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DIMARS 14 DE MAI 2019

 

Sant Matias

 

Ditado :

 

  • Qu n’a qu’uno camié souvènt la lavo.

Celui qui n’a qu’une chemise la lave souvent.

 

  • Moussu es au lié, lei braio si secon.

Monsieur est au lit, son pantalon sèche.

 

 

​Tèmo :

 

  • A la fontaine, au moulin, au four, au lavoir, les femmes disent tout.

A la fouant, au moulin, au four, au lavadou, li femo dison tout

 

  • Les cloches du beffroi sonnent le tocsin.

Li campano de la tourre dóu reloge souanon lou toco-san.

 

 

 

AU LAVADOU DE FOULETIERO

Dins nouastre siècle d'infourmacien e de coumunicacien, mi vèn en tèsto que dins lou tèms la coumunicacien passavo souvènt à la fouant e au lavadou. Uno istòri de lavadou, autentico, que s'es passado à Draguignan, li a quatre jour d'acò...

Au lavadou de l'espitau, ou de Fouletiero coumo voulès, long de cinquanto cano au mens, tóutei lei Draguignanenco dóu debut dóu siècle passa, si retrouvavon, e, poudès mi crèire, la fueio de baguié anavo bouan trin !

D'un caire dóu lavadou, devers lou Carmèu, uno bugadiero dis à sa vesino : :
      – Hòu ! as pas entendu dire que lou pèro Rinaud, de la carriero de Trans, èro bèn bèn fatiga ?

E patin, e coufin... e patin, e coufin... e la novo va, de bugadiero en bugadiero, sènso va vougué, coumo acò, au fiéu de l'aigo sabounoua que coualo de l'autre caire dóu lavadou, vers Fouletiero, vers la campagno, e au pica regulié dei masso e dei bacèu.

Coumpletamen de l'autre caire, dins un cantoun dóu dabas, la darniero dei bugadiero demando à sa plus procho vesino :

– Ve, ai pas bèn entendu, em'aquéu brut dei masso... à quant d'ouro avèr di que l'enterravon, lou pèro Rinaud ?

AU LAVOIR DE FOLLETIÈRE[1]

Dans notre siècle d’information et de communication, il me vient en tête que dans le temps la communication passait souvent à la fontaine et au lavoir. Une histoire de lavoir, authentique, qui s’est passée à Draguignan, il y a quatre jours de cela…

            Au lavoir de l’hôpital, ou de Folletière comme vous voulez, long de 100 mètres au moins, toutes les Dracenoises du début du siècle passé, se retrouvaient, et, vous pouvez me croire, les langues allaient bon train !

Dans un coin du lavoir, vers le Carmel, une lavandière dit à sa voisine :

– Ho ! tu n’as pas entendu dire que le paire Rinaud, de la rue de Trans, était bien fatigué ?  

Et ceci et cela… et cci, et cela… et la nouvelle va, sans le vouloir, comme cela, au fil de l’eau savonneuse qui coule de l’autre côté du lavoir, vers Folletière, vers la campagne, et aux coups des masses et des battoirs.

Tout au bout de l’autre côté, dans un coin du bas, la dernière des lavandières demande à sa plus proche voisine :

– Vois-tu, je n’ai pas bien entendu, avec de bruit des battoirs… à quelle heure avez-vous dit qu’on l’enterrait, le père Rinaud ?

[1] Folletière est un quartier de Draguignan

    LEI PESE POUNCHU

 

Vaqui uno istòri que s'es bessai passado lou jour dei Rampau...

Lou jour que Fino, sa bono, fahié coueire lei pese pounchu, moussu lou curat anavo si dina emé plesi : acò li agradavo ! Em'uno raiado d'òli d'óulivo, e uno cebo, chaplado dedins...

Fino lou servié en proumié, coumo de coustumo, puei si servié e esperavo.

Ero toujour moussu lou curat que metié l'òli dins lei sieto.

– Viés, Fino, fau faire ensin. Ti fau vèire.

Prenié lou carafoun d'òli e vuejavo en virant sus lei cese de Fino :

– Tùrou-lùrou !

Puei, vuejavo sus lei siéu :

– Tùùùùrou-lùùùùrou !

De-segur, lei cese, èron bèn vougnu !

 

 

LES POIS CHICHES

 

Voici une histoire qui s’es peut-être passée le jour des Rameaux…

Le jour que Joséphine, sa bonne, faisait cuire les pois chiches, monsieur le curé allait déjeuner avec plaisir : ils les aimait !  Avec un rasade d’huile d’olive, et un oignon, haché dedans…

Joséphine le servait en premier, comme de coutume, puis elle se servait et attendait.

C’était toujours monsieur le curé qui mettait l’huile dans les assiettes.

– Tu vois, Joséphine, il faut faire ainsi. Je te fais voir.

Il prenait le carafon d’huile et versait en tournant sur les pois chiches de Joséphine :

– Ture-lure !

Puis, il versait sur les siens :

– Tuuuure-luuuure !

C’est certain, les pois chiches, étaient bien huilés !

LEI MARRÌDEI SENTIDO

 

Despuei la mouart de sa pego d'oumenas, que s'èro cue lei tripo emé de vinasso, la vièio Frousino, qu'avié jamai agu ges d'enfant, si troubavo souleto dins sa cabano.

Un jour que si languissié de tròup, decidè de si cerca uno coumpagno ; davalè à Castelano, e après agué fouarço marcandeja, faguè la pacho d'uno cabrasso negro, banudo e pelouso coumo un bouc. Lou souar, s'anuechavo en tirant sa cabreto quand rescountrè moussu Arnaud, lou Mèro, que passavo en fumant sa pipo.

