la saint-glinglin, et que ce saint, ni vous ni moi ne le verra jamais.

            Monsieur Raphaël ne dit rien et laissa courir.

Puis à la Toussaint, pan, pan, il vint frapper à la porte de monsieur Roudet.

- Quelles  nouvelles ? lui dit celui-ci.

- Je viens pour me faire payer ce que vous me devez.

- Comment ? Nous ne sommes pas encore à la saint Baptistère !

- Mais nous sommes à la fête de tous les saints et, dans le tas, se trouve celle de  Baptistère.

Monsieur Boudet fit du tapage mais le prêteur ne voulut rien entendre.

- Voyez, disait monsieur Raphaël, que vous le vouliez ou non, il faut me payer.

Ils allèrent jusqu’en justice, et monsieur Boudet fut bel et bien obligé de payer sa dette.

- Voyez, dit-il ensuite monsieur Raphaël, vous êtes une fine lame, mais vous connaissez le proverbe : « A malin, malin et demi ».

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