À LA RECERCO DE L’AI
L’autre jour, n’arrivè uno bèn bouano à Mèstre Limassoun, un bouan prouprietàri de la Crau, païs de bouan vin, de primour e de fru savourous. Es aqui que rèsto Albert Arviéu, qu’es l’ambassadour de tout ce que si manjo de bouan à Paris, e es aussi moun vièi camarado de la guerro 39-45. Aquéstou pèro Limassoun partè un matin pèr ana pouda sei souco, au quartié de la Mounacho, ounte avié un bouan moussèu de bèn, atello soun ai au carretoun, mounto dessus e : fai tira Marius.
En arrivant, lèisso soun ai atela, l’estaco à-n-un óulivié, li douno bèn de fen e s’en va pouda, acò va pas mau.
Mai ce qu’anè mens bèn, es quand arrivo miejour, que vòu dina e trovo plus ni ai, ni carretoun ; l’ai s’èro destaca e avié mes lei velo.
Mèstre Limassoun pensè que bessai, l’ai s’èro recampa à l’estable, e tout en renant coumo un pouarc malaut, revèn à La Crau ; aqui pas mai d’ai que dins la pocho dóu chèfe de garo dei Cougourdoun.
Mèstre Limassoun, inquièt retouarno mai à Mounacho, e si metè à cerca l’ai, d’un coustat, de l’autre, tambèn, que finisse pèr arriva à la coualo, cerco dins li bouas, sènso rèn trouva e la nue coumenço à veni.
A-n-un moumen douna, entendè parla, e de pòu, perqué èro pas troùp courajous, escalo à la cimo d’un pin e pipo plus.
Alor vis dous amourous, que vènon s’asseta au pèd dóu pin e si baiavon, ma fisto ! en si diant de mot dous : « Ma bello cardalino ! moun bèu chichiéu ! » tambèn que la jouvenasso si cresènt au Paradis, si metè à crida : « Oh ! moun bèu gàrri ! viéu la luno emé leis estello ! e pourtant èro niéu e sourn coumo la pego.
Nouastre pèro Limassoun au daut de soun pin n’en restè baba e cresè d’agué afaire à-n-uno sourciero, li demando : Que, Madamo, puisque vias tout, de fes, veirias pas moun ai emé moun carretoun ? que li cèrqui despuei miejour.
Lei dous amourous, treboulinous, si meton à detala coumo dous lapin e lou pèro Limassoun qu’avié rèn coumprés en tout acò, detalè encaro plus vite vers la Crau, ounte retrouvè soun ai e soun carretoun davans la pouarto de l’estable.
FRANETOR
À LA RECHERCHE DE L’ÂNE
L’autre jour, il en arriva une bien bonne à Maître Limasson, un bon propriétaire de ka Crau, pays de bon vin, de primeurs et de fruits savoureux. C’est ici qu’habite Albert Arviel, qui est l’ambassadeur de tout ce qui se mange de bon à Paris, et c’est aussi mon vieux camarade de la guerre 39-45. Ce père Limasson partit un matin pour aller tailler ses vignes, au quartier de la Mounache, où il avait un beau marceau de terrain, il attelle son âne au charreton, il monte dessus et en avant.
En arrivant, il laisse son âne attelé, l’attache à un olivier, lui donne une bonne ration de foin et s’en va tailler, tout va bien.
Mais ce qui alla moins bien, c’est quand arrive midi, qu’il veut déjeuner et qu’il ne trouve ni âne, ni charreton ; l’âne s’était détaché et avait mis les voiles.
Maître Limasson pensa que peut-être, l’âne était retourné à l’étable, et tout en râlant comme un porc malade, il revient à la Crau ; là pas plus d’âne que dans la poche du chef de gare de Cougourdon.
Maître Limasson, inquiet retourne à Mounache, et il se mit à chercher l’âne, d’un côté, de l’autre, tellement qu’il finit par arriver à la colline, il cherche dans les bois, sans rien trouver et la nuit commence à arriver.
A un moment donné, il entendit parler, et de peur, car il n’était pas très courageux, il monte à la cime d’un pin et ne bouge plus.
Alors il voit deux amoureux, qui viennent s’assoir au pied du pin et ils s’occupaient, ma foi ! en se disant des mots doux : « Mon beau chardonneret ! mon bel oiseau ! » si bien que la demoiselle se croyant au Paradis, se mit à crier : « Oh ! mon bel étalon ! Je vois le ciel avec les étoiles ! et pourtant il y avait des nuages et il faisait très sombre.
Notre père Limasson du haut de son pin en resta baba et croyant avoir affaire à une sorcière, lui demande : Eh ! Madame, puisque vous voyez tout, parfois, vous ne verriez pas mon âne et mon charreton ? je les cherche depuis midi. Les deux amoureux, troublés, se mettent à détaler comme deux lapins et le père Limasson qui n’avait rien compris de tout cela, détala encore plus vire vers la Crau, où il retrouva son âne et son charreton devant la porte de l’étable.
