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DIMARS 14 DE JANVIÉ 2020

 

 

Santo Nina

 

 

Ditado :

 

  • Bon dre a besoun d’ajudo.

Le bon droit à besoin d’aide.

 

  • D’èstre paure fa pas couquin.

Etre pauvre ne fait pas un coquin..

 

 

Tèmo :

 

  • Devinaio : Qui suis-je ?  Ma mère m’a fait en chantant, habillé tout de blanc, je n’ai ni queue ni tête, je suis ni homme ni bête ?$

Ma maire m’a fa en cantant, tout abiha de blanc, noun ai ni co ni tèsto, siéu ni ome ni bèsti.

 

Responso : / un uou

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FRANÇOIS TROTOBAS

 

Lui c’est mon pauvre père. Son âme en paix dans les Champs Élysées soit. Il est mort quand je n’avais pas encore huit ans. Un peu ventru, plutôt râblé, c’est à peine si je me rappelle son image. Je l’appelais Gros-papa. Il avait élevé six enfants, et, pour ce faire, avant guerre, il avait connu beaucoup de misères. Ce n’était pas tout rose, bien qu’il fut boucher, pour faire grands et gros six vauriens et vauriennes. Cela ne l’empêchait pas d’être toujours joyeux.

Une année il jouait dans la Pastorale. Il tenait le rôle du Meunier. Sur la petite scène du théâtre on avait monté un âne. Cette pauvre bête avait été coincée dans les escaliers étroits, aussi devant la foule des spectateurs il ne se sentit plus et fit ses besoins. C’était au moment où Honorée descend de l’âne. Mon père réagit promptement : il mit les figues fraîches dans son bonnet de coton et en fit respirer l’odeur à la pauvre bougre défaillante. Les gens éclatèrent de rire. A la suite venait la scène des cadeaux.

Devant l’enfant Jésus, à ses pieds, chacun apportait ce que le cœur lui avait dit. Le berger, un petit agneau ; le fournier, une fougasse trouée ; le rémouleur, un couteau bien aiguisé. Mon père, le pauvre, n’offrait qu’un pot de poivrons dans de l’eau de vie. En le présentant il largua ces deux vers de sa composition :

Je te promets, Jésus de faire grande fête,

Si ti me fais repousser les cheveux sur ma tête.

Et il se découvrit le crâne qu’il avait luisant et rose comme les fesses d’un nouveau-né. Il aimait ses enfants plus que tout, mon pauvre père, bien plus que la fortune.

Quand vint son dernier né, qui est moi, il l’embrassa maladroitement comme si c’était son premier. Il les aimait même avec leurs vices et leur mauvais caractère. Pour preuve mon frère Henri qui a été un monstre d’enfant. Mais vous connaissez le proverbe : mauvais enfant, bon homme. Maintenant qu’il est installé, c’est un type de première. Je lui dois cet hommage, mais petit ce qu’il a pu faire râler mon père.

Il était tout petit. Pour le faire tenir sage mon père le menaçait de le mettre à La Navarre, pensionnat tenu pas des curés qui menaient la vie dure aux enfants. Un jour, pour passer le temps, mon frère Henri s’était balancé aux volets de la fenêtré du premier. Mon père se déguisa en capucin avec un cape de berger et une grande barbe de coton en mèche. Comme Henri rentrait de l’école, papa dit d’une voix contrefaite e mielleuse.

– C’est le petit Henri qui vient à la Navarre ?

Jeter le cartable au sol, faire un bond et disparaître fut vire fait.

A dix heures du soir, Fredo l’aîné, le trouva blotti dans un fossé de la Farrage

S’il aimait les côtelettes, vous pouvez en juger. Les soirs où l’on s’en régalait à la maison, il ne laissait rien aux chiens ; il ramassait les os et le rongeait délicieusement dans son lit.

Mon père voulait que personne ne frappe ses enfants. Il se réservait le soin de les châtier. Un après-midi, que diable Henri avait-il encore fait ! Le père Trabaud, le maître d’école, envoya chercher mon père pour qu’il donne au petit la tannée qu’il méritait. Papa entra dans la classe la corde cachée sous sa blouse de boucher. Un bout pendait, c’était trop. Henri sentant venir le péril, d’un bond sauta par la fenêtre… et cours-lui derrière mon père !

Plus atrd on le mir en apprentissage chez Pelazza, le confiseur. Ce Pelazza ! il bondissait comme une puce. D’un saut il allait sur la table de marbre.

– Henri tu n’y arrives pas, toi.

– Sûr que j’y saute. Et il sauta. Ah ! Malheureux ! La table éclata en mille morceaux. Pelazza avait des pantoufles, mon frère avait de gros souliers cloutés.

Aujourd’hui, Henri a fait son chemin, comme ses frères et sœurs. Il n’y a ni de généraux, ni de députés dans notre famille, mais ce sont tous d’honnêtes personnes. Que mon père serait heureux de voir tous ses enfants en place.

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