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DIMARS 10 D’ABRIÉU 2018

 

Sant Fulbert

 

Ditado :

 

  • Benedicite dominus

    Barren la pouarto

    Que n’en vèngue plus

    Que sian proun de gènt

    Pèr manja ço qu’avèn.

    Benedicite dominus

    Fermons la porte

    Que plus personne ne vienne

    Car nous sommes assez

    Pour manger ce que nous avons.

     

  • L’aiet, li a rèn de tau pèr s’engarda de tout mau.

    L’ail, il n’y a rien de  tel pour se protéger de tous les maux.

     

Tèmo :

 

  • Je mange des fraises.

    Màngi de freso.

     

  • Tu manges des cerises de ton jardin.

    Manges dei grafien (cerieso) de toun jardin.

     

  • Je bois de l’eau.

    Bèvi d’aigo.

     

  • Nous buvons du vin de tes vignes.

    Buvèn dóu vin de tei souco.

     

     

     

    Tèste d’Antounin CHAUDE de Touloun di Mèste Bartoumiéu

    Antoni Chaude (Touloun - 1868 / La Seyne – 1956)

    Foundadou e direitour de la Pignato et de l’Armana de la Pignato

À CES MÉDECINS !!

 

CONSEILS DE MÉDECINS

 

      Un médecin qui dépassait les quatre-vingt-dix ans avait une santé de grand chêne. Il lisait sans lunettes, il ne lui manquait pas une dent, il courrait comme un gros loup et était sans arrêt par monts et par vaux. On en rencontrait des bien plus jeunes que lui qui marchait tout courbés et qui l’enviaient.

      À table, il faisait flèche de tout bois, il n’y en avait deux costauds comme lui. Il était bâti de bon mortier, l’empreinte du temps ne semblait pas avoir de prise sur lui.

Ses amis de l’endroit, qui geignaient sans cesse, le complimentaient de sa bonne santé et de le voir si bien conservé. Ils lui disaient ainsi :

     - Vous êtes un homme comme il n’y en a guère. Vous n’êtes jamais malade

     - C’est vrai, répondait-il, je n’ai jamais resté au lit plus d’une nuit.

     - Cela est beau. Mais comment faites-vous pour vous porter aussi bien ?

     - Voyez, cela est facile. Faites comme moi, je vous le conseille, moi je vis du produit de mes ordonnances sans ne jamais prendre aucun des remèdes que je donne à mes malades.

 

LES VISITES

         Je vous prie de me croire : les médecins ne font jamais rien pour rien. Ils savent se faire payer.

          Ils savent que pour sauver leur peau ou pour retrouver la santé, les malades consentent à tous les sacrifices. Alors si vous avez le malheur d’aller les chercher, pressés par le besoin, ils vous tirent dessus à boulets rouges en vous prolongeant le mal tant qu’ils peuvent. Ils font comme dit le proverbe : « plus l’affaire dure, plus elle rapporte », et pour qu’il arrête il faut le mettre à la porte.

           Allez, vous n’en verrez jamais qui exercent ce métier qui vous soignerons pour un simple bobo ; non, alors ! Ils préfèreraient plutôt vous laisser crever. Aussi n’allez pas les voir.

           Allez, ils font leurs affaires. Ils ne vont jamais à pied comme totu le monde, ils mènent un grand train de vie, ils se paient les meilleurs morceaux ; Il n’y a rein de trop cher pour eux. Ce sont tous des grippe-sous, des avaricieux, des exploiteurs. Heureux celui qui peut se passer de leurs services.

            Tenez, moi, je sors de maladie. Je ne sais pas ce que je pouvais avoir. Cela n’allait pas. Un beau matin je dus garder le lit. J’étais rompu. J’avais mal partout sans savoir ce que j’avais. Toujours est-il que je me croyais à la veille de trépasser.

            Très vite, je fis venir à la maison, monsieur Guichet, le médecin.

            Celui-ci vint et à chaque fois qu’il me voyait il faisait la grimace.

            Cela n’était pas pour me rassurer ! Je me disais : « Vois-tu, François, tu es foutu ! »

            Le médecin me fit huit visites, toujours en courant comme s’il avait la diarrhée. Il entrait et il sortait en un clin d’œil.

            Enfin malgré ses manigances, je me tirai d’affaires, même si j’y laissai quelques kilos.

            - Maintenant me dis-je, il faut que j’aille rendre une visite de politesse au médecin.

            - J’y allai, le premier jour où je mis le nez dehors. Il me reçu dans son cabinet avec un air hautain.

            - Combien vous dois-je ? lui dis-je.

            - Attendez, je vais vous le dire, me fit-il en cherchant dans un gros cahier. Voyons… voyons.. Vous êtes François Poltron, vous me devez huit visites.

            - Huit visites ? lui dis-je comme cela, c’est facile pour vous régler. Nous allons nous arranger, aujourd’hui je vous rends une visite, il n’en restera que sept à vous rendre. Je viendrai une fois par semaine, cela fait qu’ainsi dans deux ou trois mois nous serons quittes. Vous voyez les bons comptes font les bons amis.

 

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