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DIMARS 11 DE JUN 2019

 

Sant Barnabèu

 

Ditado :

 

  • Tout sant que peto fa pas miracle.

Tout saint qui pète ne fait pas de miracle.

 

  • L’ome es de fue, la fremo es d’estoupo e lou diable boufo.

L’homme est du feu, le femme de l’étoupe et le diable souffle.

 

  • Qu a dei rabo à la rabiero a de pan à la paniero .

Celui qui a des raves dans son champ a du pain dans sa huche.

 

 

 Tèmo :​

 

  • Maison bâtie, verger planté, ne se vendent jamais ce qu’ils ont couté.

Oustau basti, vergié planta, jamai si vèndonço qu’an cousta

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LA CATASTROPHE

 

Fortuné Belugue s’était fait embauché dans un journal. Je ne sais pas comment il s’y était pris pour persuader le directeur qu’il était un bon journaliste, parce que moi je lui trouvait plutôt niais.

Bref ! J’avais peut-être tort puisque, quoiqu’il en soit, il a continué à faire partie de l’équipe du journal.

Notez bien que, d’après ce que je sais, on ne le mettait pas sur les événements les plus importants, je crois qu’il tenait la rubrique des chiens écrasés et celle de la météo de la veille. Mais enfin, il restait dans la maison, et cela n’était déjà pas mal !

Au bout d’un an de travail, il eut droit, comme tout le monde, de prendre son mois de congés payés, et il se paya, non pas un petit voyage dans l’endroit le plus proche, mais quinze jours de vacances dans une île du pacifique.

Vous vous rendez compte ! Il ne se mouchait pas avec les doigts, le coquin !

Ne voilà-t-il pas que, trois jours après qu’il eût débarqué dans cette terre paradisiaque, l’île fut dévastée par une tornade, un cataclysme comme on n’en avait jamais vu ! Un cyclone, venu soudainement sans prévenir, détruisit presque tout sur son passage. Des maisons furent démolies, des arbres arrachés, des personnes écrasées, d’autres noyées, d’autres disparurent. Ajoutez à cela que la terre se mit à trembler, qu’une mer démontée la submergea à moitié, écrasant les quelques maisons et les quatre bateaux échappés de la tourmente, et vous aurez une idée de l’enfer qui régna deux jours et deux nuits sur ce pauvre pays.

Et ce que la tempête n’avait pas pu finir, le tremblement de terre l’acheva : un véritable cauchemar !

Fortuné, comme tous les autres habitants de l’ile, faillit mourir vingt fois ; mais il devait avoir le Bon Dieu avec lui, il s’en sorti sans une blessure, à part quelques égratignures et quelques bleus. Il en fut quitte pour la peur.

Dès que la tempête s’apaisa un peu, notre brave garçon se dépensa sans compter pour secourir les victimes du cyclone.

Quel spectacle lamentable ! Il n’y avait plus rien debout ! De quelque côté que l’on se tourne on ne voyait qu’un tas de gravas et des poutres enchevêtrées. Fortuné se sentait malheureux comme les pierres en voyant cela.

Tout en voyant  les sauveteurs fouiller dans les décombres et organiser les premiers secours, il eut le temps de mesurer sa chance et de remercier le Ciel de sa protection !

Au journal, dès qu’ils apprirent la chose, inutile de vous dire que tout le monde fut en émoi. Le rédacteur en chef dit : « Mais nous avons Fortuné sur place ! », et il se dépêcha d’envoyer le télégramme que voici : « ENVOYEZ NOUVELLES IMMÉDIATEMENT ».

Sur ce il laissa la « une » de son journal en attente afin d’y passer l’exclusivité de l’année, l’article à sensation, le « scoop » pour tout dire. En attendant la réponse et les photos, il piétinait sur place d’impatience, songeant déjà à l’effet de sa première page sur les lecteurs : c’est certain le tirage du journal allait monter en flèche.

Enfin la réponse de Fortuné arriva :

«  VOUS ÊTES GENTILS DE VOUS FAIRE DU MAUVAIS SANG POUR MOI, NE VOUS EN FAITES PAS, JE N’AI RIEN ».

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LE PETIT ÂNE

 

C’était au temps des battues aux sangliers, dans les années trente.

Les parties de chasse étaient racontées aux veillées et au Cercle. Théodore Flotte, connu sous le surnom de Dore était un des responsables de la battue.

Oh ! ce n’était pas un fin fusil, mais il était assez opiniâtre pour rester un jour assis sur une pierre en attendant le passage de la bête. Toutefois  on disait qu’il un peu peureux quand le sanglier débouchait devant lui. Un jour l’animal lui passa sous le nez… Il raconta qu’un éternuement mal à propos lui avait fait raté son coup de fusil.

Une autre fois, la bête avait manqué le retourner comme une crêpe, alors qu’il faisait un petit somme sur sa pierre.

Enfin, personne n’était dupe.

Dore allait sur ses soixante ans, il était bedonnant et bancal, il soufflait comme un gros bœuf poussif.

En ce dimanche de novembre, la battue au Bessillon n’a rien donné. Le sanglier a traversé sans éclaboussures l’équipe des chasseurs. Dore l’a tiré et manqué. D’après ses dires, l’énorme bête a sauté le chemin d’un bond sans toucher terre. Et il court toujours. La battue s’est terminée à midi.

Les chasseurs se rassemblent pour casser la croûte et parler. Ils trouvent à propos de faire la battue autour de Caseneuve. Les postes sont désignés et chacun doit être à sa place à deux heures.

En route ! Dore et ses quatre compagnons se mettent en route ; les hommes marchent comme des voleurs. Dore à de la peine pour suivre le train, il décide de rendre un raccourci en traversant un pré : cela lui fera gagner du temps.

Les autres ne le perdent pas des yeux. Au milieu du pré, un petit âne, pas plus gros qu’une chèvre, attaché avec une longue corde, broute l’herbe maigrichonne qui a repoussée après le dernier fauchage.

En voyant arriver ce gros homme, l’âne s’avance tout doucement pour se faire un peu caresser et quémander peut-être un croûton de pain.

Notre chasseur, un peu inquiet, presse le pas.

L’âne suit en sautillant. Dore se met au trot, l’âne aussi. Le chasseur gêné par le fusil et le carnier qui lui bat les fesses, se voit en danger. L’âne est presque sur lui, quand sa corde en bout de course, le stoppe brusquement.

Rassuré, le fugitif s’arrête et fait face à la bête. Il se rend compte que ses camarades, qui n’ont rien perdu du spectacle, rient comme des bossus. Alors, notre homme, l’œil mauvais, se redresse comme un jars en colère, épaule son fusil et clame bien fort, tel un tragédien :

« Ah ! malheureux, un pas de plus et je te brûle la cervelle ! »

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