– Hòu ! la Frousino, eh ! bè, se viéu bèn, avès fa bouano fiero !

– Eh ! o, moussu lou Mèro, pouàdi plus viéure souleto. Prendre un autre ome ? jamai de la vido, Diéu garde ! n'ai agu proun ensin, de m'èstre engourrado un còup, puei enfin, siéu berco, alor ai croumpa 'quelo bestiouno. Pensas pas qu'ai bèn fa ?

– Bèn, bèn, la Frousino, bèn... mai, ente anas metre vouastro cabro ? Avès qu'un pichoun establoun que li plòu coumo defouaro...

– Sàbi bèn, moussu lou Mèro, sàbi bèn. Eh bè, ai pensa que loujarai la cabro emé iéu, dins ma chambreto, e que l'estacarai au pèd de moun lié.

– Mai enfin ! Repepias, Frousino, repepias ! Sounjas pas ei marrìdei sentido ?

– Ah ! moussu lou Mèro, fóurra bèn que ma pauro cabro se li fasse !

 

 

LES MAUVAISES ODEURS

 

Depuis la mort de son diable d’homme qui s’était cuit les tripes avec trop de vinasse ; la vieille Euphrosyne, qui n’avait jamais eu d’enfant, se retrouvait seule dans sa cabane.

Un jour qu’elle s’ennuyait trop, elle décida de se chercher une compagnie ; elle descendit à Castellane, et après avoir beaucoup marchandé, elle fit l’achat d’une grosse chèvre noire, aux grosses cornes et poilue comme un bouc. Le soir, elle rentrait en tirant sa chèvre quand elle rencontra monsieur Arnaud, le Maire, qui passait en fument sa pipe.

– Ho! l’Euphrosyne, et ! bien, si je vois bien, vous avez fait une bonne foire !

– Eh ! oui, monsieur lou Maire, je ne peux plus vivre seule. Prendre un autre homme ? jamais de la vie, Dieu m’en garde ! Cela m’a suffit, de m’être trompée une fois, puis enfin, je ne suis plus bonne à rien, alors j’ai acheté cette bestiole. Vous pensez que j’ai bien fait ?

– Bien, bien, l’Euphrosyne, bien... mais, où allez-vous mettre votre chèvre ? Vous n’avez qu’une petite étable où il pleut comme dehors…

– Je sais bien, monsieur le Mire, je sais bien. Eh bien j’ai pensé que le logerai la chèvre avec moi, dans ma petite chambre, et que je l’attacherai au pied de mon lit.

– Mais enfin ! Vous radotiez, Euphrosyne, vous radotez ! Vous ne pensez pas aux mauvaises odeurs ?

– Ah ! monsieur le Maire, il faudra bien que ma pauvre chèvre s’y fasse !

 

 

QUAND PARLAS D'ÈSTRE OUNÈSTE

 

Ièr au sero, Mèstre Garcin, lou riche, si proumenavo sus la plaço. Passo un joueine que li dis :

– Fès-mi escuso se vous destóurni, mai pourrias pas mi dire quant es d'ouro ?

– De-segur que pourriéu vous va dire, joueine ome, mai... va farai pas.

– E pamens... perqué ?

– Li a pas de pamens que tèngue. Vous dirai pas quant es d'ouro perqué mi semblas bèn ounèste, vias, e que se vous va diéu, pèr mi gramacia, anas m'óufri l'aperitiéu à la buveto dóu cantoun ; e coumo iéu tambèn, siéu ounèste, serai óublija de vous óufri la ressuceto, au miéu ; e coumo sias poulit ome, un còup à l'oustau, agradarés à ma fremo, pèr vouastro graciouseta ; aquelo, vourra vous reteni pèr soupa, e, pèr poulidesso, li refusarés pas ; à taulo, serés en faço de ma fiho, qu'es bèn poulideto, e que vous sera talamen tant agradivo que dins vue jour vendrés mi demanda sa man... Alor, noun, noun e noun, vias ? Noun, vous dirai pas quant es d'ouro ! Car aprenès, moussu, que dounarai jamai la man de ma fiho à-n-un ome qu'a pas lei mouien de si croumpa uno mouastro !

 

Parèis que lou jouvènt n'es panca revengu.

 

 

QUAND VOUS PARLEZ D'ÊTRE HONNÊTE

 

Hier soir, monsieur Garcin, le riche, se promenait sur la place. Passe un jeune qui lui dit :

– Excusez-moi sui je vous dérange, mais pourriez-vous me dire l’heure qu’il est ?

– Bien sûr que je pourrais vous le dire, jeune homme, mais... je ne le ferai pas.

– Et alors, pourquoi ?

– Il n’y a pas d’alors qui tienne.  Je ne vous dirai pas l’heure qu’il est parce que vous me semblez bien poli, voyez-vous, et si je vous le dit, pour me remercier, vous allez m’offrir l’apéritif à la buvette du coin ; et comme moi aussi,  je suis poli, je serai obligé de vous offrir la resucette, chez moi ; et comme vous êtes joli garçon, une fois à la maison, vous plairez à ma femme, par votre courtoisie ; celle-ci, voudra vous retenir pour diner, et, par politesse, vous le lui refuserez pas ; à table, vous serez en face de ma fille, qui est bien jolie, et qui vous sera tellement agréable que dans huit jours vous viendrez me demander sa main… Alors, non, non et non, voyez-vous. Non je ne vous dirai pas l’heure qu’il est ! Car apprenez, monsieur, que je ne donnerai jamais la main de ma fille à un homme qui n’a pas les moyne de s’acheter une montre !

 

Il parait que le jeune homme n’en est pas encore revenu.

 

Jan-Lu Domenge

 Radio-Verdon

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