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DIMARS 10 DE DESÈMBRE 2019

 

 

Sant Romaric

 

 

Ditado :

 

  • Vau miés un que saup que cènt que cercon.

Il vaut mieux un qui sait que cent qui cherchent.

 

  • Quand li a tant de capitàni, jieton la barco en terro.

Quand il y a autant de capitaines, ils font échouer la barque

 

  • Dans lei pichòtei bouito, l’a lei bouans enguènt

Dans les petits sacs sont les bonnes épices (TdF).

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NINACHOU

 

Des boudins bien gros, des saucisses bien gonflées, des jambons roses comme des fesses de bébé, des tranches de lard pour la soupe aux choux… Qui est-ce qui donne tout cela ? Le porc.

Où est le ménage qui n’engraisse pas son porc ? Tout ce qui est bon à jeter est pour lui : les épluchures de légumes, les restes de viande, les croûtons de pain. Mais de tous ces restes il n’en a pas assez.

Mélanie du ménage Gigéri, trouve pénible de faire bouillir tous les jours des pommes de terre et se plaint à son mari le gros Ninachou.​

​-  Eh bien, vas ! J’en ai assez du porc.

- Femme, lui répond le gros Ninachou, tant que je serai là, il y aura un porc à la maison.

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BUISSON LE VERT

 

            Buisson le Vert un jour qu’il était à Toulon, de mit à table au restaurant des Deux Frères, qui était dans la rue des Trois Dauphins et demanda le menu. Il trouva le repas à son goût, à part la salade qu’il aurait crut être  de l’api si le menu n’avait pas indiqué céleri.

            Le déjeuner fini il fit son tour de ville. Il lui prit l’envie d’aller aux toilettes. En sortant, ébloui par toutes les merveilles qu’il voyait, il oublia de reboutonner son pantalon et dans les rues fit promener son oiseau. A force de se promener il arriva à la Poissonnerie. Les poissonnières l’eurent vite repéré. Moqueuses elles riaient de lui. C’est alors que l’agent de service lui dit avec un grand sourie :

  • Oh ! Grand-père, boutonnez-vous, sinon le rossignol va s’échapper.

–  Merci, lui répondit le Vert ; depuis que je le nourris il est apprivoisé, il peut rester avec la cage ouverte      

            Sur la fin de sa vie Buisson le Verd se remaria avec une belle fille qui au bout de quelques mois s’était arrondie comme il faut.

– Coquin ! lui disaient ses voisins, il nous semble qu’à votre âge vous vous comportez comme un mâle ! C’est bien.

– Cependant ajoutaient les plaisantins, dormir avec une femme tant gonflée, cela ne vous gêne pas un peu ?

– Pas du tout ! répondit le Verd, quand le fenil est plein, on peut toujours y mettre le manche d’une fourche

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CHABERT

 

            Ce n’était pas toujours des pur-sang les chevaux qui tiraient la diligence de Chabert ; la graisse ne les empêchait pas de courir. Malgré cela, gras ou maigre, clopin-clopant, ils vous menaient toujours à bon port.

            Un matin que Chabert était en place, prêt à partir pour Toulon, passa monsieur Daupas, qui d’un œil connaisseur examina les bêtes. Il dit à Chabert :

– Oh ! Chabert, tu as rehaussé ta mangeoire car tes chevaux sont si maigres ?

L’autre qui n’était pas né de la veille, lui répliqua :

– Ce n’est pas vrai et tu peux aller à mon fenil, ce n’est pas avec tes cornes que tu arriveras à retourner tout le foin.

            Et sur ce fouette cocher ! En route pour Toulon.

            S’il avait tort monsieur Chabert, je le crois bien ! Mais pour le foin monsieur Daups avait raison. Les chevaux de Chabert ressemblaient à des barriques montées sur quatre manches de balai.           

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JOSEPH EMPLOYÉ D'HÔTEL

 

            L’Hôtel des «Négociants » était très fréquenté, dans le temps. Les restaurants ne lui faisaient pas encore concurrence. Tous les gros bonnets en voyage, tous les représentants en tournée s’y arrêtaient. Joseph, le garçon d’étable y était à son aise : il se faisait des journées de quatre francs de pourboire.

Aussi monsieur Daups, parfois, l’aidait. Un matin Joseph ne se trouva pas en forme. Ils avait les jambes en coton, la tête lourde, le sang glacé, un peu de fièvre. Tant et si bien qu’il resta couché dans une sorte de niche pour chien qu’il avait, dans un coin, au milieu de l’escalier menant au fenil.

Donc, Joseph ce matin là, par force, faisait le fainéant. Monsieur Daups qui venait l’aider, étonné de ne pas le voir, monta jusqu’à son réduit.

– Eh ! Joseph qu’est-ce que tu as ?

– Je ne sais pas, lui répondit celui-ci, je ne me sent pas bien.

– Cela ne sera rien, vas !

– Certes, laisse-moi tranquille quelques heures, je sens que ça passera ; j’ai besoin de me reposer.

Toni Daups s’en alla, mais un quart d’heure plus tard il revint dire à Joseph :

–  Alors ça va mieux ?

– Ça va toujours doucement, mon homme, mais laisse-moi dormir.

Il s’en retourna, monsieur Daups, mais pas pour longtemps, car une demi-heure après il montait encore un fois au réduit de Joseph.

– Maintenant ça va mieux, pas vrai Joseph ?

– Je t’ai dit de me laisser le me reposer !

Certes ! alors un quart d’heure ne se passa pas que Toni Daups était de nouveau là.

– Écoute bien, lui dit Joseph, si tu montes encore te t’envoie mon soulier dans la figure !

Pendant ce temps arriva monsieur Guichard, le médecin de Pierrefeu, qui venait avec sa jument, tous les mercredi, visiter ses malades.

– Comment se fait-il que Joseph n’est pas là pou dételer ? demanda-t-il à Toni Daups.

– Docteur, vous tombez bien. Joseph est malade. Il est encore couché dans son réduit. Vous devriez aller le voir, on ne sait jamais…

Et gentiment le médecin monta vers le réduit de Joseph. Comme il arrivait bien en face il reçut en plein nez le soulier qui était préparé pour monsieur Daups. Joseph en resta huit jours avec la fièvre et le docteur Guichard avec le nez comme une courge.

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