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DIMARS 13 DE MARS 2018

 

Sant Roudrigue

 

 

Ditado :

 

  • Quand lei bouàneis óudour vo lei marrido mounton pus fouart dins lou nas, marco de plueio

    Quand les bonnes odeurs ou les mauvaises montent plus fort au nez, marque de pluie

     

  • La flamo que mounto bèn tranquilo e bèn drecho, marco que fara bèu.

    La flamme qui montre bien tranquille et bien droite, marque qu’il fera beau.

     

  • Uno poulido fremo es lou paradis deis uei, lou purgatòri de la bourso e l’infèr de l’amo.

    Une jolie femme est le paradis de l’œil, le purgatoire de la bourse et l’enfer de l’amo.

     

     

Tèmo :

 

  • C’est un âne de montagne qui porte le vin et boit l’eau.

    Es un ai de mountagno que pouarto lou vin e bèu l’aigo.

     

  • Pour reconnaitre un âne il n’est pas besoin qu’il brait.

    Pèr recounèisse un ai es pas besoun que brame.

     

    Tèste d’Antounin CHAUDE de Touloun di Mèste Bartoumiéu

    Antoni Chaude (Touloun - 1868 / La Seyne – 1956)

    Foundadou e direitour de la Pignato et de l’Armana de la Pignato

MARIE-TOI !!

 

Monsieur Ambroise se tracassait à propos de son fils qui déjà, la nuit , courrait comme un chat de gouttière.

Le père le voyait mal parti.

Il avait peur qu’il prenne le chemin de la débauche.

Il songea donc à la marier avec une jeune qui lui plaisait bien. Un beau matin il en parla au fils.

— Alexandre, lui dit-il, il vaudrait mieux te marier. J’ai pour toi quelqu’un en vue qui ferait bien ton affaire. C’est une très jeune fille

— Alors dit le fils, elle n’en sera que plus niaise.

— Si tu voyais, ajouta son père, comme elle est jolie : c’est un amour !

— Aïe ! aïe , aïe ! répondit l’enfant, attention à ma tête ! Elle l’aurait vite chargé de cornes.

— Et avec cela d’une bonne maison, ses parents ne sont pas des gens du commun.

— Dans ce cas sans arrêt elle me parlera de la grandeur de sa lignée.

— Elle est très vertueuses…

— Pour moi cela n’est que des singeries.

— L’esprit ne lui manque pas.

— Il y en a peut-être trop pour moi. Je vois que, dans tout ce que vous me dites, il n’y a rien qui fasse mon affaire.

— En plus, ce qui ne gâte rien, elle dispose de vingt mille francs, sans compter que qui l’attend un jour comme maisons, biens et capital…

— Si c’est ainsi, dit Alexandre, je veux bien la prendre. Mais pourquoi êtes-vous allé chercher tant de détours ? Vous n’aviez qu’a commencer par me dire cela, d’un coup tout était fini.

 

           

LES SOULIERS

 

L’autre soir, je fus invité à diner chez les parents de mon amoureuse. Pour cette circonstance, je m’étais mis sur mon trente-et-un, j’étrennais mon pantalon neuf et mon chapeau de paille. J’avais mis ma veste d’alpaga qui me mettait en valeur.

Sans me flatter, je présentais bien, allez ! J’avais l’air comme il faut surtout avec mon gilet parsemé de petites fleurs et ma cravate de soie.

Il n’y avait qu’une chose qui n’allait pas : mes souliers ; ils étaient neufs. Dites ! ce coquin de cordonnier les avait ratés, ils me les avait fait si étroits qu’il me faisaient regimber.

Vous parlez de souffrir !  Vous auriez dit que je marchais en boitant, ou plutôt que j’avais peur d’écraser des œufs.

À table je voulais faire bonne contenance, mais mes pieds me cuisaient. Je me trouvais bien content de ne pas avoir mis de chaussettes.

Au rôti les orteils me sifflaient.

Quand on passa la salade, je n’y puis plus tenir, une plainte m’échappa.

— Qué-que vous avez ? me dit mon amoureuse qui était à côté de moi. Vous souffrez ?

— Oh ! non lui répondis-je, c’est le bonheur d’être assété à côté de vous.

Je fis une grimace pour sourire. Je n’avais plus la force de supporter la douleur ;

« Tant pis me dis-je en moi-même , le vais enlever mes souliers, je les remettrai tout-à- l’heure quand nous nous lèverons de table.

Alors sans faire semblant de rien, tout doucement, un pied après l’autre, je me déchaussai comme font les manchots, en appuyant de la pointe de l’un sur le derrière de l’autre…

Soudain je me trouvai aux anges.

Quel soulagement !! Il me semblait que je sortais mes pieds de la braise. Que j’étais bien ! Je bougeait mes orteils.

Il y avait bien le chien de la maison qui venait me les lécher , mais cela n’était pas trop désagréable. Au contraire.

Quand vint le moment de se lever de table, je pêchai les souliers avec mes pieds.  J’envoyais un pied, j’envoyais l’autre, d’un côté puis de l’autre. J’avais beau chercher, je ne trouvais. Coquin de sort ! où sont-ils passés ?

Je ne voulais pas me faire remarquer. Et vas-y de tâter sous la table !.. Je ne touchais rien de rien. Comment faire alors pour me chausser ? J’étais beau. Je me disais : « Tu ne pourras pas t’en aller pieds nus » . Je n’étais pas à l’aise, je vous prie de me croire. Tout d’un coup je vis que le chien avait transporté mes chaussures di côté de la cuisine et, pour s’amuser, il les rongeait à belles dents.

« Saleté de chien ! me dis-je en moi-même, si jamais tu viens à crever, c’est certain, je n’irai pas à ton enterrement ! »

Mon amie me dit alors : « Misieu Zidore, vous atroubé pas qu’i fait çaud, ici ? Si nous sortissions un peu dessur la terrasse ? »

Je ne pus pas dire non. Je me levai tout penaud pour lui offrir le bras, et tous les deux nous passâmes bras dessus, bras dessous au milieu des parents et des invités qui ouvraient des yeux comme des soucoupes pour regarder mes pieds.

Le malheur voulut que je ne me les étais pas lavés depuis trois mois et ils n’étaient pas trop propres.

Du coup mon amoureuse rompit avec moi

C’est vous dire si après cette catastrophe j’en voulais à mort à mon cordonnier ! Je vous assure qu’il a perdu ma clientèle. Et je ne vous enverrai pas à sa boutique !

